Critique La Maison de bambou (House of Bamboo)

La Maison de bambou
Sans conteste l'un des plus beaux films de Samuel Fuller, La Maison de bambou varie les genres, laisse apercevoir la beauté du Japon et le charisme incroyable de Robert Ryan.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Édité par ESC Conseils pour garnir la jolie collection Fox des Hollywood Legends, La Maison de bambou nous était totalement passé à côté lors de sa ressortie en DVD le 23 mars dernier. Alors que la collection s'est vue étoffée de quelques titres en cette rentrée, nous avons profité de l'occasion pour revenir sur cette Maison de bambou, réalisée en 1955 par Samuel Fuller. Et un film de Samuel Fuller ne se refuse pas, il se laisse découvrir, surtout en nouveau master haute définition.

Premier film américain à être intégralement tourné au Japon, La Maison de Bambou utilise le contexte riche et complexe de son pays pour en tirer une histoire simple évoluant tout de même sur plusieurs échelles de genre. Si le pays n'est plus officiellement occupé par les Américains, ils sont bel et bien présents sur l'île, dans la police, dans la politique et dans la pègre. Aussi quand un américain meurt de ses blessures à la suite de l'attaque d'un train, Eddie Kenner débarque à Tokyo pour mener l'enquête, mandaté par la police militaire. Remontant la piste du mort jusqu'à sa femme et ses employeurs, Eddie s'infiltre dans le gang de Sandy Dawson, composé exclusivement d'ex-G.Is et vivant de nombreux cambriolages. Avec une éthique bien particulière : les blessés ne sont jamais sauvés ou laissés à la police, ils sont toujours abattus sur place pour éviter qu'ils ne parlent. Avec l'aide de Mariko, la femme du mort dont il se rapproche, Eddie parvient à obtenir la confiance de Sandy et se montre particulièrement efficace au sein du gang, tellement efficace qu'il en rend jaloux les autres membres.

Sans conteste l'un des plus beaux films de Samuel Fuller, La Maison de bambou varie les genres, laisse apercevoir la beauté du Japon et le charisme incroyable de Robert Ryan.

Film exotique (les plans larges dévoilant la beauté et la richesse du Japon sont magnifiques, surtout en Technicolor), thriller aux allures shakespeariennes (Sandy fait aveuglément confiance à Eddie avant de se faire trahir par celui-ci), romance (la relation qui se développe entre Eddie et Mariko est d'une jolie tendresse) mais aussi film brutal (les exécutions sèches et implacables de Sandy sur ses victimes, la scène de la baignoire trouée étant inoubliable), La Maison de bambou cumule les qualités et varie les genres. Le style de Fuller homogénéise le tout pour le rendre absolument splendide. Non seulement nous avons là un thriller de haut vol mais en plus la réalisation transcende ce récit de genre pour le mener vers quelque chose de plus intense. Il faut dire que le sous-texte est riche : homosexualité probable de Sandy, complexité des relations entre Américains et Japonais, portrait d'un pays encore rongé par la violence... Tout y est, Fuller réalisant même le prodige de mêler brutalité et tendresse dans un même film sans jamais renverser l'équilibre instauré.

Outre ses décors, La Maison de bambou repose surtout sur l'interprétation de Robert Ryan. Magnétique dans le rôle de Sandy, le chef de gang qui pense avoir toujours raison, il livre une prestation intense reléguant le pauvre Robert Stack au placard. Celui-ci, malgré un rôle intéressant de héros un peu salaud, ne parvient jamais à se hisser à la hauteur de son personnage, bouffé par Robert Ryan. C'est d'ailleurs le défaut majeur du film, Stack faisant pâle figure tout le long du film si ce n'est dans ses scènes avec la sublime Shirley Yamaguchi (Yoshiko Ōtaka de son vrai nom, vue dans Scandale de Kurosawa en 1950) où l'alchimie entre les deux fonctionne très bien. En dépit de Stack et de sa prestation un peu fade, La Maison de bambou est un très grand cru de la part de Fuller, en tout cas l'un de ses plus beaux films, de ceux qui laissent encore une lueur d'espoir avant que le cinéaste ne se tourne complètement vers le désenchantement des œuvres qui constitueront une bonne partie de sa carrière (Shock Corridor, Au-delà de la gloire).

Informations

Détails du Film La Maison de bambou (House of Bamboo)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Thriller - Policier
Version Cinéma Durée 102 '
Sortie 03/02/1956 Reprise -
Réalisateur Samuel Fuller Compositeur Leigh Harline
Casting Cameron Mitchell - Robert Ryan - Robert Stack - Shirley Yamaguchi - Brad Dexter
Synopsis Au Japon, au pied du Mont Fuji, un homme est tué lors de l’attaque d’un train de munitions dans la banlieue de Tokyo. Eddie Spanier, un américain fraîchement débarqué, décide de mener sa propre enquête en essayant de survivre, tant bien que mal, dans les bas-fonds de la ville…

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