CRITIQUE Cinquante Nuances Plus Sombres (Fifty Shades Of Grey 2 : Fifty Shades Darker)

Cinquante Nuances Plus Sombres

Critique du Film

Deux ans que nous avions la paix, bien content d’avoir rangé les fouets et autres jouets dans le placard des ignominies n’ayant jamais dû voir le jour. Bien mal nous en a pris, Christian Grey est de retour dans nos salles obscures. Si Cinquante Nuances de Grey nous avait fait sortir de nos gonds plus que de raison, nous avons affronté sa suite aussi dépité qu’un chômeur à qui le Pôle Emploi annonce qu’il n’a aucune offre correspondant à ses compétences. Cinquante Nuances Plus Sombres nous présente une Anastasia ayant décidé de couper les ponts avec son bien-aimé. De son côté, Christian accepte de tempérer ses attitudes et tente de reconquérir le cœur de sa belle. Anastasia concède à revenir avec lui à la seule et unique condition d’abroger les fameuses règles tyranniques qui les liaient jusqu’alors.

Il n’y a ni amour véritable, ni passion, ni déchaînement…

Épisode le plus intéressant (sic !) de la trilogie littéraire d’E.L. James, ce second volet devait nous montrer une Anastasia conquérante et en pleine émancipation. Dans ce volume, elle mène la danse, se rendant compte que, finalement, elle aime l’amour bestial, n’hésitant pas à demander à Christian de se montrer de plus en plus brutal dans ses rapports. À l’écran, ce ne sera pas la même mayonnaise. Certes, Anastasia donne l’illusion de contrôler son bel étalon, mais la fragilité, autant du personnage que de l’actrice, ne lui permet en aucun cas de convaincre le spectateur. Malgré tous les procédés qu’on veut bien nous faire croire, Christian reste seul maître de ses pulsions. Malheureusement, on aura, une fois encore, peine à croire en cette pseudo romance sexuelle et animale. Si les deux acteurs se montrent nettement plus à l’aise que sur le premier film, l’alchimie n’est toujours pas présente. Entre les bisous frigides et les scènes de sexe juste bonnes à émoustiller les jeunes donzelles en fleur, Cinquante Nuances Plus Sombres se prend les pieds dans sa propre fourberie. À trop vouloir proposer un produit calibré au poil de pubis près, la production en oublie totalement de lâcher prise (en dépit de ce que la bande-annonce exigeait). En résulte un montage insipide, alternant les scènes de dialogues inintéressantes, les interminables dîners romantiques et les parties de jambes en l’air aussi sado-maso que les coïts de papa et maman après 35 ans de mariage. On pourrait pointer du doigt le fait que le film ose montrer beaucoup plus de nudité que son prédécesseur (ce n’était pas dur en même temps de passer du néant complet à un peu plus), et même si les acteurs sont plaisants à regarder (on ne va pas se mentir, Dakota Johnson est très belle et Jamie Dornan fera fondre la gent féminine), le constat est sans appel : le frisson n’y est pas. Où est la passion ? Où est la bestialité ? On parle tout de même d’une relation censée être physiquement puissante, on en est bien loin quand on voit le résultat à l’écran. Et on ne va pas se priver pour s’insurger une fois de plus sur l’interdiction aux moins de douze ans. Un(e) gamin(e) de douze ans ne devrait même pas encore s’intéresser au sujet. Alors pourquoi se priver d’un projet plus osé où les acteurs pourraient définitivement se lâcher et profiter d’une interdiction aux moins de seize ans comme ce film devrait l’être ? Ah, les joies des pompes à fric…

C'est d'une tristesse abyssale !

Côté réalisation, Cinquante Nuances Plus Sombres n’est pas folichon non plus. Les ignobles déjections grisâtres laissent place à l’un des étalonnages les plus hideux que l’on ait vu depuis longtemps. À croire que les techniciens ont pris le titre au pied de la lettre : c’est sombre, on ne voit rien ! Et quand la lumière daigne pointer le bout de son nez, nous avons affaire à des couleurs surexposées et saturées. Le film agresse les rétines. Et nos tympans ne sont pas en reste pour autant. Nombreuses sont les scènes calquant leur rythme sur la bande-originale transformant l’histoire en un immense clip nauséabond. Véritable objet de souffrance attaquant le bon goût avec ferveur, on sortira de la salle aussi inexpressif que le visage ultra botoxé de Kim Basinger qui déambule péniblement au milieu de cette déjection cinématographique. Cinquante Nuances Plus Sombres dévoile tous ses défauts en nous apportant notre dose d’érotisme soft pour mamans bien-pensantes. En effet, les scènes dénudées noient le fait que les personnages ne sont jamais intéressants. On se fiche totalement de leur vie, ils sont vides de tout : vide de sens, vide de vie, vide d’ambition… Dès lors qu’on ne trouve plus rien à leur faire dire, on les fait s’envoyer en l’air sans vraiment que cela n’ait une quelconque conséquence sur la suite des événements. C'est d'une tristesse abyssale !

Cinquante Nuances Plus Sombres n’est qu’un immense remplissage dénué de tout intérêt. Il n’y a ni amour véritable, ni passion, ni déchaînement…juste du vide qui brasse sans cesse de l’air pour ne rien dire d’autre que : « vous regardez des gens riches qui forniquent ». Le véritable viol demeure celui de nos portefeuilles qui continuent à débourser de l’argent durement gagné pour admirer une énorme flaque de vomi étalonnée avec les pieds et mis en scène sans aucune conviction. Allez, accordons-lui tout de même une petite flèche d’encouragement, il aura au moins le mérite de permettre à Jean-Kévin, 12 ans, d’admirer les jolis seins de Dakota Johnson… 

Note : A louper sans aucun regret. Verdict : A louper sans aucun regret.

Anthony Verschueren

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