CRITIQUE Atomic Blonde

Atomic Blonde

Critique du Film

Le féminisme au cinéma est à la mode. Les producteurs hollywoodiens l'ont bien compris. Sont-ils pour autant féministes? Peu importe, du moment qu'ils remplissent les salles. Après Wonder Woman qui n'avait de féministe que sa réalisatrice et son interprète principale, voici venir une Atomic Blonde du meilleur aloi puisqu'il s'agit de Charlize Theron, l'impressionnante top-model sud-africain devenue excellente actrice. On se demandait d'ailleurs pourquoi elle n'avait pas une franchise dédiée. C'est chose faite. Quid du résultat? 

Car si une femme, hormis Sigourney Weaver, Geena Davis pour les nostalgiques et Gwendoline Christie pour les fans de Game of Thrones, est faite pour le cinéma d'action, c'est sans nul doute Charlize Theron. Sa haute stature, sa carrure imposante, tout en restant indéniablement féminine, fait paraître autour d'elle ses partenaires masculins comme des nains, n'est-ce pas Sean Penn ou James McAvoy? Dans Mad Max Fury Road, c'est Tom Hardy qui en a fait l'amère expérience, Charlize lui volant incontestablement la vedette.

Pour les films Marvel, Charlize Theron a un peu loupé le coche. Un peu trop âgée désormais, il ne lui reste que le créneau du film d'espionnage. La voici donc plongée dans le milieu du film d'espionnage style le premier Mission Impossible, celui de De Palma, où les identités sont truquées et où on ne peut faire confiance à personne. A Berlin, elle doit composer avec ce milieu interlope qui ne fait de cadeau à quiconque, et encore moins aux femmes. Elle jouera donc un cache-cache intellectuel relativement savoureux avec James McAvoy. 

Rien que pour deux séquences d'action d'anthologie et une Charlize Theron insubmersible, Atomic Blonde sort un peu de l'anonymat industriel dans lequel les sorties de l'été l'ont confiné, et vaut peut-être la peine d'être vu.

Le style impersonnel du long métrage ne laisse guère d'illusions sur la volonté du metteur en scène de renouveler le genre. La seule véritable idée de mise en scène est en fait de plaquer des titres des années 80 sur les scènes d'action, comme Kubrick ou Scorsese l'avaient déjà fait, histoire de distancier un peu de la violence très brutale qui s'invite dans le film dans une scène sur trois ou quatre. Pour le reste, rien de nouveau sous le soleil, Lorraine (Charlize Theron) devra protéger un témoin, découvrir une liste et trouver l'identité d'une taupe Satchel. 

Rien de nouveau sauf une notation qui se trouve elle aussi bien dans l'air du temps, Lorraine ne couche pas sauf avec une femme, ce qui agrémente le film d'une touche de lesbianisme très moderne, et surtout une voire deux séquences d'action d'anthologie, la première qui se trouve aux deux tiers du film, filmée apparemment en plan-séquence, et dépassant largement les cinq minutes, hallucinante de violence où Theron donne vraiment de sa personne, et la deuxième à la toute fin du film filmée au ralenti, rappelant vaguement Peckinpah ou John Woo.

Rien que pour ces deux séquences, le film sort un peu de l'anonymat industriel dans lequel les sorties de l'été l'ont confiné, et vaut peut-être la peine d'être vu. Il faudra attendre néanmoins la semaine prochaine pour que les véritables sorties intéressantes reprennent.  

Note : Moyen. Verdict : Moyen.

David Speranski

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