CRITIQUE : Double assassinat dans la rue Morgue (Murders in the Rue Morgue)


Double assassinat dans la rue Morgue

Critique du Film

Elephant Films défriche quatre pépites du cinéma d'horreur américain et anglais produit dans les années 30. Ainsi dans cette nouvelle collection Horreur, on retrouve L'île du Docteur Moreau, La Maison de la Mort, Le Fantôme Vivant et ce fameux Double Assassinat dans la Rue Morgue. 

Tout d'abord la Rue Morgue à Paris n'existe pas, elle est une pure invention d'Edgar Allan Poe pour sa nouvelle éponyme et maintes fois reprises au cinéma depuis. Mais cette production de 1932 est la première adaptation de l'oeuvre de Poe dû à Robert Florey. Robert Florey est un réalisateur franco-américain connaissant plutôt bien Paris. Si au départ, il se destine à mettre en scène de façon ambitieuse une adaptation de Frankenstein de Mary Shelley, le poste lui passe sous le nez par un réalisateur anglais, James Whale pour le succès connu de tous. Pour apaiser les quelques tensions, la Universal offre à Florey la mise en scène de Double assassinat dans la Rue Morgue qui s'en ravit. L'homme s’échine alors à des décors expressionnistes de la ville de Paris. La ville est sombre et sale, les coins de ruelle sont inhospitaliers, un décorum idéal pour un spectacle d'horreur.

Double Assassinat dans la Rue Morgue se regarde avec amusement et un certain plaisir.

Tout commence dans l'antre d'un bar proposant des attractions de cirque. Florey donne cette impression d'être dans la Cour des Miracles. Mais nous faisons connaissance avec le Dct Mirakkle interprété par le grandissime Bela Lugosi. L'acteur hongrois sort tout juste du Dracula de Tod Browning. Le sourire pernicieux, l'oeil pétillant et les sourcils broussailleux, Bela Lugosi offre sa grande composition habituelle dans le rôle du méchant. Il est un savant fou essayant de combiner les ADN d'humains avec celui du singe.
Suite à cette introduction assez grandiose, Double Assassinat dans la Rue Morgue ne s'émancipe vraiment jamais. Robert Florey n’élève jamais le niveau d'une production commerciale. Vue comme un succès facile par les pontes de la Universal, Double Assassinat dans la Rue Morgue sera un relatif échec. Pas de quoi décontenancer Robert Florey à la longue filmographie se concluant sur une retraite paisible avec la mise en scène des célèbres séries TV des années 60 (Alfred Hitchcock Présente  ; La Quatrième Dimension  ; Au-delà du réel).

Mais le long-métrage marque les esprits par cette séquence finale où le singe enlève la belle jeune femme blonde sur les toits de Paris sous les yeux éberlués des passants. Le singe passe de toit en toit poursuivi par l'amant/détective/scientifique/héros de l'histoire. Une séquence prémices des grandes aventures du King Kong de Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper en salles l’année suivante. Ici nous ne sommes pas sur des trucages image par image, le singe étant un homme dans un costume, un effet plutôt visible et laid que Florey gère avec doigté et minimalisme alternant par de véritables séquences avec un chimpanzé.

Si aujourd'hui Double Assassinat dans la Rue Morgue se regarde avec amusement et un certain plaisir, il faut avouer que le film reste assez désuet en dépit d'un certain charme appelant à la nostalgie de ces produits de studio. Le travail est soigné par des artistes dotés d'un vrai œil de cinéma, mais le produit, malgré sa courte durée, ennuiera poliment s'adressant aux connaisseurs et véritables cinéphiles saluant ses sorties.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Informations

Détails du Film Double assassinat dans la rue Morgue (Murders in the Rue Morgue)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Fantastique
Version Cinéma Durée 61 '
Sortie 21/02/1932 Reprise 25/01/2017
Réalisateur Robert Florey Compositeur
Casting Bela Lugosi
Synopsis Tandis que le docteur Miracle se livre à d'étranges expèriences sur un gorille, des cadavres de femmes sont repéchés dans la Seine. Un étudiant en médecine examine les corps.

Par Mathieu Le Berre