CRITIQUE : In the fade (Aus dem nights)


In the fade

Critique du Film

Autant le dire tout de suite, la case du dernier vendredi matin au Festival de Cannes est fatale pour les pseudo-films humanistes, le dernier film de Sean Penn, The Last face s'était bien fait amocher, sans jeu de mots, cette année, c'est au tour de Fatih Akin de s'y casser les dents. Sans doute le plus mauvais film du festival, In the fade consterne par la stupidité de ses intentions et les moyens déployés pour les réaliser.

Sans doute le plus mauvais film du festival, In the fade consterne par la stupidité de ses intentions et les moyens déployés pour les réaliser.

Pour résumer, In the fade est divisé en trois parties.

1) Une jeune allemande, épouse d'un Turc et mère d'un petit garçon, va voir sa famille décimée par une explosion terroriste. Le NSU, parti néo-nazi, est soupçonné. On est censé partager la peine de la jeune épouse et maman devenue en un instant veuve et mère éplorée. Comme chantage tire-larmes, il est difficile de faire pire que Fatih Akin.

2) Des membres du NSU sont retrouvés. Un procès est mis en place. Ils sont acquittés grâce à des témoignages pour le moins douteux. L'injustice se rajoute au deuil. On est censé compatir aux malheurs de Katja qui n'en finissent vraiment plus.

3) Enfin, il faut vraiment que l'héroïne réagisse, sinon elle n'en serait pas une. Donc vu que la justice ne fonctionne pas, elle recourt à la bonne vieille loi du talion. Elle fabrique une bombe et envisage de faire sauter ses ennemis. Comme elle est gentille et possède l'esprit de sacrifice (son fils et son mari étant morts, plus rien ne la retient sur cette terre), elle se fait sauter (au sens explosif) en même temps que les criminels qui ont assassiné sa famille. The end. Happy end, dirait Michael Haneke.

Or il ne s'agit pas d'un film de Clint Eastwood et Diane Kruger n'est pas Dirty Harry. Le contexte policier, plus ou moins déréalisé, n'est pas le même que le contexte terroriste d'aujourd'hui où toute prise de position peut avoir des conséquences dommageables. La logique qui voudrait que les familles des victimes d'attentats terroristes fassent exploser les meurtriers échappe un peu au bon sens car cela en fait des criminels exactement au même niveau.

Par conséquent Fatih Akin a réalisé non seulement le film le plus honteux du Festival de Cannes, mais également le plus dangereux. Donc In the fade est le film le plus catastrophique du Festival dans tous les sens du terme. CQFD.

Il est loin le temps où Fatih Akin pouvait passer pour un cinéaste humaniste avec Head-on ou De l'autre côté. Cela étonnerait fort s'il remportait aujourd'hui le prix œcuménique alors que son film promeut les attentats à la bombe en guise de vengeance à l'attention des terroristes. Pas de doute, les temps ont bien changé.

Quant à Diane Kruger, comédienne sympathique et fort séduisante, elle fait ce qu'elle peut pour redonner dignité et contenance à son personnage mais n'y parvient pas. Disons-le franchement : si l'on peut récompenser d'un prix d'interprétation une actrice formidable dans un film moyen, il serait hors de question de primer une actrice honnête, sans plus, dans un film moralement douteux. Ce serait déshonorer le Palmarès. En dépit de toute la sympathie que Diane Kruger nous inspire, espérons que le jury ne tombera pas dans cette erreur. 

Verdict Note : A louper sans aucun regret. A louper sans aucun regret.

Informations

Détails du Film In the fade (Aus dem nights)
Origine Allemagne Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Thriller - Drame
Version Cinéma Durée 106 '
Sortie Prochainement Reprise -
Réalisateur Fatih Akin Compositeur
Casting Diane Kruger
Synopsis La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

Par David Speranski