Critique Crying Freeman

Crying Freeman
Crying Freeman de Christophe Gans est plus qu'une adaptation fidèle. Témoin d’une véritable signature de son auteur, Crying Freeman est un ovni qu’on ne se lasse pas de (re)dévorer.

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Christophe Gans a toujours été passionné par la culture asiatique. On lui doit notamment la création de HK Magasine, référence ultime pour quiconque s’intéresse aux films chinois et japonais. Après son implication sur deux projets, Silver Slime en 1981 et le segment The Drowned au sein du film Necronomicon en 1994, il offre une adaptation sublime du manga éponyme, Crying Freeman. 1996 est réellement l’année qui le fera exploser aux yeux du monde. Double révélation même puisqu’il offre à Mark Dacascos le meilleur rôle de sa carrière.

Plus qu’une adaptation fidèle, Crying Freeman est un condensé de tout ce qui plait à Gans.

Plus qu’une adaptation fidèle, Crying Freeman est un condensé de tout ce qui plait à Gans. L’ombre de John Woo plane fortement au-dessus du métrage. Les scènes de gunfight au ralenti lui sont directement emprunt. Nous sommes sans cesse baladés entre le Canada et le Japon. Les paysages sont magnifiés par la caméra de Gans. Le film jouit d’une image extrêmement propre à l’univers qu’il souhaite dégager. C’est un réel bonheur pour nos pupilles.

Crying Freeman propose le compromis parfait pour tous ceux qui aimeraient découvrir d’autres cultures cinématographiques. Il a l’avantage d’user de nombreux styles de réalisation. C’est une belle fusion entre le cinéma nippon et occidental.

C’est une belle fusion entre le cinéma nippon et occidental. 

Il joue sur plusieurs tableaux narratifs intéressant. Tantôt action movie, tantôt drame, tantôt yakuza eiga, il répond à toutes les exigences que tout fan du manga d’origine attend de lui. Fait intéressant prouvant le bon travail de Gans, les doublages français des rôles principaux ont été assurés par les doubleurs officiels officiant sur la série animée. S’il ravira les fans assidus, le spectateur étranger à l’univers du freeman n’est pas mis à l’écart non plus. Gans n’a que peu changé l’histoire d’origine. Il l’a modelé pour le rendre le plus attractif et plaisant possible. S’adressant à des publics nettement différents, il comble les attentes de chacun avec ce film, c’est pourquoi nous parlions de mix de genres alimentant le métrage.

Nous vous le disions plus haut, Mark Dacascos crève l’écran. Cantonné à des rôles dans des films de séries B, il n’aura jamais été aussi bien dirigé. Il dévoile un éventail extrêmement large dans son jeu et c’est une qualité qu’il fallait absolument avoir pour camper le rôle du freeman. Il a le pouvoir d’émouvoir et d’apeurer en un claquement de doigt. Dacascos maîtrise parfaitement les arts martiaux, il en impose au naturel. En face de lui, un acteur qui se satisfait du même rôle ad vitam aeternam, mais qui le fait tellement bien, Tchéky Karyo. S’il y a bien un flic ripou, corrompu, violent, nerveux, sans compassion…bref s’il y a bien un rôle de « connard avec une plaque » qui a hanté le cinéma dans les années 90 et 2000 c’est Tchéky Karyo. Rappelez-vous : Bad Boys, Le Baiser Mortel du Dragon, Dobermann…quelle classe ! Karyo inspire le respect dans son immense monstruosité.

Karyo inspire le respect dans son immense monstruosité. 

Ici, il ne déroge pas à la règle. Dans sa quête de lutte contre le freeman, il se laissera rattraper par sa soif de pouvoir. D’ailleurs, la scène qui nous frappe d’emblée à l’heure où nous écrivons ces lignes est son final. Force, respect et honneur sont les trois mots qui résument au mieux ce final explosif. Et sa musique ! La musique !! La bande-originale composée par Patrick O’Hearn vient sublimer l’ensemble du film. Il y a une montée crescendo en puissance émotive qui se dégage notamment du thème principal. L’ex-musicien de Frank Zappa nous gratifie d’un bijou musical qui aura, à coup sûr, marqué toute une génération (votre serviteur le premier). Crying Freeman mérite amplement de figurer dans le top 10 des meilleures bandes-originales de films sortis dans les années 90.

Christophe Gans est un réalisateur qui a toujours su plancher assidument sur ses projets. Avec une moyenne de 5 à 7 ans d’attente entre chacun de ses films depuis 1996, il prouvait déjà une réelle maturité cinématographique pour son premier long métrage. A l’instar de Jean-Pierre Jeunet, il s’est créé un univers qui lui est propre et ne cessera de surprendre au fil du temps (Le Pacte des Loups, Silent Hill). Témoin d’une véritable signature, Crying Freeman est un ovni qu’on ne se lasse pas de (re)dévorer.

Informations

Détails du Film Crying Freeman
Origine Etats Unis - France - Japon - Canada Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller
Version Cinéma Durée 100 '
Sortie 24/04/1996 Reprise -
Réalisateur Christophe Gans Compositeur Patrick O'Hearn
Casting Mako - Tchéky Karyo - Mark Dacascos - Julie Condra
Synopsis Emu O'Hara, jeune peintre, est témoin du meurtre d'un gangster japonais sur les hauteurs de San Francisco. Le meurtrier, un élégant et beau jeune homme, verse une larme de remords. Cette marque d'humanité n'échappe pas à la jeune femme qui se sent, depuis l'enfance responsable de la mort tragique de ses parents. De retour à Vancouver, Emu est devenue un témoin capital que se disputent la police et le puissant chef yakuza Shimazaki, père du gangster exécuté par Crying Freeman.

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