Critique Sing Street

Sing Street
Sing Street est un film irlandais réalisé par John Carney. Il met en scène de jeunes nouveaux acteurs ainsi qu'Aidan Gillen, connu pour son rôle de Peter Baelish dans Game of Thrones.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Aymeric DUGENIE

Critique du Film

Mais quel est donc le secret du cinéma anglo-saxon ? Qu’il soit anglais ou irlandais, c’est manifestement le même combat. Ces cinéastes semblent dotés d’un véritable talent de l’équilibre. Ce n’est pas toujours la perfection que les caractérise, mais qu’est-ce qu’ils sont doués lorsqu’il s’agit de justesse. Que ce soit l’humour ou le drame, la romance ou le suspense, ils savent comment ne jamais franchir la ligne de la lourdeur et proposer une production extrêmement soignée. Pourtant ce n’est pas une histoire débordante d’originalité. Dans les années 80’, un adolescent nommé Conor, dont les parents ne s’aiment plus mais ne pouvant encore divorcer à cette époque, se retrouve par conséquent muté dans une école publique. Très vite malmené par les caïds de l’établissement, il doit trouver un moyen de se faire respecter. C’est là qu’il fait la rencontre de Raphina, une fille plus âgée dont il tombe rapidement amoureux. Sentant qu’il ne pourra jamais vraiment séduire cette fille, qui joue dans la cour des grands par rapport à lui, il décide de l’impressionner en prétextant faire partie d’un groupe. Mais comme ce n’est pas bien de mentir, il suffit de faire du mensonge une réalité. Rien de plus simple ? 

Excellent feel good movie, bien dosé et et motivant.

Sing Street aborde de nombreuses difficultés de la vie familiale et sociale. Basé sur des éléments vécus par le réalisateur, on constate l’évolution de maturité de Conor, son passage progressif à l’âge adulte. Le fait que ses parents ne puissent pas divorcer légalement, sa place en tant que troisième enfant dans la famille, sa découverte de l’amour ou encore la persécution qu’il subit au quotidien dans son nouvel établissement. Mais au travers de tout ça c’est une ode à la musique qui se joue devant nos yeux, abordant également le thème des conflits de génération. Sur ses airs de feel good movie, Sing Street retrace une partie de l’histoire de la musique et l’assimile à un état d’esprit à avoir, une maturité à acquérir, une sensibilité à découvrir. Notre héros est ébahi par l’apparition de clips vidéo et des nouveaux groupes en vogue pendant que son grand frère lui inculque la vie à grands coups de classiques de Rock. L’histoire nous incite en toute simplicité d’avoir le courage de se lancer dans un projet, une relation, n’importe quel domaine tant qu’on y croit. C’est un peu le principe du feel good movie certes, mais il y a ici cette innocence chez les personnages qui ne se posent même pas la question de savoir s’ils vont échouer ou si cela est réalisable, financièrement ou humainement parlant. Ils se lancent dans ce projet avec une véritable candeur et une sincérité qui force le respect. C’est là que la justesse du cinéma anglo-saxon opère. A l’exception de quelques scènes un peu forcées, notamment sur les moments en tête à tête entre Conor et Raphina, qui correspondent néanmoins à la psychologie des protagonistes, à aucun moment on essaie de nous tirer la larme de l’œil.

Malgré quelques légers défauts, John Carney confirme son attrait pour les films musicaux et sa capacité à les réaliser.

On peut d’ailleurs en conclure que le film souffre de quelques faiblesses. Certains personnages sont vraiment très peu mis en avant et apparaissent presque comme du remplissage. On pourrait également penser que leur band(e) est un peu caricatural, le héros en quête d’identité, l’intello qui sait jouer de tout, un homme de couleur pour remplir le quota racial, un roukmout parce que quand même on est en Irlande, le duo un peu comique bad boys et la starlette qui attire tous les regards. Malgré tout, les personnages ont tous une identité propre vraiment intéressante et bien développée. Ils ont tous leur caractère qui s’incruste bien dans le cadre d’un groupe de rock. En sommes, malgré quelques détails dommageables, il en résulte un excellent film qui donne la pêche et qui donne envie de se motiver à réaliser nos projets, à être ambitieux. Après New York Melody ou Once, John Carney continue son aventure des films musicaux, ou à portée musicale, et confirme sa maîtrise du genre. Indéniablement un cinéaste qui deviendra plus connu à l’avenir dans nos contrées françaises.

Informations

Détails du Film Sing Street
Origine Etats Unis - Angleterre - Irlande Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie - Drame
Version Cinéma Durée 106 '
Sortie 26/10/2016 Reprise -
Réalisateur John Carney Compositeur Gary Clark
Casting Ferdia Walsh-Peelo - Lucy Boynton
Synopsis Dublin, années 80. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7, vibrent dans les écouteurs des walkmans et le rendez-vous hebdomadaire devant « Top of the Pops » est incontournable. Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, est obligé à contrecoeur de rejoindre les bancs de l’école publique dont les règles d’éducation diffèrent de celles de l’école privée qu’il avait l’habitude de fréquenter. Il se retrouve au milieu d’élèves turbulents qui le malmènent et de professeurs exigeants qui lui font rapidement comprendre qu’en tant que petit nouveau, il va devoir filer doux. Pour s’échapper de cet univers violent, il n’a qu’un objectif : impressionner la plus jolie fille du quartier, la mystérieuse Raphina. Il décide alors de monter un groupe et de se lancer dans la musique, univers dans lequel il ne connait rien ni personne, à part les vinyles de sa chambre d’adolescent. Afin de la conquérir, il lui propose de jouer dans son futur clip.

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