Critique Rogue One : A Star Wars Story

Rogue One : A Star Wars Story
En dépit d'une première partie longuette et un peu pauvre en terme d'enjeux, Rogue One de Gareth Edwards s'impose rapidement comme un spin-off réussi de par son ambition et sa deuxième partie, véritable moment de cinéma chargé de tension.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Alors que tout le monde trépigne d'impatience en attendant l'épisode VIII de la saga intergalactique la plus célèbre de tous les temps, voilà que débarque en salles le non moins attendu Rogue One : A Star Wars Story. Premier film à se dérouler dans l'univers Star Wars en se situant en dehors de la saga (tout en étant pourtant largement ancrée dedans), Rogue One est donc le premier spin-off d'une longue série, ouvrant les hostilités afin d'inscrire Star Wars dans un univers cinématographique plus large. Plus qu'un spin-off, c'est d'ailleurs carrément un préquel à l'épisode IV. En effet, au début de ce premier film, on découvrait via le texte défilant d'ouverture qu'une équipe de rebelles avait récupéré les plans de la terrible Étoile Noire lors d'une mission suicide. Ces fameux plans qui permirent à Luke de détruire l’Étoile Noire. Ce qui n'est tout de même pas rien. Mais alors comment s'est déroulée cette mission ? C'est la question à laquelle répond Rogue One, mettant en avant des personnages inédits sans jamais omettre de les inscrire au sein d'un univers parfaitement reconnaissable.

Ce que l'on ne pourra pas reprocher à Rogue One, c'est sa volonté de faire du cinéma alliant le divertissement populaire et spectaculaire avec une envie d'un ton plus adulte et plus sombre. Le film, terrain de jeu pour ses scénaristes (parmi lesquels on trouve Tony Gilroy) et pour son réalisateur (dont le savoir-faire n'est plus à prouver, en témoigne son excellent Monsters et les fulgurances de son Godzilla), permet donc de développer en profondeur une histoire qui a de l'allure en nous présentant une galerie de personnages auxquels on pourra s'attacher même si l'on connaît tous l'issue qui les attend.

Ne pouvant donc pas se reposer sur le suspense, Rogue One décide de prendre son temps afin de bien installer son histoire, nous présentant Jyn Erso, héroïne individualiste qui passe son temps à fuir et à se cacher à travers la galaxie car elle n'est autre que la fille de Galen Erso, l'un des principaux concepteurs de l’Étoile Noire, sous la contrainte du terrible Directeur Krennic. Mais Galen a créé une faille au sein de cette machine de mort et c'est aux rebelles, assistés par Jyn, d'en récupérer les plans. Avant que la mission proprement dite ne commence, Rogue One nous présente donc ses personnages, tachant de nous attacher à eux avec plus ou moins de réussite. Si Felicity Jones est franchement impeccable dans le rôle principal, Diego Luna manque cependant de charisme en capitaine rebelle tourmenté. Il en sera de même pour le personnage de Krennic à qui Ben Mendelsohn donne vie sans pour autant réussir à le rendre foncièrement intéressant, le personnage n'ayant que deux actions à jouer pendant tout le film. Heureusement certains seconds rôles viennent donner du corps à l'ensemble : Donnie Yen en énigmatique aveugle, Alan Tudyk en droïde sardonique, Forest Whitaker en extrémiste rebelle sous-exploité mais intéressant, Mads Mikkelsen dans un rôle touchant et même quelques autres surprises qui tiennent à la fois du fan-service, de l'hommage et de la cohérence, ancrant définitivement le film entre les épisodes III et IV.

En dépit d'une première partie longuette et un peu pauvre en terme d'enjeux, Rogue One s'impose rapidement comme un spin-off réussi de par son ambition et sa deuxième partie, véritable moment de cinéma chargé de tension.

Cette mise en place, aussi nécessaire que laborieuse, laisse planer pendant un moment un sérieux doute sur la qualité de ce Rogue One. On en saisit les ambitions mais le scénario tourne beaucoup trop autour du pot sans vraiment donner vie aux enjeux et aux personnages. Heureusement, le film viendra se rattraper dans sa seconde partie, véritable moment de cinéma épique et sombre, clairement le meilleur depuis L'Empire contre-attaque et le final de La revanche des Sith. Avec une scène spectaculaire alliant bataille terrestre et aérienne tout en sachant se concentrer sur les enjeux et mettre ses personnages en danger (c'est d'ailleurs la première fois que l'on sent un tel danger et une telle urgence dans un film estampillé Star Wars), Rogue One nous en met plein les yeux et vient presque excuser sa mise en place longuette et pas toujours passionnante. On dit bien presque car nul doute que cette deuxième partie aurait eu encore plus d'impact si les personnages avaient été mieux écrits auparavant.

Ne boudons tout de même pas notre plaisir. Car si Rogue One est avant tout une œuvre commerciale, elle charrie avec elle une envie de cinéma sincère. Gareth Edwards est habile et maîtrise d'ailleurs les scènes de combat avec une fluidité étonnante. Filmant auprès des personnages, il nous fait partager le risque auquel ils font face à chaque instant, délivrant un véritable moment de bravoure que l'on aurait bien prolongé, allant même jusqu'à donner aux événements les plus tragiques des images sublimes, assumées jusqu'au bout.

Avec son envie de ne pas se reposer sur ses acquis et de proposer quelque chose de nouveau, Rogue One parvient donc à séduire. L'ampleur est certes moindre que celle de l'épisode VII mais sa visée plus intime, plus inédite, moins calibrée, est donc plus audacieuse. Apportant une véritable énergie à son récit, Gareth Edwards filme un combat sans issue basé sur un espoir et va même au passage redorer le blason de Dark Vador, apparaissant ici dans toute sa puissance et la terreur qu'elle inspire. De quoi nous régaler si l'on passe outre une première heure tout de même bien plus laborieuse qu'elle n'aurait dû être...

Informations

Détails du Film Rogue One : A Star Wars Story
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Science - Fiction
Version Cinéma Durée 134 '
Sortie 14/12/2016 Reprise -
Réalisateur Gareth Edwards (II) Compositeur Michael Giacchino
Casting Forest Whitaker - Donnie Yen - Riz Ahmed - Mads Mikkelsen - Alan Tudyk - Diego Luna - Ben Mendelsohn - Felicity Jones
Synopsis Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.

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