CRITIQUE : Valerian et la Cité des Mille Planètes (Valerian and the City of a Thousand Planets)


Valerian et la Cité des Mille Planètes

Critique du Film

Valérian et la Cité des Mille Planètes était attendu comme le Messie du cinéma français. Film français le plus cher jamais produit, cette adaptation de la bande dessinée de Christin et Mézières fait déjà événement par l'ampleur du projet. Qu'on aime ou pas Luc Besson, il faut lui reconnaître le courage invraisemblable de se lancer dans des entreprises aussi périlleuses. En effet, ce film est clairement destiné à concurrencer les blockbusters américains sur leur propre terrain, ce que quasiment aucun metteur en scène français n'essaie. Quid du résultat?

En fin de compte, Valérian ne fera pas passer un mauvais moment, grâce aux caméos inspirés d'Alain Chabat, Rihanna, Clyde Owen ou Ethan Hawke et surtout  la prestation jouée à fond les manettes de Cara Delevingne.

Luc Besson n'en est pas à son coup d'essai. Les plus anciens se souviennent du Cinquième Elément où il systématisait l'image de Bruce Willis sauveur du monde ; plus récemment, Lucy, avec Scarlett Johansson, l'a montré très habile pour placer son œuvre (on a évité au dernier moment de dire produit) dans le monde entier. A chaque fois, il s'agissait d'énormes blockbusters parlant forcément anglais pour s'ouvrir le marché, avec des effets spéciaux en veux-tu-en-voilà et en prime une immense star comme cerise sur le gâteau. Il y aura d'ailleurs une phrase assez drôle dans Valérian lorsque le personnage principal refusant une invitation d'une accorte dame dira "non, je ne parle pas français!"

Avec Valérian, Luc Besson a choisi un projet bien plus personnel puisqu'il y rend hommage à une des bandes dessinées cultes de son enfance ou adolescence. Il part avec deux désavantages assumés : pas de stars à l'affiche (Dane Dehaan et Cara Delevingne sont des comédiens prometteurs mais ne sont pas encore des stars, même si Delevingne est très célèbre en raison de son aura de top-model); pas d'intrigue attrape-tout car Besson souhaite rendre justice à une création française qui n'est pas forcément réputée dans tous les pays. Ces deux facteurs expliquent peut-être le relatif échec de la sortie américaine de Valérian, distancé une semaine auparavant par quatre films au moins dont le Dunkerque de Christopher Nolan.

Le film commence plutôt bien avec un générique sur fond de Space Oddity (joli hommage au regretté Bowie) illustrant les différentes rencontres du troisième type, à travers les décennies, avec poignées de main pleines d'humour entre les émissaires des planètes. Cela se poursuit aussi de manière assez intéressante avec un rêve filmé en version sans paroles sous-titrées. Quand Besson rentre dans le vif du sujet, la comédie sur les relations hommes-femmes ne fonctionne pas trop mal, le tandem Dehaan-Delevingne jouant à fond les clins d'œil et lorgnant du côté des rapports décomplexés des comédies de Howard Hawks, même si Delevingne l'emporte largement côté charisme, ce qui amène parfois à s'interroger sur les raisons pour lesquelles le film ne s'appellerait pas Laureline.

Malheureusement au bout d'un moment, le film souffre de deux écueils: une avalanche d'effets spéciaux où l'on sent que Besson s'est fait plaisir et veut faire plaisir au spectateur. Il y réussit en partie mais oublie parfois que trop d'effets spéciaux tue les effets spéciaux, ce qui empêche le spectateur de discerner un sens plus profond au-delà d'une montagne d'effets. En résumé, on éprouve nettement l'impression de se trouver devant un film des productions George Lucas que face à une adaptation de Christin et Mézières, LucasFilms s'étant occupé des effets spéciaux. Néanmoins le plus grave ne consiste pas en cette transposition d'univers culturels : c'est plutôt l'absence d'écriture dont le film pâtit. Luc Besson est en quelque sorte une victime collatérale de la politique des auteurs. Metteur en scène doué et efficace (il faut reconnaître qu'il arrive à donner une crédibilité étonnante à cet univers totalement fictionnel), il pèche depuis le début de sa carrière sur l'écriture, au point qu'on se demande pourquoi jusqu'à maintenant il n'a pas encore recouru à un scénariste. La mise en scène et les effets spéciaux envahissent tellement l'écran que l'histoire finit par perdre tout sens, si tant est qu'elle en ait jamais eu un.

En fin de compte, Valérian ne fera pas passer un mauvais moment, grâce aux caméos inspirés d'Alain Chabat, Rihanna (beau numéro de danse), Clive Owen ou d'Ethan Hawke et surtout la prestation jouée à fond les manettes de Cara Delevingne qui s'est apparemment sentie très à l'aise dans cet univers hallucinant comme jamais. Mais il ne laissera pas d'empreinte inoubliable, les délires visuels ne faisant effet qu'un court moment.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Informations

Détails du Film Valerian et la Cité des Mille Planètes (Valerian and the City of a Thousand Planets)
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Science - Fiction
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 26/07/2017 Reprise -
Réalisateur Luc Besson Compositeur
Casting Clive Owen - Dane DeHaan - Cara Delevingne
Synopsis Les aventures spatio-temporelles de Valerian et Laureline.

Par David Speranski