Critique Les Visiteurs : La Révolution

Les Visiteurs : La Révolution
Les Visiteurs : la Révolution est un loupé abyssal. Le montage est épuisant, l’image est affreuse et les dialogues sont creux et fades.

Verdict Note : A louper sans aucun regret. A louper sans aucun regret.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Il nous aura fallu attendre 18 ans pour que Jean-Marie Poiré et Christian Clavier décident de nous conter la suite des mésaventures du fameux chevalier Godefroy de Montmirail et de son valet Jacquouille la Fripouille. Perdus dans les couloirs du temps et transportés lors de l’époque de La Terreur pendant la Révolution Française, ils vont être recueillis par la descendance de Godefroy. En fuite, nos deux visiteurs devront faire profil bas afin d’éviter les jougs de révolutionnaires assoiffés de sang et trouver un moyen d’enfin revenir dans leur époque respective.

Les Visiteurs : la Révolution est un loupé abyssal.

Catastrophe critique annoncée, à l’instar de presque toutes les suites de films à succès arrivant plusieurs années après la sortie du précédent, Les Visiteurs : la Révolution ne jouit pas d’une très belle réputation. Les avis sont unanimes à son égard : le film est un navet ! C’est en toute objectivité que nous avons pris notre courage à deux mains afin de venir vous confier de quoi il en retournait. Et dès l’ouverture du métrage, les craintes se sont fondées pour ne plus jamais cesser de se confirmer de scène en scène. Le film s’ouvre sur un générique défilant façon Star Wars afin de nous sortir un bref résumé des épisodes précédents. Outre la nostalgie qu’il y a à retrouver la sublime bande-originale du film, la démarche demeure maladroite tant les deux opus précédents baignent dans la mémoire collective. Qui ne connaît pas Jacquouille ? Qui n’a jamais proliféré des « okay » à tout va ? Ou encore joué au fameux « jour / nuit » ? Qu’on aime ou non, tout le monde connaît Les Visiteurs, il n’était donc pas nécessaire de s’encombrer d’une telle ouverture. Et d’encombrements, le film en sera parsemé de toute part. La magie opère dix minutes (juste le temps qu’il faut pour s’émerveiller des retrouvailles avec des personnages qui nous ont bien fait rire jadis) puis laisse tomber son voile si pathétiquement qu’on passera le reste de la séance à pointer du doigt tous les défauts du film. Jean-Marie Poiré (qui n’avait plus rien réalisé depuis 2002) sort de sa retraite pour nous délivrer une énorme crise d’épilepsie indigeste. Grand partisan des montages nerveux et cut, il pousse réellement le bouchon beaucoup trop loin ici. Il n’y a que très peu de plans durant plus de cinq secondes. Le montage est épuisant. Les informations circulent et fusent dans tous les sens. Le spectateur est désorienté, c’est une vraie pagaille. Pour sûr que l’effet de style métaphorise parfaitement la cohue générale habitant l’époque, mais trop de trop tue le trop ! Non seulement le montage vomitif se veut épidermique et nerveux, mais l’étalonnage est une vraie catastrophe ! Les nuits américaines sont absolument exécrables, l’image manque de profondeur, les décors sont beaucoup trop lisses pour correspondre parfaitement à l’époque : il n’y a véritablement aucun cachet. De plus, le choc des cultures qui faisait la force comique des deux premiers films disparaît ici car nous n’avons aucun point de repère afin de rentrer en empathie avec les personnages.

Le montage est épuisant, l’image est affreuse et les dialogues sont creux et fades.

Si techniquement le film est à vomir, le casting déçoit fortement également. Jean Reno est complètement effacé. Godefroy n’est plus le fier conquérant désireux de rentrer chez lui. Comme fatigué et résigné, Jean Reno subit les frasques de son compagnon d’infortune pour se réveiller lors d’un épilogue tellement prévisible qu’il en devient risible. Christian Clavier cabotine dans tous les sens. Aussi fatigant que le montage du film, Jacquouille aligne trois pauvres vannes qui tourneront en boucle pendant tout le film. Il ne fait clairement pas dans la dentelle et hurle à tout va son fameux « hourra, c’est plus laïque ! » qui devient complètement disproportionné. On sent qu’il essaie de retrouver un impact aussi important que fut le « okay » à la sortie du premier film, mais le constat est sans appel : ça ne fait qu’agacer. De plus, toute la nouvelle brochette d’acteurs venant se greffer à l’équipe ne correspond en rien à ce que nous aurions pu attendre d’eux. Une fois encore, ce qui fonctionnait dans les rapports entre les personnages dans les autres films résidait dans cette capacité à faire cohabiter de parfaits idiots. Aucun personnage n’était récupérable et le choc des cultures n’en devenait que plus appréciable. Ici, le peuple français nous ennuie. Que ce soit Karin Viard, Ary Abittan, Franck Dubosc ou encore Alex Lutz : aucun n’aura son moment de gloire, aucun ne le méritera. Non content de nous servir des vannes éculées vues et entendues dans les films précédents, l’humour ne volera jamais bien haut. Entendre des personnages déblatérer pendant près de deux heures sur la puanteur des visiteurs et la consonance graveleuse du nom de Jacquouille avec les couilles démontre tout simplement qu’il n’y avait probablement plus rien à faire avec ces héros ; d’autant que le second épisode laissait déjà transparaître un essoufflement dans certaines vannes potaches démontrant qu’ils avaient fait le tour de la question. Et en dehors des vannes foirées, les dialogues n’en finissent plus. Les personnages n’ont aucun but, leurs discussions tournent en rond à n’en plus finir. On ne peut pas parler de ratage pour Les Visiteurs : la Révolution puisqu'il n'a aucune ambition. Le film ne s’offre aucun objectif si ce n’est de tirer en longueur afin de préparer le terrain pour un quatrième épisode. Et devoir subir une scène d’exposition de près de deux heures, ça a de quoi chauffer les oreilles !

Les Visiteurs : la Révolution est un loupé abyssal. Le montage est épuisant, l’image est affreuse et les dialogues sont creux et fades. Jean-Marie Poiré accède au paroxysme de son art d’une bien triste manière. À trop vouloir renouer avec le succès, il s’est indubitablement brûlé les ailes. Quitte à vouloir être nostalgique, autant se ressortir le premier film que de vouloir à tout prix continuer à nous pondre de telles suites qui font à la fois mal à notre portefeuille et mal au c.. !!

Informations

Détails du Film Les Visiteurs : La Révolution
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 110 '
Sortie 06/04/2016 Reprise -
Réalisateur Jean-Marie Poiré Compositeur Eric Levi
Casting Jean Reno - Karin Viard - Franck Dubosc - Ary Abittan - Christian Clavier - Marie-Anne Chazel - Alex Lutz
Synopsis Bloqués dans les couloirs du temps, Godefroy de Montmirail et son fidèle serviteur Jacquouille sont projetés dans une époque de profonds bouleversements politiques et sociaux : la Révolution Française... Plus précisément, La Terreur, période de grands dangers pendant laquelle les descendants de Jacquouille La Fripouille, révolutionnaires convaincus, confisquent le château et tous les biens des descendants de Godefroy de Montmirail, aristocrates arrogants en fuite dont la vie ne tient qu'à un fil.

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