Critique La Route sauvage (Lean on Pete)

Lean on Pete
Tiré du roman éponyme de l’auteur Willy Vlautine, La Route sauvage (Lean on Pete) adapte très naturellement à l’image cet ouvrage américain, à la fois rude et lumineux.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Pierre LARVOL

Critique du Film

Dernier long métrage en date du réalisateur anglais Andrew Haigh, géniteur notamment de 45 ans (2015) et Week-end (2011), La Route sauvage conte l’âpre aventure initiatique d’un jeune homme au coeur des grands espaces du pays de l’Oncle Sam. Tiré du roman éponyme de l’auteur Willy Vlautine, le film adapte à l’image cet ouvrage américain, à la fois rude et lumineux : la véritable force d’un road-trip au ton naturel et authentique.

Une aventure partagée d’abord, avec un rapport totalement dénué de mysticisme entre Charley et le cheval Lean on Pete, ce qui ajoute évidemment à la solitude du personnage qui se livre à son silencieux et parfois récalcitrant confident.

Charley Thompson a 15 ans et vit avec son père au comportement lunatique dans l’Oregon aux Etats-Unis. Au détour d’une course à pied, Charley rencontre Sam, un entraineur de chevaux de compétition. Il se met alors à travailler avec lui et s’attache à un cheval en particulier : Lean on Pete. Livré à lui-même à la suite d’un décès, le jeune homme s’enfuit avec la bête à la recherche d’un nouvel foyer : débute alors un voyage avec comme destination le domicile de la tante de Charley, qu’il n’a pas vue depuis de nombreuses années. Une fuite en avant avec l’animal, volé mais surtout sauvé d’une fin funeste : comme le cheval, Charley ne souhaite pas subir le destin qui s’impose à lui. Le scénario permet au réalisateur Andrew Haigh de filmer, avec un certain regard, la progression d’un adolescent en quête de stabilité et d’amour, de capter la volonté d’un être en train de se forger au gré des vagues de la vie qui l’éclabousse. Une aventure partagée d’abord, avec un rapport totalement dénué de mysticisme entre Charley et le cheval Lean on Pete, ce qui ajoute évidemment à la solitude du personnage qui se livre à son silencieux et parfois récalcitrant confident. Puis ensuite livré à lui même dans une seconde partie peut-être un peu moins convaincante, seul dans la jungle urbaine.

On navigue ainsi, au travers de ce jeune homme simple et vrai au regard porté sur ceux qui subissent, dans de grands décors magnifiquement filmés, donnant au film une tonalité qui a quelque chose du western moderne. Des plaines où l’horizon ne s’arrête jamais, peuplé de plantes sèches et de diverses personnalités. C’est d’ailleurs là que réside une grande qualité du film : la représentation des rapports humains. Les personnages ne sont jamais ni tout blancs, ni tout noirs, rien n’est simplifié pour conserver cette fameuse dualité de l’homme : là où il y a du bon, il y a aussi du mauvais. Le jeune homme en devenir n’est d’ailleurs, lui-même, pas épargné : son empathie est en effet souvent orientée, son obstination donnant presque l’impression que le sort des autres ne l’intéresse ou en tout cas, ne l'atteint pas. Un parcours rude, l’oeuvre ne prenant que rarement des gants pour soigner le voyage de Charley, mais qui donne une réelle sincérité au récit sans tomber dans la recherche absolue de tragique grâce à un point de vue relativement détaché des événements. Un film relativement silencieux musicalement, qui capte principalement les ambiances et souligne avec sa légère bande-son certains passages. Outre l’excellente prestation de Charlie Plummer, on retient une sympathique Chloé Sévigny en jockey aux idéaux usés par la vie et un Steve Buscemi déjà-vu (mais pas sans nuances) dans le rôle plutôt antipathique d’un entraineur dépourvu de la passion qui l’animait à ses débuts. Un casting idéal pour faire vivre cette aventure, non dénuée de poésie.

Oeuvre singulière et sincère, La Route sauvage avance ses pions à sa manière dans un genre connu : celui du récit initiatique. Derrière la rudesse et le détachement du film, une forme d’optimisme bienveillant vis-à-vis du succès de l’entreprise du jeune Charley en quête d’amour et de stabilité. Doté d’une très belle photographie, l’intime et calculé film d’Andrew Haigh est le type d’oeuvre qui, après l’avoir visionné, donne matière à réfléchir. Il laisse assurément son empreinte, au moins un temps.

Informations

Détails du Film La Route sauvage (Lean on Pete)
Origine Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 25/04/2018 Reprise -
Réalisateur Andrew Haigh Compositeur James Edward Barker
Casting Travis Fimmel - Steve Buscemi - Chloë Sevigny - Charlie PLUMMER
Synopsis Les aventures d'un adolescent pour trouver sa voie et un foyer à travers l'Amérique.

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