CRITIQUE : Le Divan de Staline


Le Divan de Staline

Critique du Film

Discrète, la carrière de réalisatrice de Fanny Ardant a néanmoins de l'allure, à l'image de l'actrice. Passionnée par tout ce qui touche à la Russie, Ardant adapte donc un roman de Jean-Daniel Baltassat pour donner vie à son troisième long-métrage : Le Divan de Staline.

Le film, enveloppé dans une atmosphère de conte avec son château, sa brume et son ogre, décide volontairement de ne pas s'ancrer dans un contexte précis. Difficile de toute façon d'être dans la réalité des faits quand on met en scène un film sur Staline qui parle français et qui est joué par Gérard Depardieu ! Mais Fanny Ardant se moque bien de la réalité, elle s'intéresse à la vérité. Et elle va tâcher de s'approcher des failles de ses personnages pour mieux montrer Staline comme un être humain comme les autres, terrible, seul et face à ses peurs même s'il refuse de se l'avouer. Se reposant dans un château au milieu de la forêt, le dictateur est fasciné par la présence d'un divan ressemblant à celui de Freud dans son bureau. Il demande alors à Lidia, sa maîtresse, de jouer à la psychanalyse (qu'il considère comme étant une chose pour les ''pervers bourgeois'') la nuit. Pendant ce temps, Danilov, un jeune peintre, attend d'être reçu par Staline pour lui présenter le monument d'éternité qu'il prépare à sa gloire. Entre les trois se tisse, mine de rien, un rapport trouble et pervers et ce d'autant plus dérangeant que rien n'échappe à Staline, aucune escapade de Lidia, aucune conversation. Tout le monde est surveillé de près et chaque personne peut, à tout moment, subir le courroux du dictateur qui envoie les gens au goulag comme on parle de la pluie et du beau temps.

Un joli film parfois un peu figé mais nappé dans une jolie atmosphère et porté par une interprétation puissante de Gérard Depardieu.

Fascinant par tous les thèmes abordés, Le Divan de Staline est un film un peu trop démonstratif, tâchant de comprendre un maximum de thématiques possibles avec un temps limité. L'exercice n'est pas sans rappeler Louis-Ferdinand Céline avec son côté appliqué, son propos pompeux et ses trois personnages. Mais Fanny Ardant sait insuffler à l'ensemble une autre dimension en lui donnant des allures de conte cruel. Nappé dans une brume abritant les peurs et les vices, le film montre Staline comme un ogre en proie à ses propres démons, s'exprimant par des rêves qu'il demande à Lidia de lui expliquer. En dépit de toujours passionner, Le Divan de Staline fascine car chaque scène a quelque chose à raconter et tâche de nous offrir une réflexion sur l'enfance, le temps qui passe, l'amour, le désir, la peur, le pouvoir, l'art, l'ambition... Si Fanny Ardant peine à toujours rendre l'ensemble convaincant par une écriture trop figée, elle se montre à la hauteur lorsqu'elle dévoile sa fin, inéluctable et mélancolique. Et puis il y a de belles interprétations : Depardieu imprévisible et presque bestial en Staline, Emmanuelle Seigner en maîtresse sur le qui-vive et Paul Hamy en artiste ambitieux et tourmenté.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Informations

Détails du Film Le Divan de Staline
Origine France - Portugal Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Historique
Version Cinéma Durée 92 '
Sortie 11/01/2017 Reprise -
Réalisateur Fanny Ardant Compositeur Non Renseigné
Casting Gérard Depardieu - Emmanuelle Seigner - Paul Hamy - François Chattot
Synopsis Staline vient se reposer trois jours dans un château au milieu de la forêt. Il est accompagné de sa maîtresse de longue date, Lidia. Dans le bureau où il dort, il y a un divan qui ressemble à celui de Freud à Londres. Il propose à Lidia de jouer au jeu de la psychanalyse, la nuit. Durant le jour, un jeune peintre, Danilov attend d’être reçu par Staline pour lui présenter le monument d’éternité qu’il a conçu à sa gloire. Un rapport trouble, dangereux et pervers se lie entre les trois. L’enjeu est de survivre à la peur et à la trahison.

Par Alexandre Coudray