CRITIQUE War on Everyone

War on Everyone

Critique du Film

Terry Monroe et Bob Bolano sont deux policiers qui n'ont peur de rien, surtout pas de violer la loi pour servir leurs intérêts. Chantage, corruption, violence... Autant de méthodes qu'ils utilisent sans jamais sourciller même lors de leurs régulières mises à pied. Seulement, les voilà pris du jour au lendemain dans une affaire trouble qui va les pousser au bout de leurs limites, menacer définitivement leur travail et leurs vies privées...

Autant dire qu'à première vue, War on Everyone ressemble au premier buddy-movie venu si ce n'est qu'ici, les deux personnages principaux sont loin d'être complètement différents et s'entendent comme larrons en foire. Pour son intrigue alambiquée et son humour, le film fait penser à The Nice Guys mais la pratique de l'humour noir et la distanciation du scénario ramènent le film vers un terrain plus étrange. Et pour cause car c'est John Michael McDonagh qui est aux commandes. Le réalisateur et scénariste, déjà responsable du buddy-movie L'Irlandais s'était surtout fait remarquer avec l'excellent Calvary. Ici l'humour est toujours aussi noir mais l'heure est au délire.

Décalé et réjouissant, War on Everyone est un buddy-movie inattendu qui doit beaucoup à la personnalité de son réalisateur et scénariste John Michael McDonagh.

Sorti directement en vidéo chez L'Atelier d'Images depuis le 11 avril dernier, War on Everyone est un film réjouissant qui utilise volontairement les codes du genre pour mieux s'en détacher. Tout le long du récit, les décisions des personnages se prennent sans jamais vraiment passer par un tournant moral ou réfléchi et tout s'enchaîne très vite, nous donnant l'impression d'une œuvre à la fois sérieuse et à la fois complètement détachée d'elle-même, comme si rien de ce qui pouvait s'y passer ne pouvait vraiment avoir d'incidence sur la vie des personnages. John Michael McDonagh se moque ici de la morale (bien qu'il y en ait une derrière le tout) ou des passages obligés du genre, tout ce qu'il veut, c'est s'amuser, nous perdant dans une intrigue trouble dont les tenants et les aboutissants ne sont pas toujours très clairs, façon Le Grand Sommeil.

Ce qui compte ici, ce n'est donc pas l'intrigue mais les personnages qui font avancer le récit, que ce soit par leurs actions ou par leurs réflexions, ces deux flics de choc citant volontairement Simone de Beauvoir, Pythagore ou Descartes. Décalé, toujours en équilibre dans son registre (ni parodique, ni vraiment ludique), War on Everyone aime prendre les choses à contresens (ses personnages sont violents mais n'ont jamais tué personne, cependant ils n'hésitent pas une seconde à se protéger derrière des civils pendant une fusillade), confirmant l'univers complètement original de la fratrie McDonagh (John Michael n'est autre que le frère de Martin, réalisateur de l'excellent Bons baisers de Bruges). Porté par des acteurs en grande forme (Michael Peña, Alexander Skarsgård et même Theo James dont le charisme s'est développé en même temps que sa barbe) et truffé de répliques aussi hilarantes que décalées, War on Everyone est un petit régal dont on savourera le style et l'humour.

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

Alexandre Coudray

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