Critique La Féline (Cat People)

La Féline
Ressortie par le biais d’un coffret collector BluRay + DVD chez Elephant Films le 1er juin dernier, il était temps de se pencher sur cette version de La Féline par Paul Schrader.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Ressortie par le biais d’un coffret collector BluRay + DVD chez Elephant Films le 1er juin dernier, il était temps de se pencher sur cette version de La Féline par Paul Schrader. Après l’original mis en scène par Jacques Tourneur en 1942, Paul Schrader se voit porter la commande d’un remake. Le célèbre scénariste sort du succès de Taxi Driver et de sa première mise en scène, American Gigolo. En panne d’idées neuves, Paul Schrader accepte cette nouvelle transposition à une époque où le genre fantastique s’enflamme avec des œuvres comme Les griffes de la Nuit, The Thing ou Au Delà du Réel. La Féline version 1982 suit une Irena différente, essayant de retrouver son frère Paul à la Nouvelle-Orléans. Dans les jours qui suivent, une mystérieuse panthère tue une prostituée. L’animal se révèle avoir d’étranges liens avec Paul et Irena.

Paul Schrader évapore d’emblée toute la pudeur ambiante de la version de Jacques Tourneur en mettant en scène un essai à la sexualité prégnante. La Féline transpire de tous ses pores le sexe et l’animalité des corps qui en découle. Schrader se défait de tout le discours avant-gardiste à l’époque du féminisme qui nourrissait la vision de Tourneur. La Féline sous les courbes de Nastassja Kinski sera une belle panthère sensuelle, la proie d’une mythologie incestueuse faisant de cette relecture une histoire purement fantastique.

La Féline transpire de tous ses pores le sexe et l’animalité des corps.

En 1942, la soi-disant malédiction serbe portée telle une croix à la chasteté par Irina Doubruvni était une métaphore sur le féminisme, le droit des femmes à exister sans les hommes, à ne plus être une victime sexuelle pour des êtres égoïstes. Ici, Paul Schrader élabore l’exact opposé. Irena, tout aussi vierge, doit combattre sa malédiction et un frère la pourchassant de façon animale pour les défaire d’un héritage pesant. La jeune femme est la proie sexuelle de deux hommes devenant fous face à une telle beauté. Le jouet d’un frère instable psychologiquement qui souhaite se projeter dans l’héritage de parents incestueux. Mais aussi le désir d’un conservateur de Zoo tombant fou amoureux d’elle, qui par amour va essayer de la protéger. Une vision contraire, mais cruciale à une adaptation moderne.

Les années 1980 sont les années libres. La guerre du Vietnam est finie, la vie coule tel un long fleuve tranquille avec les résidus des années hippies. Le sexe envahit alors tous les espaces, notamment le cinéma. Le fantastique s’en accapare comme une métaphore subliminale à l’appartenance des corps, le déchirement des peaux, l’accouplement de l’homme et la bête pour la naissance d’une créature magnifique. Alien de Ridley Scott en est le parfait exemple, tout comme La Mouche de David Cronenberg. Mais Paul Schrader exploite le mythe lycanthrope comme référence, il faut savoir que Le Loup-Garou de Londres est sorti quelques années plus tôt avec succès, tout comme Hurlements de Joe Dante. La Féline s’insère dans cette veine commerciale, notamment ses deux séquences de transformation, prémices aux travaux effectués par la même équipe sur la série Manimal. La Panthère remplace le loup, une bête de velours, une reine sublime au corps élancé captivant le moindre spectateur arpentant les allées des zoos. Irena, avec ce corps de félin, fait le même effet envers Oliver, abandonnant Jane, dont les traits de jalousie se transfèrent d’emblée. Une excuse à la réexploitation de la fameuse scène de la piscine ici insérée de façon inexplicable et incongrue. Seul le fait de voir Annette O’Toole topless nous satisfera de remployer la séquence.

Une variation chaude et fantastique où le mythe chaste n’est plus l’excuse à la confiance de la femme vers l’homme, mais au déchainement du sexe et à la libération des corps.

La Féline version 1982 est le contre-point total au film original de Jacques Tourneur. Une variation chaude et fantastique où le mythe chaste n’est plus l’excuse à la confiance de la femme vers l’homme, mais au déchainement du sexe et à la libération des corps. Le sexe est la clé pour Irena du passage vers l’âge adulte, la prise en charge de son corps et sa transformation, un héritage maudit qui va la conduire à faire des choix et assumer son identité propre. Une extrémité fatale laissant le choix au public de deux visions diamétralement opposées, sans doute complémentaires.

Informations

Détails du Film La Féline (Cat People)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Fantastique
Version Cinéma Durée 118 '
Sortie 02/04/1982 Reprise -
Réalisateur Paul Schrader Compositeur Giorgio Moroder
Casting Malcolm McDowell - Annette O'Toole - Ed Begley Jr. - John Heard - Nastassja Kinski - Ruby Dee
Synopsis Après la mort de ses parents, la jeune Irena Gallier retrouve son frère aîné, Paul, qui vit près de La Nouvelle-Orléans. Peu de temps après, Paul disparaît sans laisser de traces dans une maison close où une prostituée a été attaquée par une panthère. On réussit à capturer l'animal qu'on enferme dans un zoo où, le lendemain, Irena accourt. Elle se lie d'amitié avec un des zoologistes, Oliver Yates.

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