Critique Star Wars: Episode VIII - Les Derniers Jedi (Star Wars: Episode VIII - The Last Jedi)

Star Wars: Episode VIII - Les Derniers Jedi
Dans Les Derniers Jedi, Rian Johnson parvient à maintenir un cocktail équilibré d'action, d'émotion et d'humour qui permet de ranger cet opus assez facilement dans le Top 5 des meilleurs volets de Star Wars

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par David Speranski

Critique du Film

Star Wars VII - Les derniers Jedi - Image 1Face au Réveil de la Force, nous étions restés un peu circonspects : ravis de revoir la franchise si chère à notre enfance renaître, un peu effrayés de la voir passer en d'autres mains que celles de George Lucas. JJ Abrams avait beau montrer patte blanche et arborer tous les signes évidents du fan-service ; force est d'avouer que, un peu besogneux et guère inspiré, le volet VII semblait se vêtir d'habits trop grands pour lui, de la même manière que Kylo Ren essaie d'endosser l'apparence de Dark Vador sans vraiment y parvenir. Après avoir vu Les Derniers Jedi, on peut légitimement pousser un grand cri de soulagement et mettre sur le compte de la préparation de l'intrigue, l'aspect trop pusillanime du précédent volet. 

Pour ce deuxième volet de la nouvelle trilogie (volet VIII selon la numérotation chronologique), JJ Abrams a passé la main à Rian Johnson. A la surprise générale, ce metteur en scène remarqué seulement pour Brick et Looper, s'en sort beaucoup mieux que JJ Abrams qui s'était pourtant fait une spécialité du remake ou reboot avec Mission Impossible III, Star Trek voire Super-8 et son hommage spielbergien. Comment expliquer ce phénomène? Car Rian Johnson a mis au cœur de son film les acteurs et leurs personnages alors que JJ s'attachait surtout à recréer un univers. De plus, il est nettement plus facile de réussir un deuxième volet puisque les choses sont déjà largement en place : dans les deux trilogies précédentes, on a pu observer un phénomène comparable, L'Empire contre-attaque était meilleur que La Guerre des Etoiles, de la même façon que L'Attaque des Clones s'avérait plus intéressant que La Menace fantôme

Dans Les Derniers Jedi, Rian Johnson parvient à maintenir un cocktail équilibré d'action, d'émotion et d'humour qui permet de ranger assez facilement cet opus dans le Top 5 des meilleurs volets de Star Wars

Cette fois-ci, Oscar Isaac, ce grand acteur, a enfin un vrai personnage de capitaine insoumis à défendre. Idem pour Adam Driver qui, de manière symbolique, va détruire le masque vadorien, pour devenir un vrai méchant à part entière, et gagner considérablement en épaisseur psychologique. Idem pour Daisy Ridley qui, dans le rôle de Rey, aux origines inconnues, se montre énigmatique à souhait. En effet, le MacGuffin psychologique des origines de Rey court tout du long du film et même si une soi-disant vérité nous est révélée (que nous ne dévoilerons pas) ici, il n'est pas impossible que cette vérité soit contredite dans l'épisode suivant, tant les pouvoirs surnaturels de cette protagoniste semblent issus d'une certaine lignée dynastique. Rey dispose d'ailleurs également d'une connexion mentale étonnante avec Kylo Ren qui leur permet de se voir et d'échanger en étant à des lieux très éloignés l'un de l'autre, comme les héros de Sense8

