CRITIQUE Vénus Blonde (Blonde Venus)

Vénus Blonde

Critique du Film

Semblant avoir la farouche volonté de nous faire redécouvrir tout un pan du cinéma à travers de belles rééditions toujours agrémentées de bonus, Elephant Films a ressorti depuis le 7 février dernier Vénus Blonde de Josef von Sternberg. On s’est évidemment pressé sur l’édition, avide de découvrir ce film dans une réédition très élégante.

Des sept films que Josef von Sternberg a tourné avec Marlene Dietrich, Vénus Blonde est certainement l’un des moins réussis. Cela ne l’empêche pas d’être intéressant, bien au contraire. Mais cette histoire d’une ancienne chanteuse remontant sur scène pour pouvoir payer à son mari un voyage en Europe qui pourrait le guérir de ses irradiations n’est jamais vraiment passionnante. La faute à un scénario maniant l’ellipse à tour de bras, ne nous permettant jamais de nous attacher au personnage de Dietrich. Celle-ci, en une heure et demie, rencontrera son mari, aura un enfant avec lui, reprendra la scène pour lui offrir le voyage en Europe, rencontrera un millionnaire qui deviendra son amant, fuira avec son enfant pour échapper à son mari, rendra son enfant en réalisant qu’elle est une mauvaise mère, retrouvera son amant et finira à nouveau dans les bras de son mari pour former une famille unie. Durant tout le film, Marlene Dietrich joue donc une girouette dont on a parfois du mal à saisir les intentions, empêchant alors de créer une véritable empathie avec elle. Son mari n’est guère mieux, un brin pleurnichard tandis que l’amant (Cary Grant dans un de ses premiers rôles) a l’air louche même si c’est lui qui aide le cercle familial à se reformer.

Même s'il est certainement l'un des films les moins réussis de la collaboration von Sternberg/Dietrich, Vénus Blonde affiche une élégance folle au détour de quelques séquences dont seul le cinéaste semble avoir le secret.

Vénus Blonde se suit donc avec intérêt mais un intérêt relatif que von Sternberg parvient à maintenir avec son style habituel, tout en élégance : les numéros musicaux de Marlene Dietrich sont formidables (en particulier celui du gorille), le film s’ouvre sur une baignade de femmes nues dont on entrevoit rapidement les formes (c’était avant le Code Hays) et d’autres moments laissent apparaître Dietrich dans de magnifiques plans. Elle qui joua si souvent la tentatrice dans le cinéma de von Sternberg se trouve un rôle plus sage, celui d’une mère de famille dévouée. A l’époque, le public américain n’a pas suivi. Difficile en même temps d’avoir une véritable empathie pour cette Vénus Blonde, empêchant clairement le film d’être une franche réussite. S’il se redécouvre aujourd’hui avec plaisir, il est vrai qu’on a connu beaucoup plus inspiré de la part de von Sternberg et de Marlene Dietrich dont on a du mal à oublier les prestations troublantes de L’Ange bleu et Agent X27

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

Alexandre Coudray

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