CRITIQUE How to talk to girls at parties (How to talk to the girls at parties)

How to talk to girls at parties

Critique du Film

John Cameron Mitchell est sans doute l'un des cinéastes américains les plus trangressifs. Dans une carrière assez courte pour l'instant, il a signé Hedwig et Shortbus, deux films assez délirants sur l'identité de genre et l'orgie sexuelle. Après s'être un peu assagi avec Rabbit Hole, un joli drame dépressif avec Nicole Kidman, il revient à Cannes avec un film transgenre, touchant au fantastique et à la comédie (musicale), How to talk to girls at parties. Un OVNI cinématographique, présenté hors compétition au 70ème Festival de Cannes.

En 1977, Henry est un jeune Anglais qui évolue dans le milieu de la musique punk. Un soir, avec ses deux meilleurs copains, il s’invite dans une soirée un peu particulière. Il se retrouve au milieu de gens bizarres, qui s’avèrent être des aliens. La belle Zan (Elle Fanning, toujours aussi gracieuse et brillante) décide de fuguer et d’aller à la découverte du punk et du monde humain avec Henry. Ils découvriront ensemble l'amour, cette étrange planète inconnue...

Le spectateur est alors invité à exprimer sa capacité à aimer et à ressentir et cela offre au spectateur de très beaux moments entre suspension du jugement et exploration sensorielle, surtout auditive.

Le début du film, avouons-le, fait naître quelques craintes en raison de son côté pseudo-docu musical sur l'époque et les fans du punk. On pense alors débarquer dans une simple reconstitution du milieu punk de l'époque, soit un peu avant les années 80 et l'apparition de la New Wave. Voir et surtout entendre des groupes punk paraît très sympathique, en particulier voir Elle Fanning en train de s'époumoner sur un titre. La première partie du film se révèle être donc peu surprenante et assez conventionnelle. Mais la seconde partie fait soudain décoller le film dans une autre dimension.

En effet, tout d'un coup, le film débarque dans un univers d'extra-terrestres qui doivent éprouver leur savoir-vivre en kidnappant des humains sur Terre. Il est alors question de rituels symboliques, de critères pour un éventuel recrutement, voire de dévoration d'humains. Le sexe apparaît comme une notion dépassée et les participants à la soirée n'ont que le choix entre évoluer ou mourir. Le film dérive alors vers une belle rêverie fantastique dont, soyons clairs, on ne comprend pas tout. Mais peu importe, c'est le ressenti de cette notion d'amour universel qui prime alors sur toute explication rationnelle. Le spectateur est alors invité à exprimer sa capacité à aimer et à ressentir et cela offre au spectateur de très beaux moments entre suspension du jugement et exploration sensorielle, surtout auditive. Si le film s'avère aussi fascinant dans sa deuxième partie, c'est qu'il est alors emmené par un trio de charme assez irrésistible, Elle Fanning, Nicole Kidman et Ruth Wilson. Il devient dans ces conditions difficile de résister et de ne pas vouloir apprendre comment parler aux filles dans les soirées...

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

David Speranski

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