CRITIQUE Transformers - The Last Knight

Transformers - The Last Knight

Critique du Film

Pour ceux qui ont lâché la saga Transformers en cours de route, rassurez-vous, rien n'a vraiment changé: Shia Labeouf a passé le relais à Mark Wahlberg à partir du quatrième épisode, une nouvelle bombe décolletée (Laura Haddock) a remplacé Megan Fox et Rosie Huntington-Whiteley, les Autobots et les Decepticons sont toujours au rendez-vous. La seule vraie nouveauté, c'est que Michael Bay n'en a plus grand'chose à faire du scénario, préférant s'amuser avec ses jouets grandeur nature et assurer le spectacle avec des effets spéciaux et sonores époustouflants et surtout tonitruants.

Même si on peut préférer des plaisirs plus subtils, Transformers - The Last Knight peut largement apporter son lot d'adrénaline et d'épate bon marché

Pourtant, si on débarque dans la salle au tout début du film, on peut être légitimement surpris puisque l'action remonte jusqu'en 484 après Jésus-Christ, à l'époque des Chevaliers de la Table Ronde. Cet épisode relie donc la saga des Transformers à l'Histoire où les Autobots auront joué à travers les siècles un rôle de protecteurs de l'humanité. L'intrigue se posera ainsi à Londres où, via Anthony Hopkins, elle tentera de se donner des gages de respectabilité. Mais, alors que le premier Transformers reposait sur une histoire relativement solide, ce nouvel opus se résume à un argument central, récupérer à tout prix le bâton de Merlin dont dépend la survie de l'humanité. Vu les approximations et les raccourcis d'un scénario qui, pourtant, existe bel et bien, on se doute que Michael Bay se préoccupe peu d'une intrigue à laquelle il n'a d'ailleurs pas participé.

Non, ce qui intéresse Michael Bay, et ce qu'il parvient à faire avec un plaisir peu commun, c'est de mettre en scène des robots, des explosions, des fumigènes dans tous les coins, des effets spéciaux plus impressionnants les uns que les autres, des effets sonores à réveiller des morts. Etrangement, vu qu'il filme ce qu'il lui plaît, sans se préoccuper du reste, cela finit par produire un spectacle qui, à défaut d'être intéressant ou passionnant, s'avère relativement plaisant ou du moins n'est pas aussi rébarbatif qu'on l'aurait cru.

Car il faut bien le reconnaître, Michael Bay a un style éminemment reconnaissable: montage cut, mise en scène survitaminée, fascination pour l'image qui confine presque à l'abstraction. Au bout de trente secondes, le spectateur peut identifier qu'il se trouve dans un film de Michael Bay, ce qui n'est peut-être pas accordé à tous les metteurs en scène. Si, sur le fond, il n'est guère innovateur, sorte de sous-Spielberg, Lucas ou Cameron, sur la forme, il parvient presque à transcender cette absence de réflexion par des prouesses techniques assez bluffantes. On passera certes sur le côté infantilisant de l'intrigue (une ado apparaît en second rôle pour faciliter l'identification du public-cible), l'aspect réac de placer des militaires un peu partout dans l'image et l'abandon de toute velléité de storytelling. Le côté totalement décérébré du film va de pair avec la volonté de mettre en avant des robots. Ce n'est certes pas avec Michael Bay que le spectateur aura la moindre chance d'attraper des maux de tête, sauf s'il ne supporte pas la bande sonore assez assourdissante. Il existe peu de chances qu'une thèse soit un jour consacrée à ses amusements cinématographiques, vu le décalage existant entre le fond et la forme. Néanmoins, même si on peut préférer des plaisirs plus subtils, Transformers - The Last Knight peut largement apporter son lot d'adrénaline et d'épate bon marché.  

Note : Moyen. Verdict : Moyen.

David Speranski

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