Critique Annihilation

Annihilation
Annihilation n'est certes pas le chef-d'oeuvre de SF annoncé, en raison d'un manque d'inventivité narrative, mais sa splendeur visuelle aurait mérité un beau détour sur grand écran.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Avec Annihilation, Netflix confirme sa politique ambitieuse en matière de cinéma et sa volonté de mettre le cinéma à la hauteur de sa réputation de producteurs de séries. Il y avait déjà eu quelques coups d'éclat par le passé, Beasts of no nation et les films sélectionnés à Cannes, Okja de Bong Joon-ho et The Meyerovitz Stories de Noah Baumbach. Certes, par rapport à une autre plateforme Internet, Amazon qui permet à des auteurs de poursuivre leurs œuvres (Jarmusch, Haynes, Refn, Allen), en laissant leurs films sortir en salle, les œuvres Netflix ne peuvent être vues que sur Netflix. Néanmoins ces productions restaient confidentielles et ne concernaient que le cinéma indépendant ou celui d'Asie.  Avec ses dernières productions cinéma, Netflix change manifestement de braquet: Bright, The Cloverfield Paradox ou aujourd'hui Annihilation (en attendant The Irishman de Scorsese) s'adressent d'emblée au grand public.  Annihilation dispose même d'une arme d'attraction massive en la personne de Natalie Portman, star "bankable" et actrice estimée. Ce film est-il donc le chef-d'oeuvre de science-fiction annoncé par une rumeur enthousiaste? 

Annihilation n'est certes pas le chef-d'oeuvre de SF annoncé, en raison d'un manque d'inventivité narrative, mais sa splendeur visuelle aurait mérité un beau détour sur grand écran.

Avec Annihilation, Alex Garland adapte très librement le premier volume d'une trilogie dystopique de SF signée Jeff VanderMeer, Rempart Sud. Alex Garland n'est pas tout à fait un novice en matière de SF puisqu'il avait déjà réalisé Ex Machina avec Oscar Isaac et Alicia Vikander et a même adapté un roman de Kazuo Ishuguro pour Mark Romanek (le remarquable Auprès de moi toujours). Il a souvent collaboré avec Danny Boyle, étant l'auteur du roman La Plage et le scénariste de Sunshine et de 28 jours plus tard

Dans Annihilation, il s'agit pour Lena, biologiste et ancienne militaire, d'essayer de comprendre pourquoi son mari, soldat, a été porté disparu puis est revenu dans un état catastrophique d'une mission étrange. Pour y parvenir, elle devra également partir en mission avec quatre autres femmes afin de savoir ce qui se cache dans la Zone X, située dans le Sud des Etats-Unis, victime d'un phénomène mystérieux, nommé le Miroitement. 

Si l'on s'en tient à la trame superficielle de l'intrigue, ce film traite de manière classique d'une mission-suicide où les protagonistes disparaîtront l'une après l'autre, sans la moindre surprise, (avec même l'apparition d'un ours, comme dans Lost), puisque les moins connues seront les premières à être éliminées, dans le style des Dix petits nègres. Sur le plan stylistique, la référence majeure est encore une fois après Blade Runner 2049, Stalker de Tarkovski. Il est absolument impossible de ne pas y penser lorsque l'on voit ces femmes cheminer à travers une Zone dangereuse, mystérieuse et indéterminée. 

En revanche, quant au sous-texte, le film traite de manière symbolique de la dépression et de la distinction pouvant exister entre suicide et autodestruction. Il peut être envisagé de manière intéressante comme le voyage intérieur d'une femme qui doit affronter ses propres monstres et démons, parce qu'elle n'accepte pas la disparition de son mari, le fait de l'avoir trompé, ainsi que de ne pas le reconnaître dans le zombie qui l'a remplacé un an plus tard. Cet aspect métaphorique est bien plus intéressant que l'intrigue balisée de SF que Garland parvient à mettre en scène, honnêtement mais sans génie. Malgré cet aspect un peu laborieux (un twist final très téléphoné) et quelques clichés de mise en scène trop publicitaires, avouons que Annihilation aurait bien évidemment mérité une sortie en salles, tant la photographie et la direction artistique s'avèrent esthétiques et sophistiquées, ainsi que la conception de la bande sonore très ambient laissée aux soins de Geoff Barrow (Portishead). Il faut ainsi absolument saluer dix minutes dans la dernière demi-heure, quasiment muettes, entièrement constituées de magnificence visuelle et musicale. En résumé, Annihilation n'est certes pas le chef-d'oeuvre de SF annoncé, en raison d'un manque d'inventivité narrative, mais sa splendeur visuelle aurait mérité un beau détour sur grand écran.  

Informations

Détails du Film Annihilation
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Thriller - Science - Fiction
Version Cinéma Durée 115 '
Sortie 12/03/2018 Reprise -
Réalisateur Alex Garland Compositeur Geoff Barrow
Casting Natalie Portman - Oscar Isaac - Gina Rodriguez - Tessa Thompson - Jennifer Jason Leigh
Synopsis Lena, biologiste et ancienne militaire, participe à une mission destinée à comprendre ce qui est arrivé à son mari dans une zone où un mystérieux et sinistre phénomène se propage le long des côtes américaines. Une fois sur place, les membres de l’expédition découvrent que paysages et créatures ont subi des mutations, et malgré la beauté des lieux, le danger règne et menace leur vie, mais aussi leur intégrité mentale.

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques