CRITIQUE : Power Rangers (Saban's Power Rangers)


Power Rangers

Critique du Film

Pour son second long-métrage, Dean Israelite exhume une série phare ayant bercé l’enfance de toute une génération, les Power Rangers. Après un Projet Almanac dont nous avions soulevé les qualités certaines, nous attendions plutôt impatiemment ce projet. En effet, nous avions remarqué l’amour du réalisateur pour tout un pan du cinéma des années 80 et 90. Pour sûr que ce dernier aurait su adopter le ton adéquat pour raviver la flamme enfantine du gamin accro au Club Dorothée que nous étions. C’est la troisième fois que les rangers sont portés au cinéma, juste après un premier film en 1995 dans l’étroite continuité de la série originale et un second en 1997 adapté de l’univers étendu Power Rangers Turbo. Pour cette nouvelle version des Power Rangers, Israelite décide d’en faire une origin story moderne, nouvelle et originale. Un groupe de soldats préhistoriques, les power rangers, est chargé de protéger la vie sur Terre. Ils sont trahis par le ranger vert, Rita. Le chef des rangers, Zordon, décide de cacher la source du pouvoir de ces derniers et ordonne à son assistant, Alpha 5, de provoquer une explosion de météorites qui tue Zordon et envoie Rita au plus profond de l’océan. Le pouvoir des rangers demeurera caché jusqu’au jour où un nouveau groupe de jeunes devra endosser les fameux costumes.

Du Breakfast Club au Marvel Cinematic Universe, il n’y a qu’un étrange pas que Power Rangers a osé franchir.

Du Breakfast Club au Marvel Cinematic Universe, il n’y a qu’un étrange pas que Power Rangers a osé franchir. Dean Israelite ne manque pas à sa réputation d’amoureux du cinéma, oubliant presque ce pour quoi le spectateur s’est rendu dans la salle pour voir son film. En choisissant de reprendre le concept dans son intégralité, le réalisateur s’emmêle beaucoup trop les pinceaux au détriment de ce qui faisait la force de la série originale : du fun et de l’efficacité. Nous avons ainsi affaire à cinq jeunes prisonniers d’une salle de retenue en proie à différents maux que le film prendra bien trop de temps à développer (recherche d’identité sexuelle, attrait de popularité…). Si bien qu’on se demande durant un long moment si le film n’est pas en réalité un remake du Breakfast Club plutôt qu’un reboot de Power Rangers. D’autant que les personnages ne sont pas spécialement tous attachants. Entre le sportif détestable, supposé leader du groupe, aussi charismatique qu’un poulpe en décomposition et la pseudo bimbo qui ne se demande délibérément ce qu’elle peut bien faire au milieu de ce groupe, autant dire que les minutes défilent parfois très péniblement. Le casting n’est vraiment pas le point fort du film, même s’il faut avouer qu’il est assez étonnant d’admirer Elizabeth Banks en roue libre totale dans la peau d’une Rita plus vilaine que vilaine et la silhouette de Bryan Cranston en Zordon. Dean Israelite semble vouloir forcer la main au spectateur afin qu’il trouve un attachement solide à ses héros. Or, ce n’est pas en grossissant vulgairement les traits qu’on attire le capital sympathie. Surtout qu’il passe à côté des fondamentaux qui font qu’on aime Power Rangers : où sont les séquences de combats ? Le principal atout de la série d’origine résidait dans sa capacité à réussir à placer en l’espace de 25 minutes d’épisode : deux bagarres, un affrontement avec les zords ainsi que la finalité en megazord. Ici, il faudra s’armer de patience et laisser écouler une bonne heure et demie avant d’entrer dans le vif du sujet.

Power Rangers est un film en demi-teinte.

Le dernier tiers du film ouvre en grand les vannes du fan service. D’un film aux relents pathos et aux effets dramatiques poussifs, nous assistons à un affrontement final d’une efficacité sans pareil. Dean Israelite vient satisfaire la fibre nostalgique de tous les fans de la série, il multiplie les clins d’yeux et se lâche redoutablement dans le second degré. Les costumes sont impressionnants de détails, les combats d’une fluidité exemplaire et vraiment audacieux. Sans en dévoiler la substantifique moelle, la dernière demi-heure nous rappelle vivement ce pour quoi nous sommes devant Power Rangers. C’est fun, caustique et impérial, un vrai régal pour les pupilles. Dean Israelite arrive à nous faire sortir de la salle avec un sourire béat au milieu du visage. S’il y a une plénitude évidente en fin de parcours, on ne peut pas nier que la route fut relativement rude afin d’y arriver. Point d’orgue d’une nouvelle licence, si l’on en croit les questions soulevées en fin de métrage, Power Rangers aurait dû être amputé d’un bon nombre de séquences soporifiques. S’il y a bien des envolées efficaces par moment, pas sûr que le film ait choisi le ton et la forme adéquats pour en tirer un vrai bon film. Cependant, associer Power Rangers à l’idée d’être un grand film relève tout de même de l’hyperbole, on ne va pas se leurrer. Ne reste plus qu’à espérer une suite folle et dérisoire, à la hauteur de nos espérances. Ce que l’on attend d’un film Power Rangers est pourtant simple : de la castagne et des monstres improbables !

Power Rangers est un film en demi-teinte. Partagé entre les ambitions d’en faire un film sombre et torturé avant d’amarrer un final grand-guignolesque, Dean Israelite bafoue les raisons qui nous poussent à consommer son produit. Ne reste plus qu’à espérer une suite vraiment déjantée s’il veut maintenir l’attrait indéfectible que les enfants des 90’s ont pour cette franchise.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Informations

Détails du Film Power Rangers (Saban's Power Rangers)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Aventure - Fantastique - Famille
Version Cinéma Durée 124 '
Sortie 05/04/2017 Reprise -
Réalisateur Dean Israelite Compositeur Brian Tyler
Casting Elizabeth Banks - Bryan Cranston - RJ Cyler - Dacre Montgomery - Naomi Scott - Becky G - Ludi Lin - David Denman
Synopsis Quand leur ville est attaquée par des aliens, 5 lycéens ordinaires vont se transformer en super-héros. Ils vont devenir les Power Rangers et vont rapidement découvrir qu'ils sont seuls à pouvoir protéger la Terre.

Par Anthony Verschueren