CRITIQUE Phantasm

Phantasm

Critique du Film

Dans les années 80, on a certainement vu bon nombre d’adolescents éviter de frayer dans les cimetières. Et pour cause, en 1979 sortait Phantasm, film d’horreur à petit budget (300 000 dollars) orchestré par Don Coscarelli et qui rencontra un joli succès. Depuis, quatre suites sont nées (dont une en 2016) et le mythe est intact. La sortie du film en version restaurée dans un superbe Blu-ray édité par ESC Editions depuis le 6 juin dernier nous permet de redécouvrir Phantasm dans toute sa splendeur et sa bizarrerie.

Une œuvre fascinante et cauchemardesque, dominée par la stature d'Angus Scrimm et par la partition musicale de Fred Myrow et Malcolm Seagrave.

Doté d’une remasterisation 4K supervisée par Bad Robot (la boîte de J.J. Abrams, grand admirateur du film), Phantasm assume complètement le fait d’être réalisé avec trois bouts de ficelles. Peu de décors, peu d’effets gore (mais des effets soignés et peu ragoûtants quand ils font leur apparition) et des acteurs inconnus au bataillon qui feront d’ailleurs de la saga leur principal fonds de commerce. Mais derrière ce côté amateur se cache une vraie passion, menée de main de maître par Don Coscarelli qui a également signé le scénario. Le cinéaste n’a pas besoin de grand-chose pour frapper l’imaginaire du spectateur : la présence d’Angus Scrimm (The Tall Man en vo, L’Homme en Noir en français) suffirait d’ailleurs à elle seule pour impressionner mais Coscarelli ajoute d’étranges nains, des sphères d’acier meurtrières et une porte inquiétante vers un autre monde…

Sachant soigner son atmosphère et usant parfaitement bien de la partition musicale entêtante de Fred Myrow et Malcolm Seagrave, Don Coscarelli offre un film aux visions cauchemardesques, récit d’apprentissage d’un jeune ado qui peine à faire le deuil de ses parents. Oscillant entre le rêve et la réalité, entre l’étrange et le bizarre, entre coups de génie et plans fauchés, Phantasm est une œuvre atypique dont on peine à saisir tout le sens. La faute à un montage largement amputé par Coscarelli lui-même qui craignait que les spectateurs s’ennuient devant un film trop long et trop centré sur la psychologie des personnages. Coscarelli utilisera quasiment tout ce qu’il avait tourné pour les suites, recyclant ses idées pour donner vie à la mythologie Phantasm. Mais en l’état, ce premier film de la saga, parfois difficilement compréhensible, n’en reste pas moins fascinant et se redécouvre dans un superbe master qui donne envie de s’aventurer dans les cimetières la nuit, histoire de croiser le fantôme d’Angus Scrimm…

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

Alexandre Coudray

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