Critique Supercondriaque

Supercondriaque
Après deux escapades nordiques très personnelles, Dany Boon revient, avec Supercondriaque, vers un cinéma plus neutre semblable à celui de ses débuts. Là où il laissait une nouvelle fois la part belle à ses deux coéquipiers qu'étaient Kad Merad...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

 Dire que l'on attendait le nouveau film de Dany Boon en tant que réalisateur est un doux euphémisme. À travers une filmographie singulière et respectable, l'acteur Ch'ti démontre un grand attachement populaire. À voir simplement les classements des personnalités préférées des français, Dany Boon arrive en tête des suffrages. La déferlante Bienvenue chez les Ch'Tis a annihilé son premier essai, La maison du bonheur, passé inaperçu sous les radars des critiques bobos aux dents acérées. Adapté d'une pièce à succès à l'époque, le premier film de Dany Boon avait déjà tous les ingrédients démontrant la force comique que réussit l'auteur à instaurer dans son rythme narratif. La maison du bonheur était un exemple type d'un burlesque nostalgique des meilleurs films de Louis de Funés. Un quidam interprété par Boon lui-même était aux prises avec deux bras cassés comme travailleurs dans une nouvelle maison complètement à l'abandon. Se donnant le beau rôle de victime, l'acteur laissait libre champs à l'époque à Laurent Gamelon, Zinedine Soualem et Daniel Prévost d'être les trublions zygomatiques du film. En particulier à Zinedine Soualem inoubliable dans cette scène culte où il essaie de parfaire son regard de séducteur, en lieu et place d'un comportement salace.

Après deux escapades nordiques très personnelles, Dany Boon revient, avec Supercondriaque, vers un cinéma plus neutre semblable à celui de ses débuts. Là où il laissait une nouvelle fois la part belle à ses deux coéquipiers qu'étaient Kad Merad (Bienvenue chez les Ch'Tis) et Benoît Poolveorde (Rien à déclarer), le réalisateur-acteur s'autoproclame chantre de son nouveau bébé.

Supercondriaque fait le job de par le fait d'être un divertissement agréable où toute la famille pourra se retrouver et rire de bon cœur.

Dans Supercondriaque, il interprète Romain Faubert, un homme seul qui, à bientôt 40ans, n'a ni femme ni enfant. Le métier qu'il exerce, photographe pour dictionnaire médical en ligne, n'arrange rien à une hypocondrie maladive qui guide son style de vie depuis bien trop longtemps maintenant. Il a comme seul et pseudo ami son médecin traitant, le docteur Dimitri Zvenka, qui dans un premier temps a le tort de le prendre en affection. Le malade imaginaire est difficilement gérable et Dimitri donnerait tout pour s'en débarrasser définitivement.

Simple sujet de base à instaurer une bande de personnages interchangeables, Dany Boon se surprend à ne plus rien contrôler de son film après sa première demi-heure. Sujet à une démonstration comique démesurée de la part de l'acteur, la première partie introductive est une simple excuse pour le réalisateur à se mettre en scène dans des situations ubuesques. Grimaçant, hurlant et déambulant de toutes parts dans des décors anodins, Dany Boon rattrape le temps perdu et s'autocentralise dans des saynètes principalement écrites pour l'occasion. Un One Man Show sensationnel où l'acteur, à travers différents sketchs, s'évertue à rallier les grandes heures comiques de feux Louis de Funés et Bourvil. La salle de projection s'exclame, et nous par la même occasion, car sans vous mentir, l'effet est garanti. Mais subjectivement, et après un recul certain, Supercondriaque n'apporte rien et ne raconte foncièrement rien. Car passée cette demi-heure de démonstration de grand talent d'acteur de Dany Boon, le réalisateur-scénariste ne sait plus quoi faire de son hypocondriaque. Dans la même mesure que les faibles récits bâtissent à la gloire de Mr de Funés, Dany Boon tricote un scénarii bidon autour d'une révolution Turkistanaise. Supercondriaque n'est alors qu'un enchaînement de péripéties tarabiscotées plus absurdes les unes que les autres (l'arrestation, l'attaque de la prison).

Supercondriaque est un One Man Show sensationnel où Dany Boon, à travers différents sketchs, s'évertue à rallier les grandes heures comiques de feux Louis de Funés et Bourvil.

Mais le mal est fait. On n'a aucune honte à avouer que l'on prit plaisir à suivre ses pérégrinations saugrenues. Supercondriaque fait le job de par le fait d'être un divertissement agréable où toute la famille pourra se retrouver et rire de bon cœur. Un plaisir coupable inscrit dans une tradition française typique et familiale. Pendant des années on a cherché le digne héritier des maîtres du rire qu'étaient Mr de Funés ou Bourvil. C'est officiel, Dany Boon en est digne, celui qui fera de nos futurs moments avec nos enfants ou petits enfants des instants délectables.

 

Informations

Détails du Film Supercondriaque
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 107 '
Sortie 26/02/2014 Reprise -
Réalisateur Dany Boon Compositeur Klaus Badelt
Casting Kad Merad - Dany Boon - Judith El Zein - Alice Pol - Jean-Yves Berteloot
Synopsis Romain Faubert est un homme seul qui, à bientôt 40 ans, n’a ni femme ni enfant. Le métier qu’il exerce, photographe pour dictionnaire médical en ligne, n’arrange rien à une hypocondrie maladive qui guide son style de vie depuis bien trop longtemps et fait de lui un peureux névropathe. Il a comme seul et véritable ami son médecin traitant, le Docteur Dimitri Zvenska, qui dans un premier temps a le tort de le prendre en affection, ce qu’il regrette aujourd’hui amèrement. Le malade imaginaire est difficilement gérable et Dimitri donnerait tout pour s’en débarrasser définitivement. Le docteur Zvenska pense avoir le remède qui le débarrassera en douceur de Romain Flaubert : l’aider à trouver la femme de sa vie. Il l’invite à des soirées chez lui, l’inscrit sur un site de rencontre, l’oblige à faire du sport, le coach même sur la manière de séduire et de se comporter avec les femmes. Mais découvrir la perle rare qui sera capable de le supporter et qui par amour l’amènera à surmonter enfin son hypocondrie s’avère plus ardu que prévu...

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