Critique Malavita (The Family)

Malavita
Malavita de Luc Besson s’avère être une surprise plus qu’agréable. Véritable plaisir coupable, on se délecte des fumisteries incessantes de la famille Blake. Le langage charretier global qui enveloppe le film en fait une sorte d’immense blague...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Quand Luc Besson décide d’écrire, produire et réaliser un film, on obtient Malavita. Adapté du roman éponyme de Tonino Benacquista, il raconte l’histoire d’une famille ordinaire d’apparence qui cache de lourds secrets. Réunissant un casting prestigieux (Michelle Pfeiffer, Robert De Niro, Tommy Lee Jones…), Besson s’octroie une approche burlesque pour une folie de près de deux heures qui ne manque pas de panache.

Malavita est un véritable plaisir coupable.

Malavita est un véritable plaisir coupable. Réussissant à garder la force du support d’origine, Luc Besson nous balance une petite bombe folle dans un village bien triste de monotonie. Pfeiffer en femme hystérique qui fait tout péter dès lors qu’on lui manque de respect est hilarante. Absente des plateaux de cinéma, elle a bien tenté un retour en force dans Dark Shadows de Tim Burton, mais c’est vraiment avec Malavita qu’elle peut se targuer d’y être arrivée. Dianna Agron campe un personnage au plus proche du roman. Sa beauté ravageuse illumine chacune de ses apparitions mais n’a d’égale que sa capacité à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Plus jamais vous n’aurez d’idées obscènes derrière la tête lorsque vous emmènerez une jeune fille en pique-nique. John D’Leo est également fidèle à l’ouvrage de Tonino Benacquista : petit, vicieux, manipulateur, violent. Il ne rêve que de reprendre l’entreprise familiale : business is business ! De Niro joue avec les codes mafieux qui ont fait de lui l’artiste talentueux qu’on lui connait. A l’instar d’un Mafia Blues très discutable, il fait réellement rire dans sa posture de parrain gaffeur. Le film se permettra même de faire un rapprochement entre Les Affranchis et le véritable vécu du personnage de De Niro sur la musique de Tony Bennett qui ouvrait le film de Scorsese, jouissance extrême pour un très beau clin d’œil. Une belle brochette de fous furieux qu’est ce quatuor familial protégé par un Tommy Lee Jones aux traits fatigués. Le pauvre type n’en peux vraiment plus de supporter les caprices de cette famille atypique et est véritablement drôle dans ce rôle.

Besson jouit d’une double culture lui permettant de tourner facilement en ridicule tous les clichés qui subsistent sur la vision que les français ont des américains et vice-versa. Le plombier arnaqueur, l’épicier malpoli, le maire arrogant ou même encore la scène du barbecue qui en est l’exemple type : tout le monde se languit de goûter à un véritable hamburger typique. Les Blake ne sont pas vus comme des parias mais plutôt comme des extra-terrestres.

Chacun y va de son petit potin pour ficher une culture qui les dépasse. 

Chacun y va de son petit potin pour ficher une culture qui les dépasse. On s’amuse à être considéré comme des bouseux imbus de nous-même…cela dit, l’individualisme ambiant qui règne dans Malavita n’est pas si éloigné de la mentalité de la plupart des français malheureusement. Loin de vouloir proposer une critique satirique de notre société, Besson mène son récit d’une main de maître. On y découvre une facette plus légère de notre réalisateur : il n’en fait pas des tonnes. On est loin de Léon ou du Cinquième Elément dans la virtuosité c'est certain, mais c’est franchement plaisant de le voir nous proposer une vision autre du genre qu’il maîtrise. L’essai est vraiment concluant et nous ne comprenons vraiment pas l’énorme vague de critique négative à son égard. De plus, l’esthétisme global du film se rapproche beaucoup du cinéma de Jeunet avec son ambiance volontairement jaunâtre. Un bon point qui rend l’univers « cocorico en folie » des plus agréables.

Malavita s’avère être une surprise plus qu’agréable. Véritable plaisir coupable, on se délecte des fumisteries incessantes de la famille Blake. Le langage charretier global qui enveloppe le film en fait une sorte d’immense blague grivoise et, avouez-le, on en est tous friand.

Informations

Détails du Film Malavita (The Family)
Origine Etats Unis - France Signalétique Sensibilité Spectateurs
Catégorie Film Genre Action - Comédie
Version Cinéma Durée 112 '
Sortie 23/10/2013 Reprise -
Réalisateur Luc Besson Compositeur Evgueni Galperine
Casting Robert de Niro - Michelle Pfeiffer - Tommy Lee Jones - Dianna Agron - John D'Leo
Synopsis Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien.

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