CRITIQUE Kite (Domination nakite)

Kite

Critique du Film d'Animation

Il aura fallu la sortie de l'adaptation « life » de Kite pour dévoiler l'animé réalisé par Yasuomi Umetsu. L'homme s'est surtout fait connaître avec ce titre ultra-violent, notamment pour sa censure américaine. Pépite de l'animation japonaise réalisée il y a 20 ans maintenant, Kite ou l'histoire de la jeune Sawa, qui découvre ses parents assassinés dans leur appartement par un inconnu. Recueillie par Akaï, l'inspecteur qui mène l'enquête, elle va devenir sous l'égide de Mr Akaï une tueuse à gages hors pair avec une arme particulière aux balles explosives.

Si Kite est une œuvre ultra-violente, elle est surtout dérangeante par des séquences de sexe explicites où Mr Akaï viole Sawa à peine âgée de 10 ans. Censuré dans divers pays dont les États-Unis, la version fournie en bonus sur l'édition française de l'adaptation cinéma est bien sûr celle pour le grand public en dépit de quelques scènes de nudités crues et quelque peu univoques. N'est-ce pas parfois dans la suggestion que l'intention première peut paraître démultipliée ?

Kite est un film fort prenant racine dans le cinéma d'action des années 80 et 90. Bizarrement dans ce petit film de 45 minutes de Yasuomi Umetsu, on ressent des références fortes à Luc Besson. Notamment dans le fait que Sawa devienne une tueuse comme Nikita, tout en entretenant une relation ambiguë avec Bob son mentor dont Akaï renvoi en permanence l'image. Mais aussi dans sa relation avec la nouvelle recrue Oburi, jeune néo-assassin dont elle s'éprend et s'enfuit pour retrouver sa liberté. Une opposition « Bob/Marco » entre Akaï tentant de faire assassiner Oburi par Sawa et vice-versa. Une confrontation incroyable pour un final dévoilant un twist connu dès les premières secondes du film. Ce qui pousse Kite vers un autre film de Luc Besson, Léon, fausse suite à Nikita qui reprenait sans vergogne la trame de Gloria de John Cassavetes. Sawa, après Nikita, se perçoit comme Mathilda, dont les parents assassinés dans l'appartement familial par des ripoux dont la jeune fille va vouloir se venger.

Kite est un film fort prenant racine dans le cinéma d'action des années 80 et 90.

Après la vision de Kite, œuvre jusqu'au-boutiste dans sa faculté dérangeante, on se demande à savoir où Yasuomi Umetsu souhaitait en venir. Le film est une accumulation de poncifs graphiques et tendus, une violence sublime (notamment cette première séquence dans l'ascenseur), un jeu permanent d'agressions pour la libération psychologique et physique d'une jeune fille sous l'emprise du mal. Mais Kite est un Hentaï dont le sexe est parti prenant d'un film vulgaire regardant sous les jupes des filles et mettant en scène une jeune ne s'offusquant jamais de se faire violer par un flic pervers. D'où la censure aux USA et une adaptation édulcorée prenant beaucoup de liberté avec l'oeuvre de base.

De son caractère sulfureux, Kite en gagne une certaine renommée, une aura d'une œuvre culte qui ose être libre et indépendante. Hentaï pervers et froid, Kite est aussi un film à l'ambiance « Urban-Jazz » arborant une âme froide digne de certains films des années 80. On pense aux scènes urbaines d'Highlander, Subway et Nikita. Un fait très surprenant de voir le prisme « Besson » dans un Hentaï japonais, plutôt méconnu en France, qui doit à la parution en DTV de son adaptation chez Condor pour se dévoiler. Un grand bravo à l'éditeur de pouvoir le proposer, un geste louable et à saluer pour vraiment être complet sur l'oeuvre en elle-même.

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

Mathieu Le Berre

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