CRITIQUE Life - Origine inconnue (Life)

Life - Origine inconnue

Critique du Film

Dans l'espace, tout le monde peut cette fois vous entendre crier. À bord d'une station spatiale internationale, une équipe de médecins, techniciens et scientifiques réussissent à récupérer un module avec des échantillons prélevés sur la planète Mars. De ces prélèvements, ils réussissent à redonner vie à une matière vivante et intelligente. La suite vous la connaissez tous ou presque. Life – Origine Inconnue tire ses différentes inspirations du Alien de Ridley Scott datant de 1979. Comme si en presque 40 ans de cinéma, on n'avait jamais réussi à aller au-delà de la simple référence et autre inspiration que de faire encore et toujours le même produit (ou presque). Le film est à peine sorti en France et exploite son premier week-end aux États-Unis, que Sony pense déjà à une suite en dépit de la piètre qualité du film ( à notre humble avis).

Un film prétexte pour essayer d'étayer la formule soi-disant gagnante du divertissement parfait !

Des ersatz d'Alien, il y en a eu une pelletée suite à la sortie et au succès du film à la fin des années 70. X-Tro et bien d'autres, le cinéma américain, mais surtout celui d'Italie en ont profité opportunément pour plagier sans vergogne le méchant extraterrestre mangeur d'hommes. Dans Life – Origine Inconnue, c'est un peu la même rengaine avec une forme extraterrestre intelligente ayant régi la vie antérieure sur la planète Mars.
Réveiller cette forme est une étape presque obligatoire dont le scénario du film ne nous épargne pas. Jouer avec cette forme tient autant de la crétinerie que de l'excuse pour l'énerver. Surtout que le film dès son ouverture en plan-séquence cite sans relâche une multitude de références pop culture via un Ryan Reynolds en comique de la bande. Avec ses citations gratuites, comment omettre que l'équipage n'a pas au moins vu une fois Alien et ses suites ? Dans la logique du scénario balisé par des étapes redondantes et déjà-vu, l'équipage devrait savoir quoi faire ou non ? Mais surtout ne pas énerver la bébête !

Suite au premier incident dans le laboratoire sous confinement, on assiste éberlué à une suite de prises d'idées tout aussi saugrenues les unes que les autres. Des tentatives de sauvetage que l'on sait vaines dès le départ, des sacrifices inutiles amenant à des morts stupides.
Life - Origine Inconnue est une accumulation d'idées ressassées un millier de fois dans le cinéma avec le soutien d'une bande de stars présentes pour vendre (trop) facilement le film. Après sa découverte dans Mission : Impossible – Rogue Nation, Rebecca Fergusson reprend vaillamment le rôle d'Ellen Ripley en tant que scientifique distante, sans réelles émotions. Jake Gyllenhaal sera le taiseux qui n'aime pas la compagnie des hommes, trouvant alors refuge dans l'espace pour une certaine sérénité. Ryan Reynolds est présent parce que « Ryan Reynolds », Hiroyuki Sanada, grand acteur vu dans Sunshine, Wolverine – Le Combat de l'Immortel ou encore 47 Ronin, est la caution asiatique tout autant que le scientifique afro-américain ou la capitaine russe au cœur d'une station internationale.

Life, une origine bien trop reconnue pour convaincre totalement.

Life – Origine Inconnue est un film prétexte à une formule (soit-disant) gagnante après des calculs savants pour le divertissement parfait : un zeste d'Alien, un zeste de Gravity, des acteurs bankable, un extraterrestre au doux nom de Calvin (qu'il est mignon le méchant mollusque) et un bon artisan derrière la caméra suivant les consignes à la lettre. Certes, Daniel Espinosa n'est pas un manchot, mais on le préférera dans Easy Money (son premier film) ou dans Enfant 44 (son avant-dernier essai). Oui Enfant 44 se démarque par quelques fulgurances et son ambiance paranoïaque au cœur de la Russie post-seconde guerre, mais il vaut toujours mieux que ce vieux schéma de cinéma stéréotype des années 70/80/90. On préfère revoir la saga Alien, le fabuleux The Relic de Peter Hyams avec sa bestiole dans le musée de Chicago ou encore La Mutante de Roger Donaldson (et sa suite), dont Life peut facilement se rattacher avec son final archi-attendu, bien trop prévisible pour totalement convaincre. Alfonso Cuaron devrait plutôt bien rire de ce film superficiel, sans émotion, sans la moindre empathie envers un équipage dépourvu du moindre background. Comment être alors attaché à leurs survies quand l'histoire et le film n'ont pas pris le soin de nous les présenter comme il se doit ? On voit d'entrée une bande de guignolos faire joujou dans l'espace puis se faire gentiment manger sans le moindre affect. Le spectateur reste perpétuellement à l'écart devant une toile vide de sens et de formes. Un divertissement aux stéréotypes éculés n'ayant jamais la moindre chose à proposer que de ressasser les éternelles peurs de l'inconnu, du vide et de la mort.

Life, une origine bien trop reconnue pour convaincre totalement, un mois à peine avant la sortie du nouvel épisode de la saga Alien, Convenant par Ridley Scott qui promet un véritable retour aux origines de la saga. Encore et toujours, sera-t-il au moins plus convaincant que Daniel Espinosa ?

Note : Maladroit sur de nombreux points. Verdict : Maladroit sur de nombreux points.

Mathieu Le Berre

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