Critique Les 7 Mercenaires (The Magnificent Seven)

Les 7 Mercenaires
Moins iconique que ses précédentes versions, Les Sept Mercenaires version 2016 réalisée par Antoine Fuqua déploie tout un arsenal qu'il serait dommage de bouder.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Antoine Fuqua a décidé de concrétiser un rêve de gosse : réaliser un western. Le cinéaste s'attelle alors à une nouvelle adaptation des Sept Mercenaires, moyen d'attirer des fonds à Hollywood pour réaliser, sous couvert d'un western, un fantasme de cinéaste américain tant le genre est ancré dans la culture de ce pays. En interview, Fuqua le disait lui-même : malgré les difficultés et les aléas d'un tournage en extérieur, les acteurs étaient tous heureux de faire partie de l'aventure, de monter à cheval et de dézinguer des méchants plus vite que leur ombre.

Éclipsons d'ailleurs tout de suite un faux problème du film : oui c'est un remake d'un grand classique du western (avec en plus des icônes comme Yul Brynner, Steve McQueen et Charles Bronson au casting) mais celui-ci était déjà le remake d'un monument du cinéma japonais : Les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa. Alors oui le film d'Antoine Fuqua est un remake mais comme il était difficile de comparer le film de Kurosawa et de John Sturges, on évitera de se mettre en tête des comparaisons qui nuiraient au plaisir que procure cette version de 2016, réalisée 56 ans après la version de Sturges et donc susceptible d'apporter une nouvelle grille de lecture à cette histoire qu'Hollywood a eu la jugeote de laisser longtemps de côté. Indispensable ce remake ? Pas plus qu'un autre. Mais c'est une belle réussite.

Moins iconique que ses précédentes versions, Les Sept Mercenaires version 2016 déploie tout un arsenal qu'il serait dommage de bouder.

Déjà parce que le scénario écrit par Nic Pizzolatto (le créateur de True Detective) et Richard Wenk a pris soin d'offrir une belle palette hétéroclite de mercenaires : un afro-américain en leader, un cajun, un mexicain, un indien et même un asiatique (Lee Byung-hun, déjà vu dans le western Le Bon, la Brute et le Cinglé). Non seulement cela témoigne de la diversité d'un pays en mutation après la guerre de Sécession (et qui permet alors l'amitié entre deux adversaires) mais cela apporte une vraie profondeur aux héros, parfois un peu lisses dans la version de 1960 et qui se retrouvent ici dotés d'une réelle personnalité. Changement majeur également, les mercenaires arrivent en ville pour la sauver des griffes d'un entrepreneur belliqueux et non pas d'un groupe de pillards. Ici le méchant Bogue (Peter Sarsgaard, regard torve à l'appui) veut tout simplement se débarrasser de la ville de Rose Creek pour mieux exploiter sa mine. Et surtout le leader Sam Chisolm a d'autres motivations que la simple bienfaisance, entraînant finalement six autres compères vers une mort certaine pour une raison personnelle.

Sans trop appuyer sur la profondeur des personnages mais en la laissant entendre par des bribes de dialogues ou des échanges de regards, Antoine Fuqua parvient à donner une vraie dimension tragique à son récit tout en restant dans l'aspect complètement divertissant et barbare du genre. S'accrochant aux valeurs essentielles du cinéma américain, les personnages acceptent de mener un combat dont ils ne sortiront pas forcément vivants mais ce n'est pas grave du moment qu'ils se battent pour une bonne cause et aux côtés d'hommes qu'ils respectent. En allant vers cette simplicité, le film offre alors un climax musclé aux enjeux dramatiques majeurs et dont le moindre impact de balle tord le ventre tant il pourrait atterrir dans la panse de l'un de nos personnages préférés.

Réalisé avec un talent certain, Les Sept Mercenaires montre que Fuqua peut s'adapter à tous les genres et qu'il reste très doué quand il s'agit de faire monter la tension ou de filmer l'action. Ici pas de caméra mouvante et de plans illisibles mais que des cadres soignés permettant une action lisible (ce qui est d'autant plus réjouissant face à l'amplitude du climax) et baignés dans une lumière chaude. Soutenu par une composition solide et nerveuse du défunt James Horner (partition complétée par Simon Franglen), le film se pose comme un western dans la plus pure tradition du genre avec ses gunfights, ses répliques bien trouvées et ses pistoleros prêts à mourir droits dans leurs bottes. En cela, le casting réuni se montre largement à la hauteur : Denzel Washington assure comme à son habitude, Chris Pratt confirme qu'il maîtrise la coolitude comme personne, Ethan Hawke compose un personnage torturé et charismatique tandis que Vincent D'Onofrio se retrouve dans un rôle d'illuminé qui lui va à ravir. Non seulement le film nous en donne pour notre argent mais il le fait avec suffisamment d'intelligence pour nous maintenir en haleine et la violence sèche de certaines scènes surprend encore. Cette version 2016 des Sept Mercenaires nous rassure : Fuqua serait bien capable de faire un très bon Scarface s'il s'attaque vraiment à un remake des classiques de Hawks et de De Palma.

Informations

Détails du Film Les 7 Mercenaires (The Magnificent Seven)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Western
Version Cinéma Durée 133 '
Sortie 28/09/2016 Reprise -
Réalisateur Antoine Fuqua Compositeur James Horner - Simon Franglen
Casting Denzel Washington - Ethan Hawke - Vincent D'Onofrio - Peter Sarsgaard - Chris Pratt - Byung-Hun Lee - Haley Bennett - Martin Sensmeier - Manuel Garcia-Rulfo
Synopsis L’industriel Bartholomew Bogue règne en maître sur la petite ville de Rose Creek. Pour mettre fin au despotisme de l’homme d’affaires, les habitants, désespérés, engagent sept hors-la-loi, chasseurs de primes, joueurs et tueurs à gages – Sam Chisolm, Josh Farraday, Goodnight Robicheaux, Jack Horne, Billy Rocks, Vasquez, et Red Harvest. Alors qu’ils se préparent pour ce qui s’annonce comme une confrontation sans pitié, ces sept mercenaires prennent conscience qu’ils se battent pour bien autre chose que l’argent…

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