CRITIQUE : Le Château de verre (The Glass Castle)


Le Château de verre

Critique du Film

Destin Daniel Cretton avait révélé au plus haut niveau le talent de Brie Larson dans le célébré et peut-être légèrement surcoté States of Grace. Depuis Brie Larson a emprunté un joli bout de chemin: oscarisée grâce à Room de Lenny Abrahmson et devenue superstar du fait de Kong: Skull Island. Aujourd'hui elle est peut-être à Hollywood la seule actrice "bankable" de la même génération, capable de faire de l'ombre à Jennifer Lawrence, d'autres actrices très brillantes et douées comme Rooney Mara, Mia Wasikowska, Kristen Stewart, etc. n'ayant pas remporté la fameuse statuette dorée qui change le cours d'une carrière. Elle sera ainsi bientôt attendue dans le rôle de Captain Marvel alors que Jennifer Lawrence vient justement de quitter ses franchises Hunger Games et X-Men.  

Pourtant potentiellement très intéressant, Le Château de verre semble sans cesse hésiter entre un créneau cinéma indépendant Sundance, avec toutes les caractéristiques du genre, et un format de mélodrame hollywoodien qui ne s'assume pas vraiment.

Néanmoins Brie reste fidèle à ses racines. Elle vient du cinéma indépendant et lui demeure loyale. Destin Daniel Cretton a pu ainsi compter sur elle pour cette histoire de chroniqueuse new-yorkaise confrontée à son enfance de gamine plus ou moins maltraitée par un père contradictoirement libertaire et autoritaire, et négligée par une mère fantasque et irresponsable. On retrouve ici la problématique de certains films récents sur les méthodes d'éducation comme Captain Fantastic avec Viggo Mortensen. La liberté est-elle le meilleur mode d'éducation, en s'inspirant de l'Emile de Rousseau? Jusqu'à quel point peut-on renier sa famille? Sans les embûches et les difficultés de cette famille dysfonctionnelle, Jeannette Walls, le personnage principal, se serait-elle vraiment battue pour réussir et devenir journaliste puis écrivain?

Autant de questions intéressantes dont on se doute qu'elles ont pu retentir profondément en Brie Larson qui a reconnu n'avoir plus parlé à son père depuis une dizaine d'années. Le film est ainsi construit sur un va-et-vient de flash-backs et de retours au présent où n'émerge étrangement pas la performance de Brie Larson, relativement éteinte et convenue, mais surnagent plutôt les échanges à la fois drôles et dramatiques entre Woody Harrelson et Ella Anderson, la gamine qui interprète Jeannette enfant. Ces séquences recèlent le cœur du film, la relation d'affection réciproque entre un père sympathique et parfois inspiré, qui vire souvent au monstrueux et une petite fille partagée entre l'admiration, la compassion et le ressentiment.  

La partie mélodramatique du Château de Verre demeure ainsi relativement efficace (prévoyez un stock de mouchoirs si vous avez entretenu des relations compliquées avec vos parents par le passé). Néanmoins le style assez mollasson et impersonnel de Dustin Cretton ne rend pas justice au potentiel du sujet. Il semble sans cesse hésiter entre un créneau cinéma indépendant Sundance, avec toutes les caractéristiques du genre, et un format de mélodrame hollywoodien qui ne s'assume pas vraiment. A la fin, lorsque le générique faisant apparaître conventionnellement les personnes réelles de la famille, il est difficile de ne pas se dire que Cretton est resté en-deça de son sujet qui aurait pu se révéler inoubliable et bouleversant. Dans le doute, il faudra attendre le prochain film pour savoir si les promesses écloses dans States of Grace ne représentaient qu'une illusion.   

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Informations

Détails du Film Le Château de verre (The Glass Castle)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Biopic
Version Cinéma Durée 128 '
Sortie 27/09/2017 Reprise -
Réalisateur Destin Cretton Compositeur Joel P. West
Casting Woody harrelson - Naomi Watts - Brie Larson - Max Greenfield
Synopsis Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine à New-York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Elevée par un père charismatique, inventeur loufoque qui promet à ses enfants de leur construire un château de verre mais qui reste hanté par ses propres démons, et une mère artiste fantasque et irresponsable, elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et sœurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers, et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a créé des liens impossibles à renier.

Par David Speranski