Critique La Proie De L’autostop (Autostop Rosso Sangue)

La Proie De L’autostop
Nouveau titre dans la collection «Rape & Revenge» chez Artus Films, La Proie de l’Autostop, mis en scène par Pasquale Festa Campanile en 1977, bénéficie d’une superbe édition

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Nouveau titre dans la collection «Rape & Revenge» chez Artus Films, La Proie de l’Autostop, mis en scène par Pasquale Festa Campanile en 1977, bénéficie d’une superbe édition comprenant un livret écrit par David Didelot retraçant de long en large ce genre populaire dans les seventies. Initié de façon semi-professionnelle par Sean S.Cunningham (Vendredi 13) et Wes Craven (Scream) en 1972 avec La Dernière Maison sur la Gauche, ce sous-genre entre érotisme et horreur, prémice du Torture-Porn des années 2000, se caractérise bizarrement le moins ici. La Proie de l’autostop est un long-métrage malin dans son déroulé en version intégrale présent dans ce coffret. L’introduction sublime voit le couple formé par Corinne Cléry (Moonraker) et Franco Nero (Keoma) en pleine partie de chasse. L’homme, dans sa lunette, tient sa femme en joue, la cible en la désirant puissamment avec ce fusil longue visée comme le prolongement de son corps. Campanile prend le temps de nous présenter ce couple dysfonctionnel, malade en son sein par la cupidité et la méchanceté du mari et de cette femme malheureuse, un brin légère. Ce couple ne fait plus l’amour, il baise. Ils sont devenus des animaux cohabitant dans une cage dorée depuis 9 ans, espérant de ce road trip leur donne un nouvel élan. Mais ce ne sera que le contraire.

La Proie de l’Autostop est un road trip sec à l’ambiance posée et malsaine.

La Proie de l’Autostop est un road trip sec à l’ambiance posée et malsaine. Le banjo d’Ennio Morricone s’enrôle autour de cette voiture et sa caravane arpentant les routes d’une Californie fictive. Le couple est en vacances vers l’enfer, le final d’une vie instable et chaotique où l’argent a toute la place. C’est presque normal que l’autostop soit un braqueur fou sortant d’un asile psychiatrique. Ce fou est David Hess, l’icône du genre «Rape & Revenge» depuis son rôle mythique dans La dernière Maison sur la Gauche. Le jeune acteur peinant à décoller à Hollywood se pointe en Italie avec l’appui de Franco Nero. Il est alors tout normal que les hommes coopèrent pour la première de l’acteur américain sous la caméra de Campanile. Bien entendu, il campe un méchant très proche de celui interprété pour Wes Craven. David Hess sera l’éternel taré, violeur et fou. Ici, outre son charisme envahissant cette Ford lieu d’aliénation, il va trouvé un écho chez le mari. Car le cinéma italien, dans sa capacité à capturer la réelle nature de l’homme - sa véritable faculté bestiale, brosse le portrait sans manichéisme d’un mari alcoolique à l’âme méchante. La Proie de l’Autostop est sans concession versant le spectateur dans les travers de l’homme. Un cinéma fort aux relents de violences et d’abjections répulsives, mais nécessaires atteignant un final âpre tel le Rabid Dogs de Lucio Fulci.

La Proie de l’Autostop est sans concession versant le spectateur dans les travers de l’homme.

Walter, homme cupide ayant épousé une femme riche, un reporter de bas étage n’arrivant à peine à écrire, se sert de sa main pour porter une bouteille de whisky à la place d’un stylo. Sa femme, Eve ne lui vaut aucun respect, enfin plus aujourd’hui, lui répétant à toute tête qu’il est un minable. L’arrivée d’Adam le braqueur fou sera le déclencheur d'une bataille animale. Tout d’abord celle d’un homme protégeant ce qui reste de sa femme. Walter (Franco Nero) tiendra tête à Adam (David Hess), puis ils s’allieront, le braqueur souhaitant que Walter écrive un livre sur lui. Toute la contradiction du film viendra de là. Car Adam était un enfant heureux, fils des PTT, une famille honnête, peut-être trop. Campanile se sert de ces détails pour contrecarrer l’attente des spectateurs. Le méchant descendant d’une honnête famille, le mari se foutant de sa femme, la violant lui-même à certains degrés. Qui est le méchant et le gentil  ? Toute la mesure d’un cinéma italien des années 70 fort et réaliste dans sa pensée et son élaboration. Loin d’Hollywood et son manichéisme bien pensant, les italiens foncent dans le tas en copiant/collant pour donner une version moins aseptisée. Les films ne passeront pas le cap de la censure, exemple de La Proie de l’autostop, charcuté et remonté qui perdit presque 27 minutes de pellicules pour finir en édition VHS au cœur des années 80. Un film parmi d’innombrables à ne pas connaître une sortie en salles, des pépites de cinéma dont on prend un plaisir certain à découvrir en DVD aujourd’hui.

Cette nouvelle sortie chez Artus Film est macabre et merveilleuse pour un cinéma italien alors à son paroxysme.

Il faut dire que les petits plats sont mis dans les grands. Artus Films édite une nouvelle fois une édition sublime avec le livret, mais surtout le film dans son intégralité et dans une copie au tirage irréprochable. Les plans coupés à l’époque retrouvent leurs places initiales (en italiens sous-titrés) procurant une narration fluide et concrète. Ce n’est que dans ce montage que l’on peut prendre en compte toute la saveur noire d’un film malsain. Rien n’est épargné aux spectateurs se prenant La Proie de l’Autostop comme une violente baffe. Le monde est réel, l’homme vil où ses penchants primaires nous sont crachés à la gueule avec violence. Le film ne fait jamais dans la finesse, entre comique, horreur des actes et l’épouvantable de l’homme, cette nouvelle sortie chez Artus Film est macabre et merveilleuse pour un cinéma italien alors à son paroxysme.

Informations

Détails du Film La Proie De L’autostop (Autostop Rosso Sangue)
Origine Italie Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Thriller
Version Direct To Video Durée 99 '
Sortie 07/07/2016 Reprise -
Réalisateur Pasquale Festa Campanile Compositeur Ennio Morricone
Casting Franco Nero - David Hess - Corinne Cléry
Synopsis Eve et Walter partent sur les routes de Californie en espérant redorer leur couple au bord de l’effondrement. Après avoir passé une nuit dans un camp de hippies, ils prennent Adam, un autostoppeur. Ce dernier les retient vite en otage et une relation tendue s’engage entre eux. Usant de sa force et de sa cruauté, il va s’amuser avec eux jusqu’à la limite du sadisme. Sans compter que ses deux complices sont sur le point de les rejoindre.

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