Critique Dallas Buyers Club

Dallas Buyers Club
Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée est un film au sujet fort mais qui se perd dans une construction et un développement vraiment trop lisse. La réalisation est beaucoup trop linéaire, les personnages n’ont pas de réelle profondeur. Le matériau...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Outsider qui fait parler de lui depuis plusieurs semaines, nommé dans plusieurs catégories aux Oscars 2014 (dont celui du meilleur film), Dallas Buyers Club raconte l’histoire vraie d’un redneck texan qui apprend qu’il ne lui reste plus que 30 jours à vivre après qu’on lui ait diagnostiqué le virus du VIH en phase terminale. Première réalisation américaine du québécois Jean-Marc Vallée, nous ne comprenons pas l’enthousiasme unanime dont le film fait l’objet. Il possède de bonnes qualités, c’est certain, mais aussi beaucoup de défauts qu’on ne peut pas effacer malgré l’intérêt critique qu’il suscite.

Matthew McConaughey s’offre un rôle en or.

Matthew McConaughey s’offre un rôle en or à classer directement aux côtés de Christian Bale pour The Machinist ou encore Robert De Niro pour Raging Bull pour ce qui est de son implication physique. Il est impossible de ne pas parler du corps ravagé qu’il se traîne durant tout le métrage. Il a perdu plus d’une vingtaine de kilos pour pouvoir camper ce personnage (ce qui explique également son physique fatigué dans Le Loup de Wall Street puisqu’il a participé au tournage du film de Scorsese en même temps que celui de Vallée). C’est un acteur vraiment talentueux qui ne peine pas spécialement à avoir l’approbation de ses fans pour le confirmer. Il rentre à merveille dans les pompes de cet homme macho, raciste, homophobe et misogyne. Loin des strass et des paillettes de la vie mondaine new-yorkaise, le film s’intéresse enfin à un sujet qui concerne tout le monde en l’introduisant dans un milieu social pauvre. Et ça fait réellement du bien de voir enfin une œuvre qui ne pointe pas que la communauté homosexuelle. C’est ancré dans la mémoire collective : les films qui parlent du SIDA racontent tout le temps les déboires d’un(e) homosexuel(le). Jean-Marc Vallée recadre le cliché dans notre réalité pointant du doigt un mec tout ce qu’il y a d’hétérosexuel qui n’échappera pas au virus compte tenu de sa vie dépourvue d’hygiène corporelle.

Si son sujet est fortement louable, Dallas Buyers Club souffre d’une banalité de forme indigeste.

Si son sujet est fortement louable, Dallas Buyers Club souffre d’une banalité de forme indigeste. La réalisation est trop classique ne pouvant justifier sa nomination pour le meilleur montage. A trop vouloir nous raconter la lutte contre la maladie de son héros, Vallée oublie de donner une réelle profondeur à ses personnages. Nous ne savons rien sur eux si ce n’est le paraître qu’ils renvoient. C’est fortement dommage puisqu’en définitive la quête de rédemption nous passe réellement à côté. Jared Leto est souvent cité comme acteur le plus légitime dans la course à la fameuse statuette pour son second rôle. Seulement, il n’échappe pas à l’énorme néant qui gangrène les protagonistes du film. Certes, sa transformation physique prouve une réelle implication mais il n’y a rien derrière. Il se cantonne à ce qu’il nous a toujours servi et ne vaut pas plus que le junkie qu’il plantait dans Requiem for a Dream ou Lord of War et ça devient franchement agaçant de tout le temps voir Leto s’en mettre plein le nez. 

La musique de Danny Elfman est quasiment absente du métrage et même lorsqu’elle survient, elle ne marque pas.

La musique de Danny Elfman est quasiment absente du métrage et même lorsqu’elle survient, elle ne marque pas. Une idée intéressante subsiste néanmoins : le fameux larsen qui survient comme un leitmotiv émotionnel des ressentis du personnage de McConaughey. Seulement, même si la métaphore est forte et bien trouvée en début de film, Vallée abuse de son idée jusqu’à nous en donner la nausée, si bien qu’on a l’impression de sortir de la salle avec des acouphènes tellement ces larsens deviennent strident sur les deux heures de métrage. L’idée de dénoncer l’industrie pharmaceutique américaine n’est pas bien nouvelle. Ce n’est un secret pour personne : les Etats-Unis souffrent d’un système médical vraiment bancal (pour ne citer qu’elle, la série Breaking Bad nous a proposé un développement nettement mieux creusé sur cinq saisons). Malheureusement ça fait souffrir les bonnes intentions de Vallée puisque son sujet éculé ne permet pas d’élever le niveau de son intrigue. L’encensement de la critique s’appuie justement sur cette bonne intention de dénonciation mais en oublie de considérer le film comme un tout qui manque cruellement de personnalité.

Dallas Buyers Club est un film au sujet fort mais qui se perd dans une construction et un développement vraiment trop lisse. La réalisation est beaucoup trop linéaire, les personnages n’ont pas de réelle profondeur. Le matériau de base était bon mais il n’a pas été suffisamment façonné pour l’élever au niveau supérieur. Il n’en reste qu’un film qui se regarde mais qui ne laisse aucune emprunte qui donnerait envie de vouloir revenir dessus un jour.

Informations

Détails du Film Dallas Buyers Club
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Biopic
Version Cinéma Durée 117 '
Sortie 29/01/2014 Reprise -
Réalisateur Jean-Marc Vallée Compositeur Danny Elfman
Casting Jennifer Garner - Jared Leto - Dallas Roberts - Matthew McConaughey - Steve Zahn - Denis O'Hare
Synopsis 1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause et pour sa propre vie.

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