CRITIQUE Cagliostro (Black Magic)

Cagliostro

Critique du Film

Rimini Editions a toujours le chic pour nous livrer quelques moments de cinéma hauts en couleur à travers des sorties fréquentes et éclectiques. Nous nous attaquons aujourd'hui à Cagliostro, film de Gregory Ratoff sorti en 1949 et dont l'édition DVD est disponible depuis le 2 mai dernier. Nous avons donc un peu de retard mais il n'est jamais trop tard pour parler cinéma et pour découvrir un film avec Orson Welles.

En effet, si Cagliostro attire l'attention, c'est bien parce que Welles y tient le rôle principal. Un rôle qui semble d'ailleurs taillé sur mesure pour lui : celui d'un hypnotiseur avide de pouvoir et de vengeance dans la France du XVIIIème siècle. Fils de gitans, Joseph Balsamo souhaite retrouver l'homme qui a fait pendre ses parents sous ses yeux et ce faisant, il se retrouve au cœur d'un complot menaçant le trône de France. S'incluant dans le complot, celui qui est devenu le comte de Cagliostro tombe amoureux d'une pauvre femme qu'il épouse de force en l'hypnotisant et devient de plus en plus avide de pouvoir. Un personnage manipulateur et égocentrique maniant l'art de l'illusion... Effectivement le rôle est taillé pour Orson Welles qui déclara d'ailleurs que le tournage de ce film fut celui où il prit le plus de plaisir. Ce qui n'est pas dit, c'est dans quelle mesure Welles influa sur la réalisation où l'on retrouve certaines de ses marques : profondeur de champ subtilement travaillée, goût du détail, travail sur le noir et blanc avec des ombres très marquées... Nul doute que l'acteur s'investit de façon assez conséquente durant le tournage sans pour autant que l'on sache à quel point il influa sur Gregory Ratoff dont le nom est aujourd'hui passé à la trappe en dépit d'une trentaine de réalisations à son actif.

Orson Welles domine de son charisme ce film feuilletonnant où il joue un personnage manipulateur et égocentrique. Du sur-mesure pour lui et un régal pour nous.

Cagliostro est donc un régal visuel où les intrigues de cour côtoient la magie et la soif de pouvoir. Basé sur un roman d'Alexandre Dumas, le film est donc feuilletonnant à souhait avec ce qu'il faut de rebondissements pour maintenir le spectateur en haleine. Il est d'ailleurs intéressant de voir combien l'on se prend au jeu de Cagliostro : même lorsqu'il laisse apparaître son ignominie en épousant une femme sous son emprise, on a envie de le voir réussir sa vengeance. Anti-héros ambitieux et finalement détestable, Cagliostro est un personnage haut en couleur auquel Orson Welles donne évidemment toute sa splendeur. Le réalisateur est à l'aise dans le rôle et s'y montre délectable, aussi charismatique qu'inquiétant. C'est bien lui le principal intérêt d'un film dont le scénario ne manque pas de piquant mais s'avère néanmoins un brin longuet, parfois parasité par une réalisation un peu molle (dans les scènes d'action notamment). Reste cependant un divertissement à l'ancienne comme on saura les apprécier, bercé dans une superbe photographie et dans un charme fou.

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

Alexandre Coudray

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