CRITIQUE : Daddy Cool


Daddy Cool

Critique du Film

Rien ne nous prédestinait à aimer ce film, premier de son auteur, Maxime Govare.  De loin, cela avait toute l'apparence d'une comédie formatée, comme les chaînes de télévision en produisent à la dizaine. Oui, mais en tant que critique, il faudrait toujours avoir le courage de dépasser les apparences et de voir la réalité. Contrairement aux apparences, Daddy Cool n'est pas vraiment une comédie formatée mais une tentative intéressante de recréer à la française une comédie du remariage chère au philosophe Stanley Cavell, et de retracer une longue accession à la maturité d'un personnage récurrent du cinéma français depuis au moins Tanguy de Chatiliez, l'adulescent.  

Emouvant et drôle, Daddy Cool ne révolutionnera sans doute pas votre vision du cinéma mais vous fera passer un agréable moment que vous n'attendiez sans doute pas, en entrant dans la salle.

Vous connaissez tous autour de vous ce type de personnages, des hommes ou femmes perdus entre 20 et 40, (voire 50!), qui ont du mal à garder une situation et un emploi stables et par conséquent ne parviennent pas à créer une vie de couple viable. On les appelle les adulescents, ces gens profondément immatures qui s'accrochent à des illusions, des postures et des rêves d'adolescence: avoir toujours l'air rock à 40 ans, par exemple ou se prendre pour un journaliste de cinéma alors que seulement 20 personnes (sa famille et ce qui lui reste d'amis) le lisent et remarquent, horrifiés, ses fautes d'orthographe et erreurs de syntaxe. Adrien fait partie de ces personnes et pour son manque de maturité, s'est fait renvoyer par Maude, l'amour de sa vie. Le film consistera donc en une tentative de reconquête masquée par une entreprise improbable, prouver qu'il peut élever des enfants en devenant baby-sitter pour un groupe de quatre ou cinq enfants.

Le cinéphile quelque peu aguerri n'aura guère de mal à reconnaître derrière ce feel-good movie, une nouvelle comédie du remariage, telle que l'Hollywood des années 30-40 en produisait des dizaines, presque toutes des chefs-d'oeuvre (Cette Sacrée vérité de Leo McCarey, New York-Miami de Frank Capra, La Dame du vendredi de Howard Hawks, etc). Sans pour autant arriver au niveau de ces modèles, Daddy Cool représente une tentative de greffe plutôt réussie, avec de vrais efforts de mise en scène (le plan-séquence de la prise de conscience) et des échanges très efficaces de réparties entre Vincent Elbaz et Laurence Arné. Ces deux acteurs nous surprennent ainsi agréablement, Elbaz trouvant peut-être enfin son meilleur rôle dans ce personnage d'adulescent dépassé par les événements. Derrière cette apparence de comédie familiale, se cache en fait un film qui transpire profondément l'amour du genre et se permet d'être avec une insolence bienvenue politiquement incorrect. De plus, ce qui ne gâche rien, Govare se permet même une séquence réelle d'émotion complètement inattendue avec l'intervention d'un Michel Leeb formidablement à contre-emploi, interprétant "La Chanson des vieux amants" de Jacques Brel. Les enfants sont tous plus craquants les uns que les autres et on vous recommande leur chorégraphie de la chanson de Boney M. qui donne son titre au film.

Par conséquent, émouvant et drôle, Daddy Cool ne révolutionnera sans doute pas votre vision du cinéma mais vous fera passer un agréable moment que vous n'attendiez sans doute pas, en entrant dans la salle. Ce n'est peut-être pas grand'chose mais c'est déjà beaucoup, comme dirait France Gall.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Informations

Détails du Film Daddy Cool
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 97 '
Sortie 01/11/2017 Reprise -
Réalisateur Maxime Govare Compositeur
Casting Vincent Elbaz - Laurence Arné
Synopsis Adrien, 40 ans et totalement immature, se fait larguer par Maude, 35 ans, désireuse d’enfin fonder une famille. Pour tenter de reconquérir l’amour de sa vie, Adrien décide de monter dans le futur ex-appartement conjugal: une crèche à domicile… Le début, d'une improbable expérience éducative...

Par David Speranski