CRITIQUE Detour

Detour

Critique du Film

Diffusé en décembre dernier au Film Noir Festival, Detour s'offre une sortie en vidéo dès aujourd'hui dans une édition Blu-ray et une édition DVD proposés par L'Atelier d'Images. L'occasion de découvrir le nouveau film de Christopher Smith (Triangle, Black Death) dans une superbe copie nous plongeant sous le soleil de plomb du Nevada.

Partageant son titre avec un classique du film noir (le Detour d'Edgar G. Ulmer réalisé en 1945), le Detour version Christopher Smith s'impose vite comme un exercice de style habile et malin. Il nous raconte l'histoire de Harper, jeune étudiant en droit (Tye Sheridan, acteur de plus en plus intéressant) qui est persuadé que son beau-père est le responsable de l'accident qui a laissé sa mère dans le coma. Un soir alors qu'il est bourré, Harper parle d'assassiner son beau-père à Cherry, une strip-teaseuse et à Johnny, un voyou qui prend la chose au sérieux. Le lendemain matin, Harper se retrouve avec Johnny et Cherry sur les bras, décidés à aller au bout de l'affaire, alléchés par les 20 000 dollars promis par Harper. Celui-ci se retrouve alors dans de beaux draps, le réveil étant plus difficile que prévu...

Exercice de style habile et bien mené, Detour se repose un peu trop sur son montage malin pour impressionner mais captive néanmoins notre impression grâce à un sens de la mise en scène visible à chaque instant.

Conscient que la trame de son histoire est très classique, Christopher Smith vient faire briller Detour par un jeu de montage très habile qui donne au récit toute sa saveur au fur et à mesure que celui-ci se déroule. Cette tactique, un peu artificielle, n'en demeure pas moins très efficace, permettant au film de sans cesse relancer l'attention du spectateur qui doit s'accrocher pour comprendre quelque chose au calvaire vécu par Harper. Certes, le montage est l'une des forces du film mais reconnaissons tout de même que Detour a plus d'un tour dans son sac quand bien même il brode une trame faite de meurtre, de magouille et de mensonges que l'on connaît depuis un moment.

A cette trame, Christopher Smith sait ajouter du charme grâce à son joli sens du casting (Emory Cohen, acteur inclassable ou même Stephen Moyer en beau-père trouble) et surtout la qualité de sa mise en scène. Chaque plan se retrouve extrêmement travaillé, éclairé de façon chaleureuse pour mieux happer l’œil du spectateur. C'est bien simple, le film est beau et chaque plan donne envie de découvrir l'autre. On pardonnera alors à ce Detour d'être un poil trop classique, fonctionnant malgré tout grâce à la conjugaison d'éléments mis en place par un réalisateur prêt à nous gâter, visiblement biberonné aux mêmes films que nous.

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

Alexandre Coudray

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