CRITIQUE Le Fantôme vivant (The Ghoul)

Le Fantôme vivant

Critique du Film

L'exploration du cinéma d'horreur des années 30 continue grâce à Elephant Films qui édite Le Fantôme Vivant avec Boris Karloff datant de 1933. Le film disponible en Combo DVD/Blu-ray accompagne les sorties simultanées de Double Assassinat dans la Rue Morgue, La Maison de la Mort et L'Île du Docteur Moreau.
Mais contrairement aux autres titres de la collection, Le Fantôme Vivant n'est pas un film américain produit par le Studio Universal, mais un long-métrage anglais produit par la Gaumont British Pictures Corporation. Le Fantôme Vivant suit un médecin excentrique, passionné d'égyptologie, qui poursuit des recherches sur les sciences occultes. Il découvre une pierre qui aurait le pouvoir de conférer l'immortalité. Peu avant sa mort, il prévient ses héritiers qu'il compte se faire enterrer avec la précieuse pierre et que ceux qui se risqueront à la lui dérober subiront les foudres de sa vengeance. À peine le docteur est-il mis en terre que ses descendants, ne pouvant résister à la tentation, font main basse sur le précieux caillou. Conformément à sa prédiction, le docteur renaît d'entre les morts et entreprend de se venger...

Le Fantôme Vivant est avant tout une curiosité historique.

À lire le synopsis, le film peut paraître bien clair. Mais à la découverte de ce pseudo classique, on se perd quelque peu dans les divagations des liens autour des personnages. Le Fantôme Vivant doit tout d'abord son auréole de classique par sa longue disparition. On pensait le film disparu à jamais jusqu'à la découverte d'une première copie en très mauvais état, tronquée de quelques minutes et possédant des sous-titres incrustés sur l'image retrouvée dans les archives nationales tchèques. Par la suite, au début des années 2000, une version de bien meilleure qualité, considérée comme la version intégrale, fut retrouvée en Angleterre.
Puis surtout, Le Fantôme Vivant est le premier film étiqueté « H » en Angleterre. La lettre « H » signifiant « Horror », le long-métrage de T. Hayes Hunter étant officiellement le premier film d'horreur anglais parlant.

Cela en fait-il un bon film ? On peut dire que Le Fantôme Vivant a drôlement bien vieilli en dépit de sa longue disparition. Le film est sublime, la copie proposée par Elephant Films étant d'une netteté incroyable sûrement restaurée depuis sa redécouverte. Classique par sa primauté du genre anglais, Le Fantôme Vivant laisse totalement indifférent ne procurant jamais l'effroi souhaité. Le film profite surtout de la présence du célèbre acteur anglais Boris Karloff en Docteur Morlant. Karloff est une nouvelle fois grimé en vieil homme dont le visage paraît parfois tomber en lambeaux. Effrayant en gros plan, le docteur Morlant se voit être après sa mort une réappropriation du mythe de La Momie circulant dans les coursives et autres couloirs de sa demeure de façon rigide. Malheureusement, ce sera le seul point positif d'un film divagant entre différents points de vue.

Le Fantôme Vivant laisse totalement indifférent ne procurant jamais l'effroi souhaité.

Le Fantôme Vivant voit intervenir un professeur accompagné d'un égyptien venu récupérer la fameuse pierre, le neveu et la nièce du docteur Morlant, un notaire, la colocataire de la nièce et le majordome du docteur. Une troupe qui s'espionne, se vole et arpente les dédales du manoir en quête de réponses et du fameux bijou. Le tout ennuie poliment le spectateur qui n'attend que de voir arriver Boris Karloff s'occuper de ce petit monde. Le moment fatidique arrive au dernier quart nous évitant de tomber de sommeil. Le final est d'un classicisme absolu devant toute son efficacité à la présence de Karloff jouant son habituel rôle de monstre effrayant.

Le Fantôme Vivant est avant tout une curiosité historique, un trésor d'histoire du cinéma aujourd'hui vain. On ne doute pas de son efficacité à l'époque, un produit de luxe pour le cinéma de ses années dont même un remake fut réalisé par Pat Jackson en 1961 sous le titre What a Carve Up!. Une intéressante découverte pour les cinéphiles et les amoureux du genre.

Note : Moyen. Verdict : Moyen.

Mathieu Le Berre

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