Critique Café Society

Café Society
Critique de Cafe Society de Woody Allen avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell, Blake Lively.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Retour vers le passé. Il existe une tendance très nostalgique dans le cinéma d’un certain nombre de grands maîtres d’aujourd’hui : par exemple, les Coen avec Ave Cesar, Woody Allen par Cafe Society. Chez Woody Allen, c’est une tendance récurrente de son cinéma, se replier nostalgiquement dans un fœtus du passé pour mieux fuir le présent, tendance illustrée auparavant par La Rose Pourpre du Caire ou Minuit à Paris et quelques films d’époque (Coups de feu à Broadway, Accords et désaccords ou Magic in the moonlight). Derrière cette tendance, il s’agit de célébrer forcément le passé comme un paradis perdu. Cafe society n’échappe pas à cette règle allenienne, puisque ce film plonge dans l’Hollywood des années trente et va illustrer une histoire d’amour impossible, accompagnée des regrets concomitants. Malheureusement célébrer l'Age d'Or d'Hollywood ne signifie pas pour autant produire automatiquement des pépites d'un niveau équivalent.

New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer. Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux. Malheureusement, la belle n'est pas libre et il doit se contenter de son amitié.

Avec Café Society, Woody Allen distille le simple plaisir de raconter une histoire très banale d’occasion manquée et de regrets à jamais inassouvis tout en faisant une ode à Kristen Stewart et à sa grâce ingénue.

A la vision de ce film, un mot vient immédiatement à l’esprit : savoir-faire. Narrativement, l’intrigue est bien troussée, ponctuée par quelques punchlines aussi efficaces que d’habitude, du genre « l’amour sans retour a fait plus de victimes que la tuberculose » ou encore « les juifs auraient dû rajouter la vie après la mort, ils auraient eu plus de succès (sic) ». Woody demeure ainsi encore vif et plein d’humour, dans cette œuvre magnifiée par la photographie sublime de Vittorio Storaro. Néanmoins on peut se demander s’il a réellement encore des choses nouvelles à nous raconter et à nous apprendre. Pas dans ce film en tout cas, où il se repose sur son savoir-faire hors pair d’auteur de luxe. Woody Allen a toujours refusé la compétition cannoise mais on peut affirmer sans crainte que si certains de ses films auraient survolé toute compétition (Manhattan, par exemple), ce n’est pas véritablement le cas de Cafe society où il distille le simple plaisir de raconter une histoire très banale d’occasion manquée et de regrets à jamais inassouvis. Certes, dans cette œuvre, Jesse Eisenberg est engagé comme le nouveau substitut allénien, confirmant son galop d’essai réussi dans le très raté To Rome with love, et avec son débit à la mitraillette, tient plutôt bien son rôle, succédant par exemple très favorablement à Jason Biggs (La Vie et tout le reste). Dans l’emploi du faux mentor professionnel et vrai rival sentimental, Steve Carell est sans doute meilleur que n’aurait pu l’être Bruce Willis qui eût semblé sous-employé. Quant à l’humour sur les familles juives, il ne surprend plus trop mais demeure toujours aussi roboratif. En fait, l’intrigue de Cafe Society ressemble beaucoup à celle d’Accords et désaccords dans le corpus filmographique de Woody Allen : deux femmes se succèdent dans la vie du personnage principal mais seule la première représentait le véritable amour. Ici, Kristen Stewart et Blake Lively prennent la place de Samantha Morton et d’Uma Thurman. On s’amusera à constater que Blake Lively est aussi négligée par la photographie du film qu’elle l’est narrativement, alors qu’elle dispose pourtant d’un physique impressionnant. Le film devient ainsi une ode à Kristen Stewart et à sa grâce ingénue, ce qui devient son principal intérêt.

Si l’on cherche dans un autre film un rapprochement possible, on le trouvera dans Two Lovers de James Gray : comme le personnage de Gwyneth Paltrow, Vonnie (Kristen Stewart) attend que son amant plus âgé rompe avec sa femme, décision dont dépend le sort de Bobby (Jesse Eisenberg). Malheureusement, là où James Gray s’élevait jusqu’à la tragédie grecque, Woody Allen ne décolle pas de la banalité d’un arrangement d’adultère. Cafe society est ainsi une jolie babiole qui ne dépare pas forcément au milieu des diamants et fausses pépites de l’œuvre allenienne, mais ne laisse guère d’empreinte profonde. Il restera surtout de ce film quelques très beaux plans de Kristen Stewart, définitivement sauvée de Twilight, qui a rarement été aussi bien filmée qu'ici. Le reste n’est malheureusement pas à la hauteur de cet écrin pour une star en devenir, peut-être la seule à pouvoir réellement rivaliser avec Jennifer Lawrence, en qualité de jeu et en popularité médiatique. Rien de très grave, on sait déjà que Woody Allen sera capable de faire beaucoup mieux une prochaine fois. D’une certaine manière, il paraît assez logique que le récit d’un échec sentimental soit finalement aussi une occasion manquée.

Informations

Détails du Film Café Society
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie Dramatique - Romance
Version Cinéma Durée 85 '
Sortie 11/05/2016 Reprise -
Réalisateur Woody Allen Compositeur Non Renseigné
Casting Kristen Stewart - Steve Carell - Blake Lively - Jesse Eisenberg - Parker Posey - Corey Stoll
Synopsis New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux. Malheureusement, la belle n'est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu'au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l'horizon s'éclaire pour Bobby et l'amour semble à portée de main…

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