Critique John Wick 2

John Wick 2
Alors que le premier chapitre installait une véritable mythologie autour du héros et prenait malgré tout le temps de détailler les arcanes d’un monde sous-terrain passionnant, cet opus reste sur les bases de son prédécesseur sans rien apporter...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Thomas ARTEMNIAK

Critique du Film

John Wick, la légende des tueurs à gages, est encore une fois obligé de reprendre du service, quand une ancienne connaissance vient réclamer sa dette de sang. Il repart en mission, cette fois à Rome et finit par se retrouver avec un contrat international sur le dos.

Qu’est ce qui fait une bonne suite ? Question épineuse s’il en est. On le sait, peu de séquelles font mieux que leur modèle. On peut toujours citer Aliens, Le Parrain 2 ou bien encore L’Empire Contre-Attaque, mais ces exemples sont l’exception.

Et John Wick 2 s’apparente plus à un 58 minutes pour vivre (séquelle de Piège de Cristal) qu’à un de ces trois films. Autrement dit de la belle ouvrage, mais à laquelle il manque le petit truc pour en faire quelque chose de plus grand. Tout le monde n’est pas McTiernan, Coppola ou Cameron. Ici, c’est Chad Stahelski, ancien champion de kickboxing devenu cascadeur sur quelques-uns des plus gros blockbusters américains, qui réalise mais cette fois en solo sans l’aide de David Leitch. 

Alors que le premier chapitre installait une véritable mythologie autour du héros et prenait malgré tout le temps de détailler les arcanes d’un monde sous-terrain passionnant, cet opus reste sur les bases de son prédécesseur sans rien apporter de véritablement neuf. John est, comme toujours, chez lui partout dans le monde, connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Il est le Boogeyman, l’émissaire de la mort, invulnérable et redouté de tous même des plus grands malfrats. Il a des moyens illimités,  semble immortel et ne s’inquiète pas d’avoir tous les tueurs de l’univers aux trousses. Il continue juste de faire ce qu’il doit faire envers et contre tout, sans jamais de départir de sa « cool attitude ».

Les scènes d’action sont bien rythmées et nombreuses. Trop ? Peut-être effectivement. Nous ne sommes jamais loin de l’overdose et l’on peut se poser la question légitime de savoir si elles sont vraiment toutes justifiées, le scénario étant somme toute assez limité - on reprend les mêmes et on recommence - en oubliant de développer véritablement l’univers si particulier de ce bon vieux John. C’est dommage, car il y avait à dire sur ses sociétés secrètes de tueurs, ses membres, ses fondateurs, ses règles, ses traditions, son histoire… Alors certes, il s’agit d’une suite directe, qui prend place juste après les événements du premier opus, mais rien n’empêchait d’y ajouter un peu plus d’histoire, d’âme.  A bien des moments l’impression de visionner des scènes inédites du premier film se fait sentir. Tant et si bien que l’on en vient à se demander si l’on regarde une suite ou bien un « extended cut » de l’opus précédent.

Malgré cela, devant l’excellente facture de l’ensemble, la qualité des combats, des gunfights, la beauté des décors luxueux, la classe de Keanu Reeves, imperturbable même après avoir été renversé trois fois par une voiture et après avoir pris une dizaine de balles dans son costume trois pièces blindé, nous éprouvons un indéniable plaisir coupable à le regarder régler ses comptes. 

Force est de reconnaître que le réalisateur possède un réel sens du cadre en plus de celui de l’action

La réalisation est superbe, souvent inspirée avec une photographie léchée. Force est de reconnaître que le réalisateur possède un réel sens du cadre en plus de celui de l’action.Tout au long de ses presque 2 heures, on ne s’ennuie jamais, à peine  nous laisse-t-il le temps de reprendre notre souffle avant une nouvelle surenchère d’action débridée. Le tout est ponctué de participations clins d’oeil particulièrement savoureuses. Celles de Lawrence Fishburne (Morpheus dans Matrix) et de Franco Nero (le vrai Django), star du western italien des années 70 qui avait déjà effectué un caméo hommage dans le Django Unchained de Tarantino, ajoutent au plaisir du visionnage. Il en va de même de la séquence du labyrinthe de miroirs au Musée d’Art moderne de New-York, où Keanu tel Bruce Lee dans la scène finale de Opération Dragon,  poursuit son ennemi dans un dédale de fausses et de réelles menaces. 

Enfin, que dire de la prestation de la star de Point Break, quasi mutique, tout en puissance et en élégance. Il dégage un charisme et une sensation de danger palpable: il ne parle pas beaucoup, il agit. A 53 ans, l’acteur est particulièrement crédible et à l’aise dans ce rôle physique très éprouvant et on se dit que l’on n’aimerait pas être l’un des ennemis de cet homme, au demeurant affable en société mais impitoyable professionnellement.

Il faut donc prendre John Wick 2 pour ce qu’il est : à savoir un film caricature, qui grossit tous les traits possibles et imaginables des stéréotypes du film d’action, mais qui le fait bien et avec style, le tout soutenu par une musique ad hoc (mention spéciale pour la scène finale dans le musée qui s’autorise une variation des Quatre Saisons de Vivaldi à la sauce électronique). Le seul regret est qu’il ne nous apporte pas vraiment d’informations supplémentaires sur cette caste internationale d’assassins, dont on aimerait tout savoir.

Bref, c’est « mal » mais que c’est bon… C’est aussi ça le cinéma parfois. Vivement la sortie du troisième et dernier chapitre, qu’il nous soit encore possible de mettre notre cerveau en veille, pour pouvoir profiter une dernière fois des compétences si particulières de ce super-héros. 

Informations

Détails du Film John Wick 2
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Thriller
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 22/02/2017 Reprise -
Réalisateur Chad Stahelski Compositeur Tyler Bates - Joel J. Richard
Casting John Leguizamo - Keanu Reeves - Bridget Moynahan - Common - Robert Knepper - Ian McShane - Lance Reddick
Synopsis John Wick est forcé de sortir de sa retraite volontaire par un de ses ex-associés qui cherche à prendre le contrôle d’une mystérieuse confrérie de tueurs internationaux. Parce qu’il est lié à cet homme par un serment, John se rend à Rome, où il va devoir affronter certains des tueurs les plus dangereux du monde.

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