Star Wars VII - Les derniers Jedi - Image 2Comme la plupart des Star Wars, ce volet est construit selon une alternance d'actions simultanées: Rey en apprentissage chez le dernier Maître Jedi, Luke Skywalker, en contraste avec les tentatives de fuite de la Résistance face aux troupes du Premier Ordre, dictature entièrement soumise au Seigneur Snoke (le génial Andy Serkis). Dans Les Derniers Jedi, Rian Johnson parvient à maintenir un cocktail équilibré d'action, d'émotion et d'humour qui permet de ranger assez facilement cet opus dans le Top 5 des meilleurs volets de Star Wars, ce qui n'était pas le cas du précédent. On peut juste regretter un léger coup de mou en milieu de film dans l'échappée de Finn et Rose pour trouver un décodeur permettant de neutraliser les troupes du Premier Ordre. Hormis ce moment un peu creux, les répliques fusent (la générale Leia remarquant avec humour qu'elle a changé de coiffure), les moments d'action demeurent impressionnants et bien rythmés et Johnson parvient même à ménager des pauses de réflexion, voire de méditation au sein de son film. L'émotion est aussi très présente, de manière involontaire par le personnage de Carrie Fisher qui fait venir les larmes à chaque apparition, aussi bien que de manière volontaire (le joli personnage de Rose, amoureuse en secret). 

Certes, les intellectuels pourront remarquer à juste titre que l'histoire se résume à la sempiternelle lutte de la Résistance minoritaire face à une dictature totalitaire, et ne va pas jusqu'à dénoncer les germes du totalitarisme comme dans La Menace fantôme ou L'Attaque des clones. Ce n'est pas faux mais c'est peut-être trop demander à ce qui ne se définit que comme un divertissement de bon aloi, même en étant à forte teneur mythologique. Rian Johnson s'en tire à très bon compte en écrivant (il est aussi l'auteur du scénario) des phrases comme "Le plus grand maître est l'échec", ou encore "Ce qui nous fera gagner, ce n'est pas lutter contre ce qu'on déteste, mais sauver ce qu'on aime" et en décrivant la transmission du pouvoir d'un tyran à un autre comme une irrémédiable fatalité, (le roi est mort, vive le roi), à la manière de la démesure shakespearienne, dans ses pièces historiques comme Richard III

Star Wars VII - Les derniers Jedi - Image 3Néanmoins, le film possède certainement un sous-texte politique et métaphysique, en approfondissant sa réflexion sur le Bien et le Mal. En effet, les Chevaliers Jedi, apanage du Bien, ne sont plus forcément montrés ainsi, en particulier par le regard de Luke Skywalker. C'est en essayant de faire de Ben Solo un Chevalier Jedi que Luke a échoué et l'a placé d'une certaine manière sur le chemin du Mal. Tout n'est donc pas si manichéen et gravé dans le marbre, comme l'indique un personnage de retour à Luke. On peut aussi citer dans cette démarche le personnage complexe et difficile à appréhender de l'Amirale Holdo (Laura Dern, sans conteste l'une des actrices de l'année, présente aussi bien dans Certaines femmes, Twin Peaks, Big Little Lies et Star Wars). De la même manière, il est possible de dresser un parallèle entre la tyrannie décrite et l'ensemble des dictatures, voire l'administration trumpiste, et de voir dans le film une dénonciation plus ou moins explicite des ventes d'armes, quel qu'en soit le destinataire. 

Les Derniers Jedi s'avère réussi, surtout parce qu'il parvient à surprendre. Alors qu'on s'attendait à un affrontement Kylo Ren-Rey, Johnson nous propose un conflit différent, ainsi qu'un éclairage singulier sur le personnage devenu amer de Luke Skywalker, sa conception des Chevaliers Jedi et son destin tragique. Même la fin, en changeant entièrement de point de vue, parvient à nous étonner et nous fait donc espérer de nouvelles vocations de Jedi, et par effet miroir , de futurs spectateurs amoureux de la légende de Star Wars. 

Informations

Détails du Film Star Wars: Episode VIII - Les Derniers Jedi (Star Wars: Episode VIII - The Last Jedi)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Science - Fiction - Fantastique
Version Cinéma Durée 152 '
Sortie 13/12/2017 Reprise -
Réalisateur Rian Johnson Compositeur John Williams
Casting Oscar Isaac - Mark Hamill - Carrie Fisher - Benicio Del Toro - Adam Driver - Daisy Ridley - John Boyega - Gwendoline Christie
Synopsis Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé…

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques