CRITIQUE : Blade of the immortal (Mugen no junin)


Blade of the immortal

Critique du Film

Blade of the Immortal est le centième film de Takashi Miike en vingt-cinq ans. Cinéaste extrêmement prolifique, Miike s'est déjà signalé par un goût de l'ultraviolence et de la provocation. On se souvient de Audition, film culte de Quentin Tarantino, de la trilogie Dead or Alive ou encore de Visitor Q. Plus récemment, Yakiza Apocalypse a marqué la Quinzaine des réalisateurs par son côté délirant et foutraque. Miike a même réussi à se faire sélectionner en compétition à Cannes avec Hara-Kiri, un remake d'un film de Kobayashi, étrangement sage pour un film de Miike. Cette fois-ci, il s'est déchaîné avec Blade of the immortal, film destiné à faire référence dans les films de sabre et de samouraïs, peut-être son film le plus réussi.

L'aspect esthétique est en effet extrêmement soigné, tant dans le prologue en noir et blanc que dans le reste en couleur.  Narrativement, Miike ne cherche pas à innover. Il s'agit d'une énième classique histoire de vengeance : une jeune fille, Rin, cherche à se venger de celui qui a décimé sa famille et pour ce faire, embauche un guerrier qui est devenu immortel, Manji. Ce dernier, comme le personnage de western de Clint Eastwood, en dépit de son cynisme, possède des principes. Il croira s'être détaché de la vie mais ne pourra abandonner celle qui l'a engagé aux mains de ses ennemis.

Pour son centième film, Takashi Miike s'est déchaîné avec Blade of the immortal, film destiné à faire référence dans les films de sabre et de samouraïs, peut-être son film le plus réussi.

Lui-même est arrivé au seuil de la mort cinquante ans auparavant, pour une banale histoire de vengeance. Pour punir le meurtre de sa sœur, il est parvenu à combattre une centaine d'assaillants et à les vaincre. A l'article de la mort, il en a été sauvé par une vieille dame qui, contre son gré, lui a injecté des vers de sang qui vont cicatriser ses blessures ou recoudre ses membres en un rien de temps, miraculeusement. Par conséquent, le film ne manque pas d'humour, car il ne sera pas rare de voir les combattants sans un membre, voire deux, et pourtant s'en sortir à rebours de tout bon sens.   

Ceux qui critiquent l'aspect répétitif de ce film n'ont sans doute pas compris le côté cumulatif extrêmement jouissif qui gouverne cette hécatombe de corps et cette avalanche de sang qui gicle à n'en plus finir. La violence chez Miike est graphique et totalement abstraite. Loin d'exprimer un défouloir malsain, elle atteint une beauté indéniable dans le choix des attitudes, des maintiens et des gestes. Entre la bataille inaugurale et le duel final, toute une variation de duels sera montrée, dans une joie de filmer et une énergie sans cesse renouvelées. Depuis les films de Kurosawa, il manquait une référence au genre du film de samouraïs. Dans le cadre de son genre précis, Blade of the Immortal est sans doute un chef-d'oeuvre.    

 

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Informations

Détails du Film Blade of the immortal (Mugen no junin)
Origine Japon Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Action
Version Cinéma Durée 140 '
Sortie Prochainement Reprise -
Réalisateur Takashi Miike Compositeur Kôji Endô
Casting Takuya Kimura - Hana Sugisaki - Sôta Fukushi - Hayato Ichihara - Erika Toda
Synopsis Basé sur le Manga du même nom publié pour la première fois en 1993, le film évoque l'histoire d'un guerrier samouraï immortel, qui ne peut lever sa malédiction que d'une seule manière : tuer 1000 hommes...

Par David Speranski