Critique Les Animaux Fantastiques (Fantastic Beasts and Where to Find Them)

Les Animaux Fantastiques
En dépit d'un contexte passionnant, Les Animaux Fantastiques peine à cacher sa nature première : être une immense machine à pognon impressionnante mais dénuée d'âme. Quand Colin Farrell ne peut même pas sauver l'ensemble avec son charisme, l'heure...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Hollywood est une immense machine à fric et ça J.K. Rowling l'a bien compris. Se rendant compte du potentiel qu'elle tenait entre les mains, l'auteure a même décidé de transformer ce qui devait être une trilogie en une saga de cinq films. Et sur le principe, pourquoi pas ? Si elle a envie d'explorer un peu plus son univers et de nous faire rêver avec un peu de magie, nous sommes les premiers partants et ce d'autant plus que nous faisons partie de la génération qui a grandi avec Harry Potter. Le contexte est d'ailleurs passionnant : le New York des années 20 alors que Norbert Dragonneau (le fameux auteur du livre Vie et habitat des animaux fantastiques étudié à Poudlard) y débarque, une valise magique remplie d'animaux fantastiques à la main. Sa rencontre avec une Auror destituée et un moldu va contrarier ses plans et menacer l'équilibre qui règne entre les Sorciers et les moldus, les Sorciers vivant dans l'ombre pour ne pas se faire remarquer. Alors que l'ombre du diabolique Grindelwald (Johnny Depp, annoncé au casting de la suite) plane sur la communauté magique, Norbert (Newt Scamander en vo, beaucoup plus classe) va être suspecté d'être à l'origine de la mise en liberté d'une entité ravageant la ville même si Percival Graves, sorcier influent dans la communauté, semble en savoir plus long qu'il ne le dit sur le sujet...

Si l'on était donc en droit d'attendre quelque chose de foncièrement original et plaisant dans Les Animaux Fantastiques, J.K. Rowling et David Yates ont décidé d'être déceptifs et ce en dépit du potentiel énorme qu'ils ont entre les mains. On ne peut pas nier que le film s'affranchit rapidement de la saga Harry Potter, affichant un ton plus léger (voire parfois grivois), une histoire plus rythmée et aventureuse et tout de même suffisamment de fan-service pour que tout le monde soit content. Oui mais J.K. Rowling a construit un scénario bancal et faible, n'embrassant pas tous ses enjeux, préférant se concentrer sur une chasse aux animaux rocambolesque occupant les deux tiers du film plutôt que de se pencher sur ses personnages.

En dépit d'un contexte passionnant, Les Animaux Fantastiques peine à cacher sa nature première : être une immense machine à pognon impressionnante mais dénuée d'âme. Quand Colin Farrell ne peut même pas sauver l'ensemble avec son charisme, l'heure est tout de même grave.

Forcément ça ne nous laisse pas le temps de réfléchir et c'est drôlement bien foutu au niveau des effets spéciaux mais impossible de ne pas y voir de la poudre aux yeux : la scénariste ne sait pas trop quoi faire de ses personnages en témoigne celui à l'origine de l'entité (plus stupide, tu meurs) et s'attarde sur les moins intéressants alors qu'elle a pourtant sous la main tout un univers qui ne demande qu'à dévoiler toute sa complexité (en cela, la scène dans le bar avec Ron Perlman en gobelin fonctionne parfaitement). Si Katherine Waterston (découverte dans Inherent Vice) obtient un rôle touchant sur lequel on a envie de s'attarder, on ne peut en dire autant de Dan Fogler, élément comique un peu rébarbatif tandis que Colin Farrell et son charisme monstre sont terriblement sous-exploités. Et puis il y a Eddie Redmayne, visiblement pas remis de son rôle de Stephen Hawking dans Une merveilleuse histoire du temps, offrant une prestation la tête penchée, ne regardant jamais ses interlocuteurs dans les yeux, l'air autiste, voulant visiblement nous dire quelque chose sur son personnage sans qu'on ne sache jamais vraiment quoi.

L'ensemble n'est évidemment pas aidé par la réalisation inepte de David Yates, gentil faiseur en qui la Warner semble avoir la foi puisque celui-ci se contente de faire les choses avec un minimum de savoir-faire mais sans âme, sans point de vue. Le film qui en résulte est une œuvre hautement divertissante et loin d'être indigne, certes mais capitalisant sur ses suites (que l'on espère mieux écrites et plus construites), on ne sent pas l'âme qu'il y a derrière, on sent surtout tout le monde qui s'en met plein les poches. Ce qui est bien dommage car sans âme, il n'y a pas vraiment de magie...

Informations

Détails du Film Les Animaux Fantastiques (Fantastic Beasts and Where to Find Them)
Origine Etats Unis - Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Aventure - Fantastique
Version Cinéma Durée 133 '
Sortie 16/11/2016 Reprise -
Réalisateur David Yates Compositeur James Newton Howard
Casting Ron Perlman - Colin Farrell - Katherine Waterston - Eddie Redmayne - Alison Sudol - Dan Fogler - Ezra Miller
Synopsis 1926. Norbert Dragonneau rentre à peine d'un périple à travers le monde où il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques. Il pense faire une courte halte à New York mais une série d'événements et de rencontres inattendues risquent de prolonger son séjour. C'est désormais le monde de la magie qui est menacé.

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