Critique The Cloverfield Paradox

The Cloverfield Paradox
Film-catastrophe de type apocalyptique, The Cloverfield Paradox adopte pour prétexte de son intrigue l'idée d'un épuisement des ressources naturelles menant à une crise financière, conduisant à son tour à la menace d'un affrontement armé des peuples...

Verdict Note : A louper sans aucun regret. A louper sans aucun regret.

Par Sébastien LAMOTHE

Critique du Film

The Cloverfield Paradox n'est ni une suite ni un prequel du film de Matt Reeves sorti en salles en 2008 et n'entretient pas plus de relations avec 10 Cloverfield Lane sorti en 2016 qui n'avait lui-même que peu de rapport avec son prédécesseur, malgré les efforts de son producteur pour nous faire croire le contraire. Les 3 films, s'ils appartiennent à la même franchise développée par J. J. Abrams, peuvent être vus indépendamment sans que le spectateur ait à redouter de s'y perdre. Ici, pas de shaky cam, mais nous retrouvons le dispositif du huis clos mis en place par le deuxième volet puisque la presque totalité de l'action se déroule à l'intérieur d'un satellite en orbite autour de la Terre présumé, grâce à l'accélérateur de particules dont il est équipé, créer un champ d'énergie destiné à pourvoir aux besoins d'une humanité dont les Etats-nations se disputent le partage. Film-catastrophe de type apocalyptique, The Cloverfield Paradox adopte pour prétexte de son intrigue l'idée d'un épuisement des ressources naturelles menant à une crise financière, conduisant à son tour à la menace d'un affrontement armé des peuples entre eux. Prétexte purement opportuniste puisque, une fois posé, il ne donne lieu à aucun développement ni ne joue de rôle dans la suite de l'action. Il est vrai que les préoccupations écologiques sont particulièrement porteuses auprès d'un public de plus en plus concerné par le sujet. Et tout se confond dans l'alternative qui s'offre à Hamilton (membre de l'équipage et héroïne du film) entre l'idée de privilégier son couple avec Kiel resté sur Terre, et celle de transcender son intérêt personnel pour chercher à sauver l'humanité. Dilemme décliné à l'envi par le genre auquel s'associe traditionnellement le thème du sacrifice individuel, lui aussi présent en filigrane tout au long du film.

Aux images idylliques du couple et de leurs enfants symbolisant le passé d'une vie terrestre menacée s'oppose le climat de tension permanente qui règne désormais sur Terre. Et la question se pose de savoir si le remède ne serait pas pire que le mal, le déclenchement de l'opération risquant de déchirer "la membrane espace-temps", créant ainsi la confusion entre plusieurs dimensions parallèles et entraînant le surgissement de monstres issus des profondeurs. Explication donnée telle quelle par un spécialiste interrogé dans le cadre d'une émission télévisée. Bref, la situation initiale de l'intrigue nous est exposée de la façon la plus grossière possible et ses éléments sentent pour le moins le réchauffé. Nous voilà prévenus et la suite ne fera que confirmer nos attentes. La surcharge du vaisseau conduit à un incendie qui projette l'équipage dans une dimension parallèle, dédoublant ainsi le dilemme en une rivalité opposant deux des membres de l'équipe. Les phénomènes troublants se succèdent mettant en danger les personnages du film qui se métamorphose peu à peu en un survival dont on prévoit assez aisément l'issue, tandis que le scénario pioche dans l'imaginaire cinématographique du spectateur afin de puiser en son sein un certain nombre de scènes récurrentes du genre qui ont pu y laisser leur empreinte - personnage pris au piège dans une pièce verrouillée qui se remplit d'eau, paranoïa d'un autre qui s'en prend à ses coéquipiers, réparation du vaisseau en extérieur en plein milieu de l'espace - dans l'espoir qu'elles agissent à l'instar d'une drogue comme un stimulus réveillant son désir. Peine perdue. Leur simple succession à peine motivée par l'histoire, aussi inattendue que dérisoire, ne parvient pas à donner vie au vaisseau qui, d'instrument destiné à sauver l'humanité, finit par se retourner contre ses occupants, piste possible que semblait suggérer la scène du personnage de Jensen entravé par les câbles électriques tentaculaires qui parcourent la coque du satellite et que l'on peut associer à celle de Mundy dont le bras se fait happer par cette dernière. Le propos de départ est aussitôt abandonné sans jamais être compensé par le sentiment angoissant d'étouffement auquel aurait pu mener la mise en scène (et dont jouait habilement 10 Cloverfield Lane), d'autant plus qu'une série de plans axés sur le personnage de Kiel, intercalés dans le cadre d'un montage parallèle faisant alterner vie sur le vaisseau et vie sur Terre, vient régulièrement rompre le dispositif du huis clos. Le trauma originel de Hamilton, responsable de la mort de ses enfants, vient compléter la collection de clichés généreusement dispensés sur toute la durée du film.

le scénario pioche dans l'imaginaire cinématographique du spectateur afin de puiser en son sein un certain nombre de scènes récurrentes du genre qui ont pu y laisser leur empreinte [...] dans l'espoir qu'elles agissent à l'instar d'une drogue comme un stimulus réveillant son désir.

On ne parvient cependant jamais à s'attacher à des personnages falots dont les contours grossiers accusent le caractère artificiel. Si l'histoire s'inspire assez largement des films qui l'ont précédé, avec une mention spéciale pour la saga de Alien à la cheville duquel il n'atteint évidemment pas – Hamilton étant bien loin de la complexité et de la force de caractère du personnage incarnées par Sigourney Weaver – elle ne fait que recracher son modèle sous la forme d'une bouillie peu ragoûtante. Une histoire et un film convenus, un scénario indigent et des personnages avec aussi peu de profondeur qu'une feuille de papier, pas même sauvé par une réalisation plate qui ne fait qu'étaler les moyens technologiques mis à sa disposition. On n'est pas loin de se moquer du monde. Public: passe ton chemin.

Informations

Détails du Film The Cloverfield Paradox
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Science - Fiction
Version Cinéma Durée 102 '
Sortie 04/02/2018 Reprise -
Réalisateur Julius Onah Compositeur Bear McCreary
Casting Zhang Ziyi - Chris O'Dowd - Daniel Brühl - John Ortiz - David Oyelowo - Gugu Mbatha-Raw - Aksel Hennie
Synopsis Après un accident avec un accélérateur à particules, une station spatiale américaine découvre que la Terre a disparu. Les résidents de la station vont alors être confrontés à l'étrange présence d'une autre station spatiale tout près de leur position.

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