Critique La Revanche de Freddy (A Nightmare on Elm Street, Part. 2 : Freddy's Revenge)

La Revanche de Freddy
La Revanche de Freddy de Jack Sholder est une revanche ratée. On ne peut pas la décrier pour autant puisqu’elle amorce les prémisses du culte que vivra le personnage par la suite. Ne sachant jamais comment voguer entre horreur et comédie, le film...

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Le cauchemar sur Elm Street revient en force deux ans après la première apparition du tueur aux lames acérées. La Revanche de Freddy, sorti un an après Les Griffes de la Nuit, se concentre sur l’aménagement d’une famille dans la maison témoins des événements du premier film. Le girl power qui anime toute la saga laisse la place, pour la seule et unique fois, à un héros qui n’est pas dénué d’une féminité certaine.

La Revanche de Freddy est un retour quelque peu bancal.

La Revanche de Freddy est un retour quelque peu bancal. Il amène une réflexion intéressante sur la mythologie de ce croquemitaine hors norme mais ne va pas assez loin dans son développement. Freddy essaie de renaître et de passer dans notre réalité en habitant le corps de Jesse. En cherchant la vraisemblance, Jack Sholder se perd dans ce qui faisait toute la logique de l’invraisemblance dans l’œuvre de Craven. Il a accusé les critiques de l’époque d’être particulièrement virulentes à l’égard de son film qu’elles accusaient d’être une œuvre prônant l’apologie d’un certain sadomasochisme gay avec aucune complaisance quant à la communauté en question. Il faut se rendre à l’évidence, La Revanche de Freddy se concentre sur un personnage à l’univers résolument homosexuel. Les attitudes de Jesse nous montrent un garçon à l’homosexualité clairement refoulée. Certaines scènes d’exécutions ont de quoi laisser perplexe également notamment la mise à mort du professeur de sport sous la douche qui subira les jougs d’une fessée à la serviette dévastatrice. Si les intentions premières de Sholder n’étaient pas d’ancrer son histoire dans un but de choquer la communauté gay, il ne fait rien pour prouver le contraire pour autant.

On regrettera une volonté de vouloir se détacher à tout prix de ce qui faisait le charme du premier opus.

On regrettera une volonté de vouloir se détacher à tout prix de ce qui faisait le charme du premier opus : la dimension fantastique. Si dormir c’était mourir pour Craven, dormir c’est tuer pour Sholder. Amener la naissance de Freddy dans notre dimension par un délire schizophrène du héros va complètement à l’encontre du simple et efficace passage entre les deux mondes dans le film original. Si Freddy veut sortir du cauchemar, le héros peut simplement le ramener avec lui en se réveillant. Pourquoi casser une méthode qui fonctionnait très bien ? Hormis la scène où Freddy sort du corps de Jesse, scène qui fait encore son petit effet, il n’y a rien de concrètement louable dans cette méthode d’écriture. Une fois Freddy dans notre réalité, il s’amuse tout autant que s’il était dans nos rêves, donc pourquoi passer la quasi-totalité de l’œuvre à vouloir reconstruire un schéma qui était si bien huilé auparavant ? La dimension onirique du fantastique dans les cauchemars n’a de sens que si le cauchemar reste un rêve. En faire un cauchemar éveillé où Freddy use et abuse de disparitions à tout bout de champ rend l’être extraordinaire qu’il est comme un démon bas de gamme qui n’a d’imagination que l’indignation que provoque la fameuse fessée sous les douches. On ne s’amuse pas vraiment devant ce second chapitre. L’atout charme des années 80 peut fonctionner si vous vous cantonnez au simple visionnage de ce dernier entre amis avec aucune autre volonté que d’apprécier un film pop-corn qui se contrefout des efforts de recherches et d’écriture de son modèle. Heureusement, Robert Englund assure le spectacle mais n’a pas autant de présence à l’écran qu’on le souhaiterait. Ce second chapitre n’est plus le tourment d’une créature au sein d’une bande d’adolescents, c’est un teen movie avec, en guise de cerise sur le gâteau, quelques meurtres. Le film a eu la particularité d’avoir mis Wes Craven hors de lui, si bien qu’il décida de reprendre l’écriture pour un troisième chapitre nettement plus intéressant.

La Revanche de Freddy est une revanche ratée. On ne peut pas la décrier pour autant puisqu’elle amorce les prémisses du culte que vivra le personnage par la suite. Ne sachant jamais comment voguer entre horreur et comédie, le film de Sholder se regarde comme une œuvre beta en pleine construction de sa mythologie apportant un regard maladroit sur les déviations sexuelles de ses personnages faisant de son héros une folle tordue, ce qui confirme le fait qu’il n’y a que les femmes qui peuvent combattre Freddy.

Informations

Détails du Film La Revanche de Freddy (A Nightmare on Elm Street, Part. 2 : Freddy's Revenge)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 87 '
Sortie 26/02/1986 Reprise -
Réalisateur Jack Sholder Compositeur Christopher Young
Casting Robert Englund - Mark Patton - Kim Myers - Robert Rusler - Clu Gulager
Synopsis La famille Walsh emménage dans une maison restée abandonnée depuis quelques temps à Elm Street. Les adolescents de la rue recommencent à faire d'effrayants cauchemars dans lequel Freddy Krueger tue des enfants, des cauchemars qui malheureusement trouvent leurs répercussions dans la réalité.

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