CRITIQUE : The Last Girl - Celle qui a tous les dons (The Girl With All The Gifts)


The Last Girl - Celle qui a tous les dons

Critique du Film

Voilà des années maintenant que les zombies sont à la mode. Alors que The Walking Dead triomphe chaque année en maintenant ses spectateurs en haleine, on se souvient encore de l’année dernière et de son Dernier train pour Busan, film de zombies sud-coréens mettant à l’amende World War Z. Chaque année, un film semble vouloir sortir dans l’intention d’apporter sa pierre à l’édifice, certains y parvenant, d’autres passant complètement à côté de l’essence du genre. Car le spectaculaire et l’avalanche de gore ne font pas forcément un bon film de zombies et, sans dire qu’il est nécessaire, le point de vue social et politique est devenu incontournable et ce depuis George A. Romero.

Alors que le cinéma anglais nous avait déjà livré le glaçant 28 jours plus tard en 2002, voilà que The Last Girl – Celle qui a tous les dons (soit The Girl with all the gifts en vo), semble vouloir renouer avec une approche minimaliste, viscérale et pessimiste du genre. Réalisé par Colm McCarthy (surtout connu pour son travail à la télévision sur des séries comme Peaky BlindersSherlock et Doctor Who), adapté par Mike Carey d’un de ses propres romans, The Last Girl affiche clairement ses ambitions dès le début. Quand les moyens n’y sont pas forcément (4 millions de livres sterling seulement) mais que la volonté et la passion dominent, le résultat est souvent passionnant.

Un film de zombies minimaliste dont l'approche originale et la vision particulièrement pessimiste parviennent à le hisser vers des hauteurs inattendues.

The Last Girl commence de manière tout à fait intriguante : dans un complexe militaire, de jeunes enfants suivent les leçons de l’institutrice Miss Justineau, chacun d’entre eux étant attachés à un fauteuil roulant. Dehors, des zombies (appelés ici les ‘’Affams’’) menacent de plus en plus la sécurité de la base. Très vite, on comprend que ces enfants, capables de raisonner et de penser par eux-mêmes, sont pourtant des affams, incapables de se contrôler dès qu’ils sentent un humain de trop près. Ils sont, selon la froide scientifique Caldwell, la clé pour trouver un vaccin contre cette épidémie menaçant chaque jour l’espèce humaine. Parmi ces gamins se trouve la jeune Melanie, particulièrement brillante, particulièrement attachante. Une enfant que Miss Justineau refuse de laisser aux mains de Caldwell. Le conflit opposant les deux femmes va pourtant devoir attendre : alors que la base est submergée par les zombies, un seul véhicule parvient à quitter le périmètre. A son bord se trouvent des militaires, Miss Justineau, le docteur Caldwell et Melanie, désormais seul espoir de guérison d’une humanité mourante. Pour se tirer d’affaire, les humains devront faire confiance à Melanie, à sa nature particulière et à son raisonnement surprenant…

Certes, on reconnaît parfois dans The Last Girl les influences de quelques œuvres : l’âpreté de 28 jours plus tard et même les décors urbains submergés par la nature du jeu vidéo The Last of us. Pas forcément original dans son déroulement, le film se démarque cependant des autres en proposant une héroïne inédite, à la fois zombie et terriblement humaine. Une gamine seule qui ne fait que rechercher l’acceptation chez les autres tout en sachant que la co-habitation est amplement délicate. Difficile également pour les humains de passer outre son adorable petite bouille pour réaliser ensuite qu’elle peut bien bouffer un chat errant sans vergogne dès qu’il croise sa route.

Cette problématique vient s’attacher au film avec une vraie réussite et sans aucune esbroufe. Faisant confiance au pouvoir de la mise en scène et au talent de ses acteurs (parmi lesquels on trouve Gemma Arterton, Paddy Considine et Glenn Close), Colm McCarthy sait ménager ses effets et conte l’histoire d’une humanité mourante, se battant dans ses derniers retranchements sans même savoir s’il y a de l’espoir. Si l’ambiance morne est de mise pendant tout le déroulement du film, notons l’audace de son épilogue inattendu qui place les humains et la jeune Melanie sur le même pied d’égalité (''si je suis vivante comme vous, pourquoi est-ce moi qui devrai mourir pour vous ?'') pour offrir une vision apocalyptique assez glaçante. Réalisé avec ferveur et révélant le talent assez dingue de la jeune Sennia Nanua, The Last Girl s’impose comme une vraie réussite qu’il serait dommage de louper, même si vous êtes végétarien.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Informations

Détails du Film The Last Girl - Celle qui a tous les dons (The Girl With All The Gifts)
Origine Etats Unis - Angleterre Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller - Horreur - Epouvante - Drame
Version Cinéma Durée 112 '
Sortie 28/06/2017 Reprise -
Réalisateur Colm McCarthy Compositeur Cristobal Tapia de Veer
Casting Gemma Arterton - Glenn Close - Paddy Considine - Sennia Nanua - Fisayo Akinada - Dominique Tipper
Synopsis Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité tout entière.

Par Alexandre Coudray