Critique My Strange Friend (Meine Fremde freundin)

Meine Fremde freundin
Meine Fremde freundin de Stefan Krohmer diffusé pour la première fois sur la chaîne allemande TV-Premiere Deutschland le 8 novembre 2017 inédit en France avec Ursula Strauss Valérie Niehaus Hannes Jaenicke

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Sébastien LAMOTHE

Critique du Film

Sur le sujet brûlant des violences sexuelles faites aux femmes, Stefan Krohmer signe là un film audacieux, eu égard au contexte actuel, qui fait fi des représentations qui y sont habituellement rattachées portant un regard différent et donc propre à enrichir le débat. Intention louable qui mérite d'être saluée pour elle-même. Cependant, My Strange friend s'inscrit dans le cadre du thriller dont il adopte en partie les codes. Judith Lorenz fête son pot de bienvenue entourée de ses nouveaux collègues de travail au sein d'une agence de veille sanitaire dépendant du Ministère de la santé allemand au cours de laquelle elle se lie aussitôt d'amitié avec Andrea Brelow, une ancienne "de la maison" elle-même mariée à un avocat. Leur relation naît ainsi spontanément du sentiment d'antipathie que Volker Lehmann, un autre collègue, s'attire auprès d'elles. Il faut dire que son comportement particulièrement sexiste (sous-entendus grivois, condescendance, autoritarisme à l'encontre des femmes) ne plaide pas pour lui. D'autant plus qu'il est reconnu être à l'origine de la démission d'une autre employée de l'agence, ayant fini par "craquer" suite au harcèlement quotidien dont elle faisait l'objet de sa part. Cependant, un pas semble être franchi quand celui-ci est accusé par Judith de viol sur son lieu de travail. 

Nous voilà pris au piège de nos propres préjugés; machos impénitents ou féministes naïfs, il faut choisir. Peut-être pas d'ailleurs, car telle est la leçon du film qui nous engage à nous méfier des discours trop bien huilés voire des caricatures grossières dont la vérité se moque.

La quête de vérité du spectateur est relayée par le personnage d'Andrea à travers le regard duquel les évènements nous sont exposés, garante d'un point de vue partiel qui laisse le spectateur dans l'incertitude. Témoignage direct d'abord lorsque celle-ci assiste à la tentative d'effraction brutale de Volker pour rentrer chez Judith afin de lui rendre compte de ses accusations. Témoignage indirect ensuite à travers les faits (dont celui du viol) qui lui sont rapportés par Judith elle-même. Ainsi, le crédit qu'elle accorde aux propos de son amie est aussi le nôtre, prévenu par la caractérisation des personnages établie en amont qui participe du doute auquel le film nous confronte jusqu'au bout quant à la culpabilité de Volker. Car Judith adopte un comportement de plus en plus étrange qui bénéficie cependant de l'explication que lui offre le traumatisme qu'elle vient de vivre, à l'origine de réactions parfois déroutantes de la part d'une victime de viol mais qui renvoie dans le même temps à nos propres préjugés, n'hésitant pas à entraîner un homme rencontré en boîte de nuit dans son lit peu de temps après le drame. En effet, Judith semble vouloir refuser de s'enfermer dans son rôle de victime et entend bien reprendre le cours normal de sa vie d'avant sous le regard suspicieux d'Andrea qui se fait l'écho de notre propre étonnement. Et notre bonne conscience de s'offusquer d'entretenir le doute sur une femme qui vient de subir un tel drame. Nous voilà pris au piège de nos propres préjugés; machos impénitents ou féministes naïfs, il faut choisir. Peut-être pas d'ailleurs, car telle est la leçon du film qui nous engage à nous méfier des discours trop bien huilés voire des caricatures grossières dont la vérité se moque.

Car les signes se multiplient d'une parole faillible chez Judith. Mais cette fois-ci, nous nous jurons bien de ne pas "nous faire avoir": et s'il s'agissait d'une ruse du réalisateur pour mieux nous faire tomber dans son piège?

La forme du thriller adoptée par le scénario, se nourrissant du doute qui s'instille progressivement dans notre esprit en se jouant des idées parfois préconçues que nous pouvons avoir sur le sujet, soutenue par un rythme vif et des acteurs qui jouent sans fausse note leur partition, maintient le spectateur dans un état d'alerte maximum contribuant à l'entretien d'une tension dramatique constante. Tiré d'une histoire vraie dont l'idée fut inspirée au producteur du film par son ami avocat qui était en charge de la défense du vrai-faux violeur, My Strange friend se définit comme un film à l'efficacité redoutable qui ne manque pas son but de nous faire réfléchir sur la valeur réelle que nous attribuons à la vérité dans son rapport parfois incestueux avec la morale. Rompant avec l'hystérisation médiatique du débat à laquelle nous assistons actuellement, voilà qui ne peut faire que du bien.

Informations

Détails du Film My Strange Friend (Meine Fremde freundin)
Origine Allemagne Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version TV Durée 88 '
Sortie 08/11/2017 Reprise -
Réalisateur Stefan Krohmer Compositeur Sven Rossenbach - Florian van Volxem
Casting Ursula Strauss - Valérie Niehaus - Hannes Jaenicke
Synopsis Judith Lorenz, nouvellement engagée au sein d'une agence de veille sanitaire dépendant du Ministère de la Santé allemand se lie d'amitié avec sa collègue Andrea Brelow dont le mari est avocat. Toutes deux ne supportent pas le comportement sexiste de Volker Lehmann qui travaille avec eux. Mais un pas semble franchi lorsque Judith accuse ce dernier de l'avoir violée sur leur lieu de travail.

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