Critique Le Fondateur (The Founder)

Le Fondateur
Jamais caustique comme on l'attendait, Le Fondateur de John Lee Hancock est une apologie peu subtile du capitalisme vorace, s'attachant à faire le portrait d'un vrai salaud en espérant qu'on s'y attache.

Verdict Note : A louper sans aucun regret. A louper sans aucun regret.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Tout le monde connaît McDonald's, tout le monde y a mangé au moins une fois dans sa vie mais est-ce que tout le monde connaît l'histoire de la firme ? Avec Le Fondateur, John Lee Hancock s'attache donc à nous montrer comment McDonald's tel qu'on le connaît est né. Car à la base, il s'agissait simplement d'un restaurant tenu par les frères McDonald où l'on pouvait être servi en trente secondes et avoir un burger pour 15 centimes. Jusqu'au jour où débarque Ray Kroc dans la vie des deux frangins. Et ils le regretteront amèrement...

Ray Kroc est un américain comme les autres, un débrouillard qui a toujours su ramener de l'argent à la maison mais qui a toujours rêvé plus grand. Représentant de commerce pour des Multi-mixeurs facilitant la préparation des milkshakes, il est surpris d'apprendre que le restaurant tenu par les frères McDonald a besoin de six des produits qu'il vend. Halluciné par la quantité de milkshakes que ce restaurant doit produire, il se rend sur place et est frappé par la qualité de sa nourriture et la rapidité du service. Et pour cause, les frères McDonald ont inventé le fast-food tel qu'on le connaît aujourd'hui. Flairant le filon et saisissant l'opportunité d'une vie, Kroc, alors âgé de 52 ans mais ayant toujours la niaque, décide de franchiser le restaurant et de s'implanter dans tout le pays. Cernant rapidement tout le potentiel de McDonald's, Kroc met en place un plan d'enfer : il veut voir un restaurant McDonald's dans chaque ville comme on y trouve des églises et des tribunaux. S'il a du mal à tout mettre en place, on ne tarde pas à lui souffler une idée géniale qui le rendra riche : si un contrat le lie avec les frères McDonald et l'empêche de trop agir au sein des restaurants, il sera alors propriétaire des terrains sur lesquels les restaurants sont implantés. Plutôt que d'être dans la restauration, il sera dans l'immobilier et c'est là qu'il touche à son but. Il ne lui reste plus qu'à dégager les frères McDonald du tableau et son empire sera total...

Jamais caustique comme on l'attendait, Le Fondateur est une apologie peu subtile du capitalisme vorace, s'attachant à faire le portrait d'un vrai salaud en espérant qu'on s'y attache.

Le Fondateur, vous l'aurez compris, oppose rapidement deux visions du capitalisme : celle des frères McDonald, honnête et pétrie de principes et celle de Ray Kroc, impitoyable et tourné vers l'argent. Le Fondateur est peut-être le récit d'une success-story mais c'est aussi le portrait terrible d'un connard arrogant qui devient riche en piétinant les autres. Non content de refuser aux frères McDonald tout pourcentage sur les revenus des restaurants, Kroc ira jusqu'à faire construire un restaurant franchisé en face de celui des frères McDonald, dépouillés de leur nom. Ce qui gêne d'ailleurs dans le film, c'est qu'il fait quasiment l'apologie d'un type terrible et de son capitalisme ravageur. Loin d'avoir un vrai regard critique sur son sujet, John Lee Hancock filme son histoire de façon tout à fait impersonnelle tandis que rien dans le scénario (si ce n'est les actes de Kroc) ne laisse transparaître le moindre point de vue, le moindre jugement sur les agissements de Kroc.

Le problème n'est pas que le personnage principal du film soit un salaud. Un salaud a toujours fait un très bon personnage de cinéma. Le problème est que le film semble cautionner la moindre chose que fait ce salaud. Quand David Fincher réalise The Social Network, il nuance la success-story de Mark Zuckerberg en le montrant solitaire et sans amis. Ici Ray Kroc a tout, allant même jusqu'à finir par se marier avec la femme d'un collègue qu'il convoitait depuis le début ! Là où on aurait espéré un film cynique critiquant vivement le capitalisme, on se retrouve avec une œuvre qui nous laisse le cul entre deux chaises et qui semble nous montrer que la seule solution pour devenir riche, c'est d'être un connard, d'entuber ceux qui nous inspirent, de divorcer de sa femme ennuyeuse pour piquer celle d'un autre et de n'avoir aucun remords. Sans nuance et sans point de vue, Le Fondateur n'arrive jamais à convaincre et va même jusqu'à nous dégoûter une fois que la découverte de la naissance de McDonald's est faite. Excepté durant les dix premières minutes du film, Michael Keaton ne rend jamais son personnage sympathique et nous n'aurons jamais aucun élément auquel nous raccrocher pour qu'il trouve grâce à nos yeux. Face à tant d'horreur cautionnée par une mise en scène fade et un scénario qui a visiblement du mal à cacher son admiration pour Kroc, Le Fondateur n'est jamais le film caustique qu'il aurait pu être, il n'est qu'un produit sans intérêt et peu ragoûtant avec ça...

Informations

Détails du Film Le Fondateur (The Founder)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie Dramatique - Biopic
Version Cinéma Durée 115 '
Sortie 28/12/2016 Reprise -
Réalisateur John Lee Hancock Compositeur Carter Burwell
Casting Michael Keaton - Patrick Wilson - Laura Dern - John Carroll Lynch - Nick Offerman - Linda Cardellini - B.J. Novak
Synopsis Dans les années 50, Ray Kroc rencontre les frères McDonald qui tiennent un restaurant de burgers en Californie. Bluffé par leur concept, Ray leur propose de franchiser la marque et va s'en emparer pour bâtir l'empire que l'on connaît aujourd'hui.

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