CRITIQUE : Camping 3


Camping 3

Critique du Film

En matière de divertissement populaire, Fabien Onteniente n’en est pas à son coup d’essai. Depuis 2000, le réalisateur enchaîne les projets satiriques et nous a offert quelques films qui, à défaut d’être de véritables bombes, avaient le mérite d’égayer le temps d’une séance. De Jet Set en passant par 3 Zéros, il accèdera à la véritable consécration en 2006 avec Camping. Adapté d’un sketch de Franck Dubosc (délicieux pastiche du campeur beauf et ringard), le film a rassemblé plus de cinq millions de spectateurs dans nos salles. Et même s’il se contentait d’étirer sur 90 minutes ce que Dubosc avait si brillamment résumé en 5, le film avait le mérite d’être suffisamment cocasse pour nous emballer. Fort de l’exercice, Onteniente réitère la même opération deux ans plus tard avec un Disco loin de nous avoir convaincus (contrairement au sketch initial de l’humoriste vedette). Engagé sur la mauvaise pente, Onteniente ne s’avoue pas vaincu et nous offre un second opus à Camping en 2010. Attirant un million de spectateurs de moins que son grand-frère, Camping 2 nous prouvait la perte de fulgurance chez son scénariste / réalisateur : les Flots Bleus n’étincelaient pas de mille feux. Et c’était sans compter le bide monumental de Turf en 2013 : on avait perdu Onteniente. Qu’à cela ne tienne, on fait revenir les copains et on essaie de tirer un peu plus sur la corde : Camping 3 déboule dans nos salles. Meilleur démarrage pour un film français depuis 8 ans (la Fête du Cinéma y étant probablement pour quelque chose), on y retrouve Patrick et ses amis pour un nouvel été aux Flots Bleus. Tandis que Patrick partage sa tente avec trois jeunes dijonnais, son ami, Paul, récemment divorcé, se découvre un penchant homosexuel insoupçonné alors que leur joyeux compagnon Jacky souffre d’Alzheimer chronique. L’été s’annonce chargé…

Camping 3 enterre définitivement des personnages qui n’auraient jamais dû exister au-delà du sketch originel de Dubosc.

Camping 3 scelle et confirme ce que nous ne soupçonnions à la sortie du second volet : on s’en fout royalement de ces personnages ! C’est peut-être dur à admettre, mais force est de constater que ce n’est pas avec ce film qu’Onteniente arrivera à nous convaincre de nouveau. Camping 3 joue à fond la carte du conflit de générations (là où les deux autres films l’effleuraient par moment). Seulement la troupe de quinquagénaires gravitant autour des nouveaux jeunes personnages semble véritablement fatiguée. Antoine Duléry ne croit pas une seconde à sa nature homosexuelle (à mi-chemin entre La Cage aux Folles et l’inexpressivité totale, c’est vraiment moche à regarder). Dubosc est devenue sa propre caricature. Il nous laisse dans l’indifférence la plus totale. Seul Claude Brasseur semble encore s’amuser comme un gosse. Mais ça reste tout de même très pauvre en vrais moments de comédie. Tout est poussé à l’extrême pour que le spectateur daigne sourire aux frasques qui se déroulent à l’écran. Sans compter les leitmotivs attendus (apéro, flegme incessant de Patrick, Shogun…), Camping 3 ira puiser dans les gauloiseries de mauvais goûts pour en faire son moteur comique. Il faut dire que depuis le succès de Qu’est-ce Qu’on a Fait au Bon Dieu ? tous les prétextes sont bons pour taper sur tout le monde. Camping 3 réserve son lot de vannes gratuites sur les homosexuels, les handicapés, les immigrés…tout le monde y passe. Mais quand on essaie de faire passer une blague en force, elle tourne généralement à la méchanceté gratuite, et c’est bien de cela qu’il sera question dans Camping 3. Absolument inacceptable et impardonnable pour un film familial ! Il faut voir Dubosc déchanter dès lors qu’il remarque le handicap physique de la dame qu’il essaie de caser avec son ami Paulo : honteux ! Et pourtant, d’autres films auraient pu faire la même vanne qu’on aurait ri aux éclats. L’humour noir, pourquoi pas…tant que c’est bien fait !

Ni fait ni à (re)faire, Camping 3 enterre définitivement des personnages qui n’auraient jamais dû exister au-delà du sketch originel de Dubosc. Fabien Onteniente filme, las, des personnages qui n’ont plus aucun potentiel et ne fait même pas la part belle aux nouveaux venus qui auraient pu égayer ce camping devenu si morose. Il ne restera que quelques moments forts (on les compte sur les doigts d’une main) pour une séance faussement joyeuse où le comique tournera souvent à la consternation.

Verdict Note : A louper sans aucun regret. A louper sans aucun regret.

Informations

Détails du Film Camping 3
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 101 '
Sortie 29/06/2016 Reprise -
Réalisateur Fabien Onteniente Compositeur Jean-Yves d'Angelo
Casting Franck Dubosc - Gérard Jugnot - Claude Brasseur - Michèle Laroque - Antoine Duléry - Mylène Demongeot
Synopsis Comme chaque été, au Camping des Flots Bleus se retrouvent pour leurs vacances nos amis, Les Pic, Jacky et Laurette, Gatineau, tout juste divorcé de Sophie, le 37, et Patrick Chirac fidèle à ses habitudes. Cette année, Patrick a décidé de tester le co-voiturage... Pensant traverser la France avec Vanessa, il se retrouve avec trois jeunes dijonnais : Robert le charmeur, Benji le beau gosse et José la grande gueule. Bien évidemment, après le co-voiturage, Patrick se voit contraint de tester le co-couchage.

Par Anthony Verschueren