CRITIQUE Le Roi Arthur : la légende d'Excalibur (King Arthur: Legend Of The Sword)

Le Roi Arthur : la légende d'Excalibur

Critique du Film

La légende arthurienne n’a jamais cessé d’alimenter la littérature et, bien évidemment, elle n’a jamais cessé d’alimenter le cinéma. Plus vraiment à la mode (en témoigne d’ailleurs le plantage de cette nouvelle tentative au box-office américain), cette histoire a connu de nombreuses adaptations, des plus ambitieuses (Kaamelott à la télévision) aux plus délirantes (Monty Python, sacré Graal) en passant par la tentative honorable et encore assez récente d’Antoine Fuqua et de son Roi Arthur qui tâchait de remettre la légende dans son contexte historique barbare, souvent éclipsé au profit de belles armures brillantes.

Voilà désormais Guy Ritchie qui s’attaque au morceau avec ses gros sabots. Le réalisateur, guère connu pour sa subtilité, avait pourtant réussi à dépoussiérer Sherlock Holmes en 2009 en lui donnant du punch dans une première aventure charmante et rythmée avant de sombrer dans les poncifs du deuxième opus. Le roi Arthur : la légende d’Excalibur est de la même trempe avec encore plus de bordel visuel. L’idée était pourtant intéressante : raconter la légende du roi Arthur en lui donnant un coup de fouet, s’attarder sur sa jeunesse et son combat pour prendre le trône de Camelot après avoir retiré Excalibur du rocher tout en espérant que le film marche suffisamment au box-office (oups…) pour nous offrir des suites qui s’attarderaient sur la quête du Graal.

Patchwork visuel assourdissant oscillant entre le ridicule et la décontraction, Le roi Arthur : la légende d'Excalibur vaut surtout pour la composition de Charlie Hunnam, seul membre du casting à tirer son épingle du jeu.

Malheureusement pour nous, La légende d’Excalibur ne tient pas ses promesses et s’avère être un film complètement foutraque et joyeusement bordélique oscillant gentiment entre la nullité, la crétinerie et le fun le plus total et le plus décomplexé. Incapable de trop se prendre au sérieux, Guy Ritchie ne manque pas d’apporter quelques touches d’humour au film, se montrant plus à l’aise pour amuser que pour prendre le temps de raconter une bonne histoire. Mélangeant joyeusement les références, s’amusant avec tout ce qu’il a sous la main, Ritchie laisse son mauvais goût apparaître dès qu’il en a l’occasion. Scènes d’actions illisibles et numériquement laides, éléphants géants attaquant Camelot, costumes chics et chocs, réalisation clipesque, ellipses improbables, psychologie de comptoir… Tout y est pour que le film frise sans cesse le ridicule, de la façon dont Ritchie filme la magie jusqu’au casting où Jude Law cabotine à fond et où Astrid Bergès-Frisbey a l’air complètement perdue.

Au milieu de tout ça surnage quand même Charlie Hunnam. L’acteur, qui parvient enfin à imposer son charisme au cinéma (The Lost City of Z en est le plus beau des exemples), domine le film avec classe, incarnant le rôle d’Arthur avec une classe et une malice qui sont tout à fait bienvenues. Le seul à sortir du film avec honneur, aux côtés du compositeur Daniel Pemberton dont la partition musicale entraînante se laisse savourer tout au long du récit.

Si le spectacle que Guy Ritchie offre est généreux, il n’en reste pas moins diablement bancal, ne sachant jamais vraiment où se placer, à mi-chemin entre le nanar ridicule et le film complètement décontracté. Le résultat, visuellement moche, n’en est pas moins hautement divertissant mais sa réalisation trop chargée et sans grandes idées (si ce n’est certaines pompées au Seigneur des Anneaux) ne viendra certainement pas sauver l’entreprise du plantage, aussi décontracté soit-il.

Note : Moyen. Verdict : Moyen.

Alexandre Coudray

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