Critique Dalton Trumbo (Trumbo)

Dalton Trumbo
Bien que très classique dans sa structure narrative, Dalton Trumbo passionne, mêlant biopic, leçon d'Histoire et panorama de tout un cinéma. C'est forcément passionnant, porté par un Bryan Cranston décidément bon pour jouer toutes les contradictions...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Si l'on connaît beaucoup Jay Roach pour ses comédies (Austin Powers, Mon beau-père et moi), le réalisateur a une facette plus sérieuse, s'intéressant de près à la politique américaine comme il a pu le faire avec le téléfilm Game Change, se déroulant en 2008 durant l'élection présidentielle et s'intéressant à Sarah Palin. Roach s'empare donc d'un scénario écrit par John McNamara (le créateur de la série Aquarius) pour plonger au cœur d'une des périodes les plus tourmentées de l'histoire des États-Unis : la Chasse aux sorcières.

Cette plongée dans cette période trouble se fait par le biais du portrait de Dalton Trumbo, scénariste qui fit partie de la Liste Noire d'Hollywood, qui se retrouva en prison pour avoir refusé de répondre aux questions de la HUAC (commission chargée de débusquer les communistes et leurs activités antiaméricaines) et qui se vit contraint, des années durant, de signer ses scénarios par un pseudonyme. C'est ainsi que Vacances Romaines et Les clameurs se sont tues obtiendront l'Oscar du Meilleur Scénario sans que Trumbo puisse les recevoir, l'homme parvenant enfin à sortir de l'ombre avec ses scénarios de Spartacus et d'Exodus. C'est donc un biopic que nous propose Jay Roach mais un biopic diablement futé qui fait le portrait d'un pays rongé par la paranoïa stupide et qui nous montre combien cette commission visant les activités antiaméricaines allait à l'encontre de toutes les libertés du pays.

C'est aussi l'occasion pour les cinéphiles de passer un moment dans l'Hollywood des années 40 et 50, d'en découvrir plus sur les raisons ayant poussé Edward G. Robinson à donner des noms à la commission, sur l'influence de John Wayne et d'Hedda Hopper en tant que fervents opposants au communisme et sur le pourquoi du comment Kirk Douglas et Otto Preminger ont permis à Trumbo de sortir de l'ombre et de vaincre cette fameuse Liste Noire. Mais Dalton Trumbo, c'est avant tout le portrait d'un homme de conviction, un scénariste qui s'est sans cesse battu pour la liberté d'expression et qui n'a jamais cessé d'écrire quand bien même personne ne voulait plus de lui excepté un producteur de séries B fort truculent incarné ici par l'excellent John Goodman. On y découvre alors le rôle important qu'a eu la famille de Trumbo à ses côtés, elle aussi victime des discriminations de la Liste Noire.

Bien que très classique dans sa structure narrative, Dalton Trumbo passionne, mêlant biopic, leçon d'Histoire et panorama de tout un cinéma. C'est forcément passionnant, porté par un Bryan Cranston décidément bon pour jouer toutes les contradictions de ses personnages.

L'intrigue du film a beau être foisonnante et passionnante, elle est très simple dans sa structure narrative, faisant tout pour être la plus claire possible au sein d'années largement troubles. Il en résulte un aspect assez académique dont Dalton Trumbo parvient cependant à s'affranchir grâce à ses savoureux détails. Des réparties de Trumbo à ses roublardises pour continuer d'écrire (on lui doit tout de même de superbes films comme Seuls sont les indomptés ou Johnny s'en va-t-en guerre ainsi que Gun Crazy ou Papillon) en passant par son discours final émouvant, le film parvient très bien à condenser des années de calvaire et de dur labeur en deux heures, nous permettant d'en savoir plus sur l'homme qui se cache derrière l'artiste.

Dans le rôle principal, Bryan Cranston fait des merveilles, prêtant sa malice et son air aussi affable que bougon à l'intelligence de Trumbo. C'est d'ailleurs lui qui porte une bonne partie du film sur ses épaules, lui et toutes les contradictions d'un personnage qu'il semble parfaitement comprendre. A ses côtés, la trop rare Diane Lane étincelle et les seconds rôles sont tous excellents, avec une mention spéciale à Michael Stuhlbarg dans la peau d'un Edward G. Robinson touchant même dans sa faiblesse. Il est d'ailleurs intéressant de souligner que les acteurs choisis pour en interpréter d'autres ne sont peut-être pas de parfait sosies (David James Elliott n'a pas du tout le visage de John Wayne) mais ils se glissent très bien dans des interprétations qui n'en sont pas moins crédibles, prouvant une fois de plus que la magie du cinéma ne cesse jamais d'émerveiller.

Dalton Trumbo est donc un biopic, une leçon d'Histoire et un panorama du cinéma hollywoodien des années 40 et 50. Sans jamais être tout à fait transcendant, il faut bien reconnaître que devant cette multiplicité, le film n'ennuie jamais et s'avère être tout à fait passionnant.

Informations

Détails du Film Dalton Trumbo (Trumbo)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Biopic
Version Cinéma Durée 124 '
Sortie 27/04/2016 Reprise -
Réalisateur Jay Roach Compositeur Theodore Shapiro
Casting Helen Mirren - Elle Fanning - John Goodman - Diane Lane - Michael Stuhlbarg - Bryan Cranston - Louis C.K.
Synopsis Hollywood, la Guerre Froide bat son plein. Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste. Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler. Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction. En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.

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