CRITIQUE La Belle et la Bête (Beauty and the Beast)

La Belle et la Bête

Critique du Film d'Animation

Depuis les années 30, les studios Disney désiraient adapter le conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête, mais les résultats n’étaient jamais convaincants. Il fallut attendre 1989 et l’énorme succès de La Petite Sirène pour que les studios ressortent le projet des placards. La Belle et la Bête voit le jour sur les écrans en 1991. C’est le premier film des studios Disney à avoir bénéficié d’un scénario complet avant de passer au processus d’animation (là où tous les films d’avant s’écrivaient au fur et à mesure que les animateurs développaient leurs dessins). C’est également le premier film d’animation à avoir été nommé dans la catégorie Meilleur Film lors des Oscars de 1992. Considéré comme le trentième classique d’animation des studios Disney, la Belle et la Bête raconte l’histoire de Belle, une jeune femme rêveuse très proche de son père, un vieil homme malade et inventeur à ses heures perdues. Lorsque ce dernier est retenu prisonnier par un prince tyrannique condamné à vivre sous l’apparence d’une bête, Belle décide de pactiser avec la bête. Elle échange sa liberté contre celle de son père. Les domestiques de la bête voient en Belle la prétendante idéale qui pourrait conjurer le sort qui pèse sur eux et le prince.

La Belle et la Bête est (toujours) sidérant de fluidité. L’animation est détaillée, limpide et magnifique.

Le début des années 90 et la Belle et la Bête marquent un tournant considérable pour les studios Disney. Si leurs films étaient déjà très appréciés du grand public, le succès de cette adaptation éponyme du fameux conte va les faire rentrer dans l’histoire. Non seulement, le film sera couronné de récompenses (Oscar de la meilleure musique, Golden Globes dans la catégorie meilleur film de comédie ou musical…), mais il va ouvrir la voie à deux autres projets qui auront autant, si ce n’est plus, de succès, à savoir Aladdin en 1992 et Le Roi Lion en 1994. Ces trois films sont des piliers, ils vont repenser la manière de considérer les techniques d’animation (techniques qui atteindront leur apogée avec Le Bossu de Notre-Dame en 1996) avant l’arrivée du numérique. La Belle et la Bête est (toujours) sidérant de fluidité. L’animation est détaillée, limpide et magnifique. Sa version restaurée donne un coup de fouet encore plus probant, laissant exploser toute la maîtrise des coups de crayon des animateurs ayant conceptualisé le film.  C’est beau ! Les pupilles se régalent, on a affaire à un très grand film sur le plan technique. La Bête est somptueuse de détails. Elle emprunte son apparence à divers animaux comme le lion, le buffle, le sanglier, l’ours, le loup ou encore le gorille. Un portrait-robot vraisemblable qui déverse un panel immense d’émotions. Ce personnage est dense, il arrive autant à nous émouvoir qu’à instaurer une peur réelle. On ressent que la Bête a été minutieusement pensée. La colorimétrie joue sans cesse en sa faveur. Le grain et l’ambiance des images changent selon l’émotion qu’elle a à exprimer, c’est un vrai délice à admirer.

Les personnages sont attendrissants, les musiques intemporelles et splendides et la magie demeure tout à fait intacte.

Du point de vue de son histoire, La Belle et la Bête, comme tous les bons films de chez Disney, renferme un florilège analytique propre à autant amuser les petits qu’à faire réfléchir les plus grands. Du syndrome de Stockholm en passant par le sexisme, le libertinage ou encore l’émancipation, le film ne déroge à aucune règle du cahier des charges des films d’animation des studios de la fameuse souris. Le film fascine et bouleverse. Ces deux sentiments opposés viennent se conjuguer au sein des innombrables chansons parcourant le film. Chaque problème offre toujours une occasion de chanter, et à ce niveau il est impossible de ne pas souligner le superbe travail d’Alan Menken. Les compositions sont riches et variées. Elles nous entraînent dans un tourbillon d'ivresse et nous transportent au cœur de sa magie. Menken n’a vraiment pas volé son Oscar, la Belle et la Bête fait partie de ces Disney dont on se souvient d’au moins une chanson par cœur. Et ne serait-ce que pour toute la panoplie de personnages secondaires aussi malicieux que tendres, il est impossible de bouder le film. Voilà la vraie force d’impact d’un classique de l’animation Disney qui reste malgré les années qui passent : les héros ne subsistent que par l’intermédiaire des seconds rôles qui les poussent à accomplir leur quête. Que ce soit Big Ben, Lumière, Zip, Plumette ou encore Mme Samovar, on ne peut pas considérer toute la beauté et la magie de ce film sans leur présence.

La Belle et la Bête est une œuvre d’une haute technicité. L’animation est splendide et riche, on en prend encore plein les mirettes plus de 20 ans après sa sortie. Les personnages sont attendrissants, les musiques intemporelles et splendides et la magie demeure tout à fait intacte. La Belle et la Bête est à voir et à revoir sans aucune modération.

Note : Exceptionnel ! Verdict : Exceptionnel !

Anthony Verschueren

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