CRITIQUE Annabelle 2 : La Création du Mal (Annabelle: Creation)

Annabelle 2 : La Création du Mal

Critique du Film

Second épisode du spin-off gravitant autour de la désormais célèbre poupée apparue dans la franchise Conjuring, Annabelle 2 promet de revenir sur les origines de cette dernière. Un préquel réalisé par David F. Sandberg, à qui l’on doit notamment le sympathique Dans le Noir. Bien que commercialement juteuse, la licence n’a cependant pas laissé derrière elle un souvenir impérissable : le premier volet de John R. Leonetti n’avait en effet dans son sac pas grand chose à offrir. Fade et terriblement formel, le film était rongé d’un mal connu : l’appât du gain. Pour sûr, le flambeau passé n’a dû en rien être un cadeau, pourtant malgré son agressive communication (le fameux « On n'est jamais allé aussi loin dans l’horreur » présent sur les affiches des métros des grandes villes), l’espoir était permis au vu du passif du géniteur de cet épisode. Mission accomplie ? En partie en tout cas.

Revenant de nombreuses années avant les événements du premier épisode, l’horreur trouve son terreau dans ce prequel dans les terres reculées d’un couple fatigué, les Mullins. Alors qu’ils ne parviennent que difficilement à tourner la page de la disparition de leur fille, fauchée trop tôt par la mort, les parents décident d’accueillir les jeunes pensionnaires d’un orphelinat détruit. L’occasion rêvée pour une patiente entité de réapparaître. Au-delà des grandes lignes, le scénario n’avance aucun pion dans le registre : on reste en territoire connu avec une recette que l’on imagine désormais gravée dans le marbre du genre. Sans cependant vous lever le voile sur la genèse du mal qui habite la poupée, son origine n’a rien de bien passionnant, un défaut d’originalité qui atteint d’ailleurs l’écriture de l’ensemble de l’oeuvre. On doit se contenter d’une lente progression des événements horrifiques (avant de réellement s’emballer dans la dernière partie du film), saupoudrée de maigres relations entre les différentes victimes du mal.

Soyons clairs, le réalisateur ne fait absolument pas l’impasse sur les effets du genre, le frisson naît de codes séculaires.

Pour instiller l’épouvante, David. F. Sandberg joue d’équilibre en tentant à la fois de concilier le peu ragoutant scénario du film et son savoir-faire. Car c’est au final uniquement là qu’il peut exister dans cette commande : en apportant un peu de singularité à l’oeuvre. Soyons clairs, le réalisateur ne fait absolument pas l’impasse sur les effets du genre, le frisson naît de codes séculaires. Les portes claquent, les apparitions s’évanouissent et les objets bougent gentiment. Et dans ce grand cirque de l’horreur soft, Annabelle n’a encore une fois qu’un rôle mineur : son mouvement étant limité aux hors-champs, sa présence n’est finalement qu’annonciatrice d’événements à venir. Si on baigne dans une horreur souvent prévisible, parfois appuyée, force est de constater que la mécanique fonctionne plutôt correctement : une fois la boite de Pandore ouverte, le mal n’a de cesse d’exister. C’est notamment à sa réalisation que l’on doit une partie de son salut, la photographie se montrant travaillée et l’univers visuel assez réussi. Le réalisateur joue surtout sur les éclairages, ce qui ne manque pas de faire jouer notre créativité concernant ce qui réside (ou non) dans le noir. De même, la musique signée Benjamin Wallfish fait efficacement son office.

Classique dans le fond, ce prequel d’Annabelle réalisé David F. Sandberg tire son épingle du jeu grâce à une énergie dont était dépourvu l’épisode de John R. Leonetti. Si l’oeuvre ne délaisse pas les codes du genre, il exploite avec plus ou moins de succès ces derniers, rappelant ainsi vaguement le travail de James Wan. L’enjeu n’était pas palpitant au vu du premier épisode, mais il convient de le reconnaître : ce volet, à défaut d’offrir plus qu’un énième film du genre parsemé de quelques petites idées, offre un divertissement autrement plus attractif que son prédécesseur.

Note : Moyen. Verdict : Moyen.

Pierre LARVOL

Laissez un commentaire

Connectez-vous ou inscrivez-vous afin de laisser un commentaire.