CRITIQUE Le jour d'après (Geu-Hu)

Le jour d'après

Critique du Film

Rien ne ressemble plus à un film de Hong Sang-soo qu'un autre film de Hong Sang-soo. Le même dispositif de mise en scène est immuablement repris: des panoramiques filés au-dessus d'une table de café ou de restaurant, des zooms avant utilisés avec la même prolixité que dans les derniers films de Luchino Visconti, des plans fices hormis ces quelques mouvements de caméra. Qu'est-ce qui distingue par conséquent Le jour d'après des autres films d'Hong Sang-soo? Un filmage somptueux en noir et blanc et des variations infinitésimales de scénario, à la manière d'Eric Rohmer.

On assiste ici aux mêmes discussions pseudo-philosophiques sur la structuration du réel par les mots, les mêmes méprises du destin, les flash-backs impromptus qui ne sont jamais a priori identifiés comme des flash-backs, la même hystérie des femmes trompées Vs la lâcheté innommable des hommes infidèles.

On attendait en compétition La Caméra de Claire, le film tourné l'année dernière à Cannes avec Isabelle Huppert et finalement celui-ci se retrouve en séance spéciale, permettant au Jour d'après de se retrouver en compétition. D'après le synopsis, Areum s’apprête à vivre son premier jour de travail dans une petite maison d’édition. Bongwan, son patron, a eu une relation amoureuse avec la femme qu’Areum remplace. Leur liaison vient de se terminer. Ce jour-là, comme tous les jours, Bongwan quitte le domicile conjugal bien avant l’aube pour partir au travail. Il n’arrête pas de penser à la femme qui est partie. Ce même jour, la femme de Bongwan trouve une lettre d’amour. Elle arrive au bureau sans prévenir et prend Areum pour la femme qui est partie...

De la même manière que pour Kaurismaki ou Jarmusch, les films d'Hong Sang-soo se ressemblent tous plus ou moins mais leur petite musique est irremplaçable. On assiste ici aux mêmes discussions pseudo-philosophiques sur la structuration du réel par les mots, les mêmes méprises du destin, les flash-backs impromptus qui ne sont jamais a priori identifiés comme des flash-backs, la même hystérie des femmes trompées Vs la lâcheté innommable des hommes infidèles.

Ce qui n'empêche pas le film de se montrer extrêmement drôle et de rendre tout extrêmement simple et limpide. On se souviendra longtemps des pleurs du personnage masculin, accablé par la complexité de la vie et son irrésolution face à l'immensité des choix possibles. Boys may cry.

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

David Speranski

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