Critique La Taularde

La Taularde
Un drame carcéral qui prend à la gorge pour ne plus nous lâcher, dominé par une Sophie Marceau qui n'a jamais été aussi intense.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Si Mathilde est en prison aujourd'hui, c'est pour son homme et non pas à cause de lui, elle insiste bien là-dessus. Parce qu'elle lui a donné une arme pour qu'il puisse s'évader, elle va purger une peine de deux ans. Mais son homme a tué quelqu'un et la voilà complice d'un meurtre malgré elle. Ça va chercher loin. Sans nouvelles de son homme, Mathilde fait donc face au danger d'une peine rallongée et doit s'adapter à la vie en prison, à sa dureté, à sa violence, à ses peines mais aussi à ses joies quand elles sont là.

Pour ce film immersif et réaliste, Audrey Estrougo a décidé de nous plonger dans une prison pour femmes et de ne jamais la quitter. Tout le film se vit à travers Mathilde, une femme qui a fait des folies par amour et qui se rend compte que le prix à payer est plus fort que ce qu'elle pensait. Rude, la vie en prison l'est par sa violence inhérente, ses détenues imprévisibles et manipulatrices mais aussi par ses conditions de vie parfois lamentables. Les surveillantes sont souvent dépassées par les événements, incapables d'obtenir assez de papier toilette pour toute la prison, l'infirmière prend des bijoux des détenues en échange de médicaments et les employées sont elles aussi à fleur de peau, parfois bien incapables de contrôler leurs émotions. Dépeignant avec le plus de justesse possible un système carcéral dur et dépassé, La Taularde s'acharne à montrer tout l'envers du décor, montrant que les incompétentes, les nerveuses et les déprimées sont toutes les mêmes, quels que soient leurs uniformes.

Un drame carcéral qui prend à la gorge pour ne plus nous lâcher, dominé par une Sophie Marceau qui n'a jamais été aussi intense.

A travers une galerie de nombreux personnages, Estrougo donne vie à son univers et livre un film carcéral féminin (chose rare, surtout en France) qui n'a rien à envier à ses modèles. Même s'il vise l'anti-spectaculaire et qu'il s'agit avant tout d'un drame, La Taularde décrit parfaitement la descente aux enfers de Mathilde, ne la lâchant quasiment jamais d'une semelle, nous faisant partager son désarroi et ses désillusions. A l'aide d'une mise en scène privilégiant les longs plans pour mieux nous immerger dans le quotidien des personnages, Audrey Estrougo crée une tension sous-jacente, dépeignant un univers où le temps se déroule plus lentement et où tout peut basculer dans la violence à tout moment (en témoigne ce travelling circulaire au parloir quand le fils de Mathilde tâche de sortir tant bien que mal un téléphone de son anus pour le donner à sa mère ou cet affrontement entre détenues confinées dans une cellule filmée en un plan).

Prenant à la gorge dès ses premières minute, La Taularde est un film de genre âpre, non sans rappeler R ou encore Un prophète. Portrait d'une femme prête à tout par amour, plongée dans une prison pour femmes (un endroit déjà aperçu plus tôt cette année dans Éperdument), le film réunit un sacré casting (Suzanne Clément, Anne Le Ny, Carole Franck, Marie-Sohna Condé, Alice Belaïdi, Nailia Harzoune) autour duquel Sophie Marceau gravite avec majesté. L'actrice, dépareillée de tout glamour (mais séduisante malgré tout), trouve là l'un de ses rôles les plus intenses et les plus intéressants. Filmée sans artifices, parfois dans de gros plans laissant apercevoir le désarroi de son regard, elle justifie à elle seule la vision de ce film intense qui ne saura laisser indifférent.

Informations

Détails du Film La Taularde
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 100 '
Sortie 14/09/2016 Reprise -
Réalisateur Audrey Estrougo Compositeur Non Renseigné
Casting Sophie Marceau - Anne Le Ny - Alice Belaïdi - Julie Gayet - Carole Franck - Suzanne Clément
Synopsis Pour sauver l’homme qu’elle aime de la prison, Mathilde prend sa place en lui permettant de s’évader. Alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle. Isolée, soutenue uniquement par son fils, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B. Mathilde deviendra-t-elle une taularde comme une autre ?

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