CRITIQUE Good time

Good time

Critique du Film

Comme les frères Lumière, les Taviani, les Dardenne, les Coen, etc. , les Safdie sont des frères. L'histoire du cinéma est souvent une affaire de frères. Avec Good Time, les Safdie, que l'on avait souvent catalogué dans les films indés fauchés américains, changent à l'évidence de braquet. Au lieu de retranscrire les atermoiements de désoeuvrés ou de petits dealers à New York, les voilà aux prises avec un film de braquage haletant. Tout va très vite, sans répit et à toute allure.

Comme les frères Coen, les Safdie se partagent équitablement les tâches: Josh écrit, Benny produit et joue à l'occasion, tous les deux réalisent. Mais ils n'ont certes pas atteint le niveau des frères Coen qui, au même âge, alignaient deux chefs-d'oeuvre comme Barton Fink et Miller's crossing. Leur parcours est bien plus modeste, se contentant de quelques films indépendants remarqués par la critique.

Good Time est surtout un très bon moment de décharge d'adrénaline, ce qui n'est pas à négliger par les temps qui courent, et donc porte très bien son titre.

Avec Good Time, ils ont enfin l'occasion de se retrouver en compétition du Festival de Cannes. Pour ce faire, ils ont suivi les traces du cinéma américain des années 70 et 80. Good Time rappelle ainsi l'ambiance électrique de After hours ou d'Un après-midi de chien. Le climat sous tension du film est d'une intensité quasiment ininterrompue, un flux tendu difficile à arrêter. Robert Pattinson au diapason prouve s'il en était encore besoin qu'il est effectivement un excellent comédien après ses participations aux films de Cronenberg, James Gray et David Michod.  

Good Time fait partie des films où tout ou presque se trouve dans la forme, le type de films sans réelle résonance sociale ou philosophique qui ne visent que le prix de la mise en scène ou du jury en compétition à Cannes. En cela, il se retrouve en rivalité directe avec You were never really here de Lynne Ramsay, à la différence que le film de Ramsay se révèle être bien plus intéressant en tant qu'étude de cas psychologique: concurrence pour la mise en scène (égalité entre les deux), pour les comédiens (Phoenix l'emporte assez largement quand même sur Pattinson) et pour la musique (la B.O. électro eigthies obsédante de Point Never Oneotrix soutient la comparaison avec celle de Jonny Greenwood).  Good Time est surtout un très bon moment de décharge d'adrénaline, ce qui n'est pas à négliger par les temps qui courent, et donc porte très bien son titre.

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

David Speranski

